Le 13 août 2026, le Parquet européen a lancé 19 perquisitions à Bucarest dans une affaire de fraude aux marchés publics touchant 29 projets informatiques financés par le plan de relance européen. Montant estimé du préjudice : 7 millions d'euros d'argent public détourné vers des prestataires de conseil et de cloud présélectionnés. Encore une nouvelle illustration des failles structurelles d'un plan de relance financé par la dette commune européenne.
Le Parquet européen (EPPO) de Bucarest a frappé fort. Des perquisitions ont été effectuées dans les locaux de particuliers et d’entreprises soupçonnés d’avoir manipulé des appels d’offres publics. Les projets visés, financés par le plan de relance européen (FRR) et le programme opérationnel Capacité administrative – Investissement territorial intégré (ITI) Delta du Danube, concernaient l’achat de services de conseil en TI, de logiciels et d’infrastructures cloud destinés principalement à des mairies et conseils de comté. Environ 7 millions d’euros d’argent emprunté en commun sont en jeu. C’est le contribuable français, garant de cette dette mutualisée, qui risque d’en assumer la facture.
Quand l’argent européen devient une cible
Le 13 août 2026, le Parquet européen (EPPO) à Bucarest a déclenché 19 perquisitions dans des locaux d’entreprises et chez des particuliers. L’enquête porte sur 29 projets financés par la Facilité pour la reprise et la résilience (FRR) et par le programme opérationnel « Capacité administrative – Investissement territorial intégré Delta du Danube », pour un montant cumulé d’environ 7 millions d’euros.
Les marchés concernaient notamment des services de conseil informatique, des logiciels et des infrastructures cloud destinés principalement aux collectivités publiques, mairies et conseils départementaux.
Des appels d’offres soupçonnés d’avoir été verrouillés
Selon les éléments réunis par les enquêteurs, le problème ne serait pas seulement celui d’entreprises ayant fourni des prestations contestables. Le soupçon porte directement sur le fonctionnement des appels d’offres. Un réseau aurait manipulé les procédures afin de favoriser des fournisseurs présélectionnés. Il s'agit à ce stade d'actes d'instruction, non de mises en accusation.
D'après le Parquet européen, les éléments recueillis