Après l'ANTS, l'INPI se charge d'asphyxier les entrepreneurs, par Vincent Clairmont

Après l'ANTS, l'INPI se charge d'asphyxier les entrepreneurs, par Vincent Clairmont


Partager cet article

Vincent Clairmont se penche aujourd'hui sur les nombreux dysfonctionnements de l'INPI, qui constituent une véritable plaie pour les entrepreneurs. Encore un loupé de la Start-Up Nation de Macron.

Le technocrate français possède un génie bien particulier, presque poétique : celui de transformer chaque promesse de « simplification » en un enfer bureaucratique numérisé. Souvenez-vous du fiasco de l’ANTS, qui avait paralysé la délivrance des cartes grises et des permis de conduire, abandonnant des millions de citoyens dans les limbes d'un serveur en panne. L’État, jamais à court de sadisme administratif, a décidé de réitérer l’expérience. Mais cette fois-ci, ce ne sont plus de simples usagers de la route que l'on punit, ce sont les forces vives de la nation, ceux qui créent la richesse et paient les salaires de la fonction publique : les entrepreneurs.

L’INPI : un désastre numérique qui met en péril les entreprises. | Services Publics +
INPI, les usagers en parlent : Plateforme inutilisable, services techniques injoignables, aucune réactivité. Ce qu’a réussi à faire l’INPI avec son guichet unique est un chef-d’œuvre d’incompétence publique. Déjà que la caf ou la cpam ca volait pas haut, là on touche le fond Ce service devrait êtr(...)

Sous les auspices de la loi PACTE, votée dans l'illusion lyrique de la « Start-up Nation », le couperet est tombé. Au 1er janvier 2025, la coexistence transitoire avec Infogreffe a été brutalement liquidée. L’usage exclusif du « Guichet unique » opéré par l’Institut national de la propriété industrielle (INPI) est devenu obligatoire. Exit les alternatives privées ou décentralisées ; bienvenue dans le monopole numérique de l’État centralisé. Les greffiers consulaires ont beau avoir obtenu de maigres sursis pour évacuer les dossiers en suspens, le couperet monopolistique s'est abattu sur l'économie réelle.

Le Gosplan numérique et le déluge des connexions

Pour la bureaucratie, la société est une variable d’ajustement technique. Le Guichet unique a été conçu comme un goulet d'étranglement informatique par lequel doivent transiter, bon gré mal gré, des millions de démarches.

Le Paradis promis (Loi PACTE)

L'Enfer réel (le monopole de l'INPI)

Dépôt des comptes annuels en « 3 minutes » sur Infogreffe

45 minutes de clics fastidieux, de rejets absurdes et de bugs logiciels

Guichet unique pour toutes les formalités

Orientation défaillante, dossiers rejetés en boucle sans explication

Centralisation fluide de la donnée d'entreprise 

Registre National des Entreprises (RNE) structurellement incomplet

Dispositif d'authentification universelle

Blocages récurrents de la passerelle étatique FranceConnect+

Les statistiques affichées fièrement par l'INPI, loin de prouver un succès, démontrent l'ampleur du désastre. Entre janvier et septembre 2025, la plateforme a englouti plus de 4,5 millions de démarches, soit près de 20 000 formalités quotidiennes sous lesquelles les serveurs de l'État ploient et s'effondrent régulièrement. La Fondation iFRAP avait pourtant prévenu : maintenir ce calendrier de fermeture forcée sans alternative viable constituait une « prise de risque déraisonnable ». Nous y sommes.

Les ailes de la Bourse s’apprêtent-elles à fondre sous le soleil ? par Vincent Clairmont
Vincent Clairmont revient sur l’alerte lancée par le Financial Times sur une prochaine correction boursière. Personne ne doute de son arrivée, tout le monde s’interroge sur son calendrier. Je m’abonne au Courrier Publié par le Financial Times le 19 mai 2026, un article met en lumière un avertissement partagé par

Des créations d'entreprises prises en otages

La liberté d'entreprendre, principe pourtant constitutionnel, est aujourd'hui conditionnée au bon vouloir d'un algorithme défaillant. L'immatriculation d'une nouvelle activité est devenue un parcours du combattant kafkaïen.

