135 emplois supprimés, Lisi préfère le Maroc à la France

135 emplois supprimés, Lisi préfère le Maroc à la France


Partager cet article

La fermeture annoncée du site Lisi Automotive de Puiseux-Pontoise (95) illustre l’échec français à préserver sa base industrielle. Sous la pression des coûts et des normes, 135 emplois sont menacés, tandis que la production s’exile vers des territoires plus compétitifs.

Le groupe Lisi, spécialiste français en visserie-boulonnerie pour l’automobile et l’aviation, a décidé de fermer son usine située à Poiseux-Pontoise, dans le Val-d’Oise. Le site de production sera désormais délocalisé en Allemagne et au Maroc.

Une usine étranglée par les coûts

Le site fabriquait des fixations en plastique et métal pour l’automobile. Il perdait plusieurs millions d’euros par an depuis 2020. Le groupe Lisi, coté en Bourse et leader en visserie-boulonnerie, invoque un manque de compétitivité. L’écart de prix atteint 20 à 25 % face à la Turquie, l’Inde ou la Chine. Le site ne remportait plus de contrats pour les nouveaux modèles et tournait sur d’anciennes productions.

Selon Vincent Quinaux, directeur général de Business Group Solution Clippées, les constructeurs exigent des baisses de prix sur toute la chaîne. Soit les équipementiers s’alignent, soit ils perdent les marchés. Lisi n’a pas décroché de contrats sur les nouveaux modèles et vivait sur des références en fin de vie.

Trop d’usines en Europe: l’industrie auto à l’arrêt, les Chinois attaquent
Alors que les usines européennes tournent à seulement 55% de leur capacité en moyenne, le secteur automobile fait face à une tempête : une demande atone et montée en puissance des concurrents chinois. Le constat du cabinet AlixPartners est un électrochoc pour l’industrie automobile européenne. Selon le cabinet de conseil AlixPartners,

Cette fermeture entrainera la suppression de 135 postes en CDI et le transfert de 18 postes de commerciaux à Saint-Ouen, soit à une dizaine de kilomètres du site. 

Le groupe propose des reclassements internes, notamment dans l’aérospatiale, sur d’autres sites français (Bordeaux, Toulouse, Troyes). Dix-huit postes commerciaux sont transférés à Saint-Ouen. Notons que l’usine de Val-d’Oise sera délocalisée en Allemagne et au Maroc.

Un marché automobile sous pression


Vincent Quinaux explique également que :

« Le marché automobile européen est durablement impacté depuis 2020. Les constructeurs comme Renault, Stellantis ou Mercedes exercent une pression forte pour baisser les prix sur toute la chaîne. Soit on baisse nos prix, soit on perd des marchés. »

Lisi envisage aussi du négoce : acheter en Asie pour revendre en Europe. Le futur règlement européen sur le contenu local dans les voitures électriques arrive « un peu tard », selon lui.

Concurrence chinoise, étatisme européen: pourquoi Bosch ferme en France
Encore un site industriel qui ferme, encore un territoire fragilisé. Bosch, premier équipementier automobile mondial, va mettre un terme à l’activité de son usine d’Yzeure, près de Moulins, d’ici fin 2026. Deux cent soixante-cinq emplois disparaîtront dans un département déjà lourdement frappé par la désindustrialisation.Cette fermeture

C’est la seconde fermeture ce mois-ci après Bosch dans l’Allier (265 salariés). Une étude Roland Berger pour l’Association européenne des équipementiers prévoit une perte de 23 % de valeur ajoutée d’ici 2030 et 300 000 à 350 000 emplois sur 1,8 million. L’écart de coût atteint 25-30 % face à la Chine. Le secteur demande une protection européenne accrue.

À Paris et à Bruxelles, le discours sur la « souveraineté industrielle » est omniprésent. Mais dans les faits, la France reste l’un des pays les plus coûteux pour produire : fiscalité élevée, normes empilées, énergie instable, droit du travail rigide. Ces choix politiques ont un prix, payé ici par les salariés.

Preparer le grand krach systemique et survivre a ses trois premiers jours

Dans ce monde saturé d'informations lissées, le Courrier des Stratèges vous offre une lecture sans filtre des enjeux réels. Notre nouveau guide, « Stratégies de gestion de crise pour l'épargnant particulier », n'est pas une simple analyse théorique ; c'est une feuille de route tactique heure par heure.

