Un enfant de 10 ans candidat au bac, un taux de réussite frôlant les 92 %, une fraude en hausse de 30 %, le ministre de l'Éducation Édouard Geffray vient d'annoncer une série de mesures de renforcement. Salutaires sur le papier. Révélatrices d'un naufrage institutionnel sur le fond.

A quelques semaines du début des épreuves du baccalauréat 2026, le ministre de l’Education nationale, Edouard Geffray, a annoncé qu’il veut instaurer un âge « plancher » pour pouvoir se présenter à l’examen. Il a également fait savoir que les règles vont durcir dès cette année. Cette mesure révèle une administration plus soucieuse d’uniformité que d’excellence.
Un “âge plancher” pour restaurer la crédibilité du bac
L’annonce a été faite le 19 mai par le ministre de l’Éducation, Edouard Geffray, lors d’une conférence de presse à Arcueil. Cette année, près de 730 000 candidats passeront le baccalauréat et 530 000 autres les épreuves anticipées de français et de mathématiques. Parmi eux, le plus jeune candidat a “un peu moins de 10 ans”.

Si aucune règle n’interdit aujourd’hui d’inscrire un enfant au bac.Cette précocité inquiète pourtant le ministère de l’Education nationale. C’est une situation peu « souhaitable » selon le ministre Edouard Geffray. Le mardi 19 mai, il a donc annoncé son intention d’instaurer un âge « plancher » pour se présenter au baccalauréat.
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« Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne chose d’inscrire son enfant au baccalauréat à 8 ans, 9 ans ou 10 ans. Je ne suis pas sûr que ça lui rende service », a déclaré le ministre de l’Education. Il a déjà chargé son équipe « d’expertiser la possibilité » d’appliquer ce changement.
Orthographe, fraude en hausse, exigence en berne
Dans le même mouvement, Édouard Geffray durcit les exigences : copies insuffisantes en orthographe, syntaxe et grammaire ne pourront plus obtenir la moyenne. Fin du repêchage en dessous de 8/20. Des consignes nationales seront données pour la session 2026, après des années de « consignes variables ».

Le taux de réussite record de 91,8 % l’an dernier pourrait donc baisser mécaniquement. Geffray suppose : « ce ne serait que le reflet de la vérité des niveaux ». Formule qui soulève une question gênante : pourquoi avoir laissé prospérer le mensonge aussi longtemps ?
Parallèlement, la lutte contre la fraude s’intensifie (1 208 cas suspectés en hausse de 30 %), avec détecteurs et annulation d’épreuves. Des détecteurs de smartphones et montres connectées seront désormais déployés aléatoirement dans les centres d'examen. Un élève reconnu coupable pourra se voir annuler une épreuve.

Ces annonces interviennent alors que le bac général et technologique commence le 15 juin et que Parcoursup reste le grand ordonnateur de l’entrée dans le supérieur. Derrière le discours de « vérité des niveaux », on sent la volonté de reprendre la main sur un examen devenu trop laxiste sans toucher aux racines du problème : un enseignement public qui peine à transmettre les fondamentaux dès le primaire.