Le cas des professions libérales réglementées est à ce titre emblématique. Prenez ces orthophonistes ou praticiens de santé dont l'immatriculation est automatiquement et indûment aiguillée par le système vers les tribunaux de commerce. N'ayant aucune compétence sur ces professions, le greffe consulaire rejette logiquement le dossier. Résultat? Une impasse technique totale, des semaines de blocage, et l'impossibilité d'obtenir ce précieux sésame qu'est le numéro SIRET.

Or, sans SIRET, le créateur d'entreprise est un paria économique :

  • Impossible de débloquer le capital social déposé à la banque ;
  • Impossible d'ouvrir un compte professionnel ou de souscrire une assurance de responsabilité civile professionnelle ;
  • Impossible pour un soignant de se raccorder au système de facturation de l'Assurance Maladie.

Pendant ce temps, les charges fixes courent, les crédits immobiliers menacent de s'effondrer et des entrepreneurs risquent de perdre leur maison pour un simple bug de base de données. Face à cette détresse, les réseaux consulaires (CCI, CMA), démunis et privés de tout contrôle sur le code de l'INPI, se contentent de lever les bras au ciel.

Dettes publiques : le krach arrive-t-il ? par Vincent Clairmont
Pour tous ceux qui croyaient encore au miracle permanent de la planche à billets, à la gratuité de la dette et à l’omnipotence des planificateurs étatiques, le réveil de ce printemps 2026 est d’une brutalité inouïe. Alors que le détroit d’Hormuz s’enfonce dans sa onzième semaine de blocage consécutive

L'absurdité bureaucratique élevée au rang d'art

Sur le site e-procédures de l'INPI, l'ergonomie semble avoir été pensée par des geôliers. Les formulaires « dynamiques » se déploient de manière imprévisible, masquant des champs obligatoires qui n'apparaissent qu'une fois la formalité rejetée.

Le système est truffé de pièges temporels. Pour une dissolution de société, le logiciel impose de saisir comme date d'effet le jour suivant la saisie en ligne. Si le greffe prend trois semaines pour instruire le dossier avant de le rejeter pour une virgule manquante, l'entrepreneur tente de corriger sa copie. Mais ô miracle de la programmation d'État : la date initialement saisie est désormais passée, le système rejette la modification pour anachronisme, et le champ est définitivement verrouillé. L'entreprise est techniquement condamnée à errer dans le néant fiscal.

À cela s’ajoute le zèle tatillon des greffes, agissant en juges et parties. On rejette un document parce que le mot « associé » n'est pas écrit textuellement à côté d'une signature. On rejette un transfert de siège parce que le système exige l'ajout de bénéficiaires effectifs déjà enregistrés, tout en bloquant la validation s'ils y figurent.

Où vont les bourses mondiales ? par Vincent Clairmont
La mi-mai 2026 est caractérisée par une déconnexion sans précédent entre l’optimisme des résultats d’entreprises et le durcissement des réalités macroéconomiques mondiales. Après une phase d’euphorie marquée par des sommets historiques atteints le jeudi 14 mai 2026, au cours de laquelle l’indice S&P500 a franchi pour la première fois

Le racket légal de l'État-parasite

Ces blocages ne sont pas seulement épuisants ; ils sont lucratifs pour l'appareil d'État. Certains professionnels dénoncent une multiplication suspecte des rejets de pure forme par les greffes, chacun d'eux donnant lieu à la facturation de frais de rejet répétés. Les tarifs affichés par l'INPI fluctuent de manière erratique, réclamant des régularisations injustifiées suivies de remboursements partiels incompréhensibles.

Et pendant que la plateforme étatique bégaie, l'arsenal répressif de l'État tourne à plein régime :

  • Amende de 1 500 euros pour défaut ou retard de dépôt des comptes annuels ;
  • Amende de 750 euros par irrégularité sur les bénéficiaires effectifs ;
  • Pénalités de retard fiscales de 0,2 % par mois en l’absence de SIRET ;
  • Obligation d'immobiliser une provision minimale de 500 euros sur un compte INPI pour les professionnels effectuant des démarches récurrentes.

