Concurrence chinoise, étatisme européen: pourquoi Bosch ferme en France

Concurrence chinoise, étatisme européen: pourquoi Bosch ferme en France

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Encore un site industriel qui ferme, encore un territoire fragilisé. Bosch, premier équipementier automobile mondial, va mettre un terme à l’activité de son usine d’Yzeure, près de Moulins, d’ici fin 2026. Deux cent soixante-cinq emplois disparaîtront dans un département déjà lourdement frappé par la désindustrialisation.Cette fermeture s’ajoute à une longue série de plans sociaux industriels en France. Concurrence chinoise, effondrement du marché automobile européen et rigidités structurelles exposent une économie désarmée face aux mutations mondiales.

La multinationale allemande Bosch va fermer définitivement son usine de fabrication de correcteurs électroniques de trajectoire (ESP) située à Yzeure, dans la banlieue de Moulins. Un nouveau séisme social s’annonce dans l’Allier, car 265 hommes et femmes vont encore perdre leurs emplois. Pour rappel, 280 postes ont déjà disparu dans le département après la fermeture d’Erasteel à Commentry.

 Fermeture de l’usine Bosch d’Yzeure d’ici fin 2026

L’usine de fabrication d’ESP de Bosch à Yzeure, une banlieue de Moulins, fermera sa porte définitivement le 31 décembre 2026. L’annonce est tombée au cours d’un comité social économique (CSE) extraordinaire qui s’est tenu mardi matin, selon le secrétaire de l’Union départementale Allier de la CGT, Laurent Indrusiak. Il pense d’ailleurs qu’elle est « très brutale ».

MSN

Suite à cette décision de l’équipementier mondial, des hommes, des femmes, des couples et des familles entières vont se retrouver dans une situation délicate. Cette usine à Yzeure emploie en effet 256 salariés. Tous ces individus vont bientôt perdre leurs emplois.

Faut-il vraiment réindustrialiser la France ?
La question paraît incongrue, puisque nous sommes en permanence baignés dans l’idée qu’il FAUT réindustrialiser la France, tout en sachant

Dans l’Allier, le constat est amer : 3 000 emplois industriels perdus en 17 ans. Erasteel, Adisseo, et maintenant Bosch. La réaction habituelle consiste à réclamer l’intervention de l’État. C’est pourtant cet État, avec ses prélèvements obligatoires parmi les plus élevés au monde et son droit du travail rigide, qui rend la production sur le sol français héroïque, voire suicidaire.

Le Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) qui débutera en février n'est qu'un palliatif administratif. On ne sauve pas une usine avec des subventions quand l'écosystème fiscal et réglementaire décourage l'investissement sur le long terme. Les « ajustements structurels » de Bosch sont la réponse rationnelle d'une entreprise qui refuse de sombrer avec un navire européen lesté par ses propres dogmes.

La cessation d’activité est prévue pour le mois de juin et les premiers licenciements sont attendus en mois de septembre.

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Des milliers de postes supplémentaires à supprimer en Europe

La direction de Bosch France est claire : l'activité est "confrontée à une pression croissante". L'usine de Moulins ne produit qu'un seul composant, dont la demande s'effondre en Europe.

L’équipementier mondial est donc obligé de « réduire ses coûts » afin de « préserver sa compétitivité à long terme », et « des ajustements structurels sont inévitables.»

Trop d’usines en Europe: l’industrie auto à l’arrêt, les Chinois attaquent
Alors que les usines européennes tournent à seulement 55% de leur capacité en moyenne, le secteur automobile fait face à une tempête : une demande atone et montée en puissance des concurrents chinois. Le constat du cabinet AlixPartners est un électrochoc pour l’industrie automobile européenne. Selon le cabinet de conseil AlixPartners,

Maintenir une unité non rentable sous la pression politique ou syndicale équivaudrait à gaspiller des ressources, affaiblir l'ensemble du groupe, et donc, à terme, menacer plus d'emplois. Les 13 000 suppressions de postes prévues en Allemagne d'ici 2030 confirment que le défi est structurel, et non conjoncturel.

Bosch s'ajuste pour survivre dans une compétition féroce, principalement face à des concurrents chinois bénéficiant de coûts de production moindres et d'un marché intérieur protégé.

Une désindustrialisation accélérée en France

À l’échelle nationale, le phénomène dépasse Bosch. Le géant français de l’informatique Capgemini a récemment annoncé la suppression de 2 400 postes, illustrant un malaise plus large dans l’économie productive française.

Capgemini prêt à supprimer jusqu’à 2 400 postes - Le Monde Informatique
La SSII a annoncé son intention de supprimer jusqu’à 2400 postes en France au travers de reclassements internes et des départs volontaires. Capgemini…

Derrière ces décisions industrielles, une constante apparaît : le décrochage de l’Europe face à l’Asie. Normes environnementales coûteuses, fiscalité élevée, énergie chère et instabilité réglementaire affaiblissent la compétitivité des sites européens.

Dans ce contexte, appeler à « la responsabilité de l’État » relève davantage de l’incantation que de l’analyse. L’État a façonné l’environnement économique qui pousse aujourd’hui les industriels à partir ou à fermer.

La fermeture de l’usine d’Yzeure d’ici fin 2026 n’est pas une fatalité, mais un signal d’alarme. Tant que la France et l'Europe préféreront la planification écologique à la liberté d'entreprendre, et la protection des acquis à la compétitivité réelle, les plans sociaux se succéderont. Le véritable « service après-vente » que l'État devrait assurer n'est pas de subventionner des sites moribonds, mais de libérer les entreprises des chaînes qu'il leur a lui-même imposées.


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