À Lillebonne, les portes des urgences se sont refermées les 18 et 20 août, comme en février et en mai. À Mamers, elles sont restées closes dix-huit jours d'affilée, du 16 juillet au 3 août. Un même mal ronge le service public hospitalier : près de 40 % des postes de praticiens urgentistes restent vacants en France.
Les urgences du centre hospitalier intercommunal Caux Vallée de Seine ont bien fermé 24 heures les 18 et 20 août 2026 (et déjà auparavant en février et mai), faute de médecins. Le service accueille 50 à 60 patients par jour en été et couvre un bassin d’environ 80 000 habitants. La direction (Jonathan Gloaguen, directeur des soins) confirme le besoin de 3 médecins le jour et 2 la nuit, mais les postes ouverts ne trouvent pas de candidats. C’est un problème récurrent, pas une volonté de réduire l’offre. Les patients sont orientés vers Le Havre ou Rouen. Une coopération renforcée avec l’hôpital Monod du Havre et l’arrivée de jeunes médecins à partir de novembre sont évoquées comme pistes.
À Lillebonne, fermer devient presque une habitude
Les urgences du centre hospitalier intercommunal Caux Vallée de Seine, à Lillebonne, ont fermé pendant 24 heures les 18 et 20 août 2026, après d’autres interruptions en février et mai. Le service accueille pourtant entre 50 et 60 patients par jour en période estivale et couvre un bassin d’environ 80 000 habitants.
Pour faire fonctionner les urgences, la direction estime nécessaire la présence de trois médecins le jour et deux la nuit. Problème : les postes sont ouverts, mais les candidats ne sont pas là. Le directeur des soins Jonathan Gloaguen évoque une pénurie médicale plutôt qu'une volonté de réduire l'offre.
Pour la CGT Santé, cette situation est devenue « inadmissible ». Les patients doivent se reporter vers Le Havre ou Rouen, au risque d'accroître encore la pression sur des services déjà saturés.
Mamers : quand les habitants descendent dans la rue
À Mamers, dans la Sarthe, les urgences ont été fermées du 16 juillet au 3 août. Environ 200 habitants se sont mobilisés pour protester contre cette fermeture estivale.
Le phénomène n'est pas isolé. En 2025, plus de 40 % des postes de praticiens hospitaliers aux urgences étaient déclarés vacants, selon les données citées par les organisations de médecins hospitaliers.
Pourtant, la DREES recensait 242 200 médecins en activité au 1er janvier 2026, soit 5 000 de plus en un an. Le gouvernement a même annoncé 545 postes d'internes en médecine d'urgence pour 2026, soit près de 20 % de plus qu'en 2025. Mais ces renforts ne seront opérationnels que dans plusieurs années.
Une faillite d'organisation plus que de volonté ? À Lillebonne, la direction mise désormais sur une coopération renforcée avec l'hôpital Monod du Havre et sur l'arrivée de jeunes médecins à partir de novembre. C'est sans doute nécessaire. Mais cela révèle surtout une contradiction structurelle : ouvrir des postes ne suffit pas lorsqu'un système hospitalier n'arrive plus à attirer les professionnels là où les besoins sont les plus urgents.