C'est le chef-d'œuvre de l'incompétence publique : l'État vous interdit techniquement de vous conformer à la loi, puis vous amende pour non-conformité.

Faut-il acheter des cryptos maintenant ? Notre Guide est à télécharger, par Vincent Clairmont
En ce mois de mai 2026, l’écosystème des crypto-actifs achève sa métamorphose : la spéculation cède la place à une institutionnalisation profonde et à une utilité productive. Découvrez tout dans notre Guide à télécharger en fin d’article. Le marché ne réagit plus aux mêmes leviers qu’autrefois. Après un sommet à 126

Le déni de la nomenklatura et la faillite programmée de 2026

Face à ce désastre, quelle est la réponse des élites? Le déni absolu. Le 3 novembre 2025, la direction de l’INPI osait affirmer publiquement qu'il n'y avait « aucun bug » sur sa plateforme. Une insulte insupportable pour les dizaines de milliers de professionnels bloqués, qui a provoqué le dépôt de la pétition nationale n°4689 à l'Assemblée nationale pour exiger un plan d'urgence. Les députés et sénateurs multiplient les questions écrites à Bercy, forçant l’INPI à reconfigurer à la hâte son assistance technique, incapable de faire face aux 30 000 appels de détresse hebdomadaires.

Guichet unique INPI : réparer d’urgence des dysfonctionnements qui bloquent nos entreprises - Guichet unique INPI : réparer d’urgence des dysfonctionnements qui bloquent nos entreprises - Plateforme des pétitions de l’Assemblée nationale
Depuis la mise en place du guichet unique de l’INPI, de nombreux professionnels rencontrent des blocages majeurs pour créer, modifier ou mettre à jour leur entreprise. Ces dysfonctionnements, loin d’être des cas isolés, perdurent et mettent en péril l’activité et la trésorerie de milliers d’indépendants. Constat Des formalités sont orientées vers des greffes inadaptés, puis rejetées sans solution claire. Exemple : en tant qu’orthophoniste (profession libérale règlementée), il est impossible de créer son cabinet car le dossier part au tribunal de commerce et revient rejeté — l’activité d’orthophoniste ne relevant pas du tribunal du commerce. Conséquence : sans SIRET, obtenu uniquement grâce à l’INPI, il est impossible de s’inscrire à la Caisse d’Assurance Maladie, donc de travailler. L’équilibre financier est donc menacé. D’après les retours massifs sur les réseaux, les problèmes sont fréquents, et pour certains, durent depuis des semaines voire mois. Conséquences - Perte de revenus immédiate - Retards d’accès aux soins pour les patients (professions de santé). - Incohérences et problèmes administratifs graves liés à l’absence de SIRET Nos demandes - Plan d’urgence correctif avec engagement de délais pour résorber les dossiers bloqués (créations, modifications d’adresse, cessations, etc.). - Guichet de secours permettant, en cas de blocage technique, l’issue rapide des formalités. - Support réellement qualifié avec suivi personnalisé des dossiers signalés comme bloquants pour l’exercice professionnel. - Transparence publique : publication d’un tableau de bord des incidents, ainsi qu’une information claire aux usagers concernés. Il n’est pas acceptable que la direction de l’INPI affirme publiquement le 03.11.2025 qu’il n’y a « pas de bugs » : cette position nie la réalité des blocages constatés par les professionnels et retarde les correctifs indispensables. Nous demandons la mise en œuvre immédiate de ces mesures afin que le guichet unique remplisse enfin sa mission : simplifier les démarches, et non empêcher nos entreprises de fonctionner.

Le fameux dispositif « de secours » prévu par le Code de commerce – qui permet de délivrer un récépissé papier en cas de panne généralisée – n'est qu'un pansement sur une jambe de bois, soumis au bon vouloir discrétionnaire de la direction de l'INPI.