Nous y décryptons :

  • La taxonomie des crises : du Flash Crash algorithmique à la crise systémique de type Lehman Brothers.
  • Le protocole des 3 jours : pourquoi le Jour 1 doit être celui de « l'inertie radicale » et du silence radio.
  • La stratégie de rééquilibrage : comment transformer la menace en opportunité en vendant ce qui a tenu pour acheter ce qui est soldé.
  • Les filets de sécurité : comprendre les garanties du FGDR (100 000 € par banque) pour ne pas céder au bank run inutile.

Ce document a pour vocation de rationaliser votre peur et de structurer votre réaction. La richesse se construit dans la sérénité et se détruit dans la panique. Ne subissez plus l'actualité, anticipez-la.

Rejoignez le Cercle des Stratèges dès maintenant pour recevoir ce guide exclusif et protéger ce que vous avez mis des décennies à bâtir. La préparation est l'antidote absolu à la panique.

Cette offre est valable jusqu'à ce soir minuit !

Je souscris immédiatement à 79€ pour préparer le Grand Krach


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
La Biennale de Venise, plus de cent ans d'ambition diplomatique, par Thibault de Varenne

La Biennale de Venise, plus de cent ans d'ambition diplomatique, par Thibault de Varenne

Dans le cadre du reportage du Courrier à Venise (à suivre dans nos colonnes), Thibault de Varenne dresse un rappel historique de ce qu'est la Biennale d'Art de Venise, et surtout de ses ambitions diplomatiques à l'heure où la réouverture du Pavillon russe fait polémique. Depuis sa naissance à la fin du XIXe siècle, la Biennale de Venise est un sismographe sensible des séismes de la modernité, un théâtre d'ombres où la diplomatie s'écrit en filigrane sous le vernis des cimaises. Le tumulte éthiq


Rédaction

Rédaction

Par peur d’un “scénario iranien”, Kim Jong Un constitutionnalise la riposte atomique

Par peur d’un “scénario iranien”, Kim Jong Un constitutionnalise la riposte atomique

L’ombre d’une guerre de décapitation hante Pyongyang. Après l’élimination d’Ali Khamenei, Kim Jong Un verrouille son pouvoir par une clause apocalyptique. En cas d’attaque contre lui, l’armée doit lancer des armes nucléaires sans attendre aucun ordre. Un signal de terreur qui en dit long sur la fragilité des régimes totalitaires face à la stratégie de décapitation. La Corée du Nord vient d’inscrire dans sa constitution le déclenchement automatique d’une frappe nucléaire, en guise de représaille


Rédaction

Rédaction

3 actions françaises pour naviguer dans le brouillard 2026, par Vincent Clairmont

3 actions françaises pour naviguer dans le brouillard 2026, par Vincent Clairmont

En ce mois de mai 2026, la Bourse de Paris nous joue une partition complexe. Après avoir flirté avec les sommets en février dernier (8 642 points pour le CAC 40), l’indice phare a entamé une phase de digestion, tournant fébrilement autour du pivot des 8 000 points. Je m'abonne au Courrier L’ambiance est électrique. Entre une inflation qui joue les prolongations à 2,9 % en zone euro et des tensions géopolitiques dans le Golfe qui propulsent le Brent au-delà des 106 dollars, l'investisseur ne sa


Rédaction

Rédaction

L'hallali de l'Ancien Monde : chronique du Sommet Trump-Xi, par Thibault de Varenne

L'hallali de l'Ancien Monde : chronique du Sommet Trump-Xi, par Thibault de Varenne

Ce que nous avons vu à Pékin les 14 et 15 mai 2026, ce n'est rien d'autre qu'une grande battue internationale où les règles de la vénerie classique — celles de l'ONU et du multilatéralisme de salon — ont été piétinées par deux maîtres d'équipage qui ne chassent plus qu'à leur propre compte. Je m'abonne au Courrier Donald Trump et Xi Jinping se sont retrouvés sous les ors du Grand Hall du Peuple, non pas pour une réconciliation de cœur, mais pour une "stabilisation tactique". C’est le langage d


Rédaction

Rédaction