Et n’espérez pas une amélioration pour l’année 2026. Alors que le Projet de Loi de Finances pour 2026 impose une cure d'austérité drastique aux opérateurs économiques de l'État, l'INPI s'apprête à intégrer de nouvelles fonctionnalités d'une complexité inouïe. C’est en effet au cours du premier semestre 2026 que l'URSSAF doit devenir le validateur direct des immatriculations des entreprises individuelles, s'octroyant en prime le pouvoir de radier d'office les entrepreneurs en défaut de cotisation depuis la plateforme. Ajouter le rouleau compresseur de l'URSSAF à un système informatique déjà agonisant : qu'est-ce qui pourrait mal tourner?

Pour une libération de l'entreprise

Le drame de l'INPI démontre, s'il en était encore besoin, que la planification étatique est une chimère destructrice. Les professionnels du droit et du chiffre, lassés de perdre leurs cheveux et leur temps face à cette « usine à gaz », en sont réduits à contourner le système en déposant des dossiers papier directement au guichet pour survivre.

La solution ne réside pas dans un énième correctif logiciel ou dans une nouvelle « version ergonomique ». La solution est politique et morale. Il faut briser le monopole de l'État sur la reconnaissance légale de l'activité économique. Un entrepreneur ne devrait pas avoir à mendier l'autorisation d'un serveur étatique pour exercer son droit naturel de travailler, de contracter et de créer de la richesse. Si l'État est incapable de gérer un simple registre numérique sans asphyxier l'économie, qu'il se retire et laisse les professionnels et les entrepreneurs travailler en paix.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Achat d'or et d'argent : méfiez-vous des pratiques de Godot & fils...

Achat d'or et d'argent : méfiez-vous des pratiques de Godot & fils...

L'achat de métaux précieux (or et argent) est soumis à une réglementation précise et contraignante, mal maîtrisée par certains changeurs manuels. Godot & Fils donne un exemple de pratiques contraires à la réglementation et d'abus de pouvoir. Je m'abonne au Courrier avant le 21 mai Ne vous faites pas piéger par la cupidité des changeurs manuels de métaux précieux, qui ont une connaissance lacunaire de la réglementation très contraignante en matière de lutte contre le blanchiment et de financeme


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Fraude sociale : comment le RN et les macronistes sont devenus les meilleurs amis du capitalisme de surveillance

Fraude sociale : comment le RN et les macronistes sont devenus les meilleurs amis du capitalisme de surveillance

La sécurité sociale pourra-t-elle accéder directement à vos comptes en banque et vous mettre sur écoute pour vérifier si vous fraudez ? C'est ce que prévoit la loi scélérate sur la fraude sociale, en débat aujourd'hui au Conseil Constitutionnel. Je m'abonne au Courrier et je soutiens la presse indépendante Il y a quelques années, un magistrat de l'ordre judiciaire, Charles Prats, avait mené une intense campagne de haine, sans preuves autres que des déductions hasardeuses, pour expliquer que de


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Les ailes de la Bourse s'apprêtent-elles à fondre sous le soleil ? par Vincent Clairmont

Les ailes de la Bourse s'apprêtent-elles à fondre sous le soleil ? par Vincent Clairmont

Vincent Clairmont revient sur l'alerte lancée par le Financial Times sur une prochaine correction boursière. Personne ne doute de son arrivée, tout le monde s'interroge sur son calendrier. Je m'abonne au Courrier Publié par le Financial Times le 19 mai 2026, un article met en lumière un avertissement partagé par la communauté financière : la déconnexion historique entre des marchés d’actions au plus haut et un marché obligataire en plein marasme fait peser un risque immédiat de correction t


Rédaction

Rédaction

Swatch Royal Pop : quand la quête du luxe "low cost" dégénère

Swatch Royal Pop : quand la quête du luxe "low cost" dégénère

Samedi 16 mai 2026, la mise en vente de la collection « Royal Pop », collaboration entre Swatch et Audemars Piguet, a viré à l'émeute dans plusieurs pays. Gaz lacrymogène à Parly 2, bagarre à Milan, chaos au Times Square : Swatch a sous-estimé la machine qu'elle avait elle-même mise en marche. Derrière l’image ludique d’une montre à 400 euros inspirée de la mythique Royal Oak, l’opération révèle surtout un capitalisme de la pénurie savamment entretenu, désormais amplifié par l’IA et les platefor


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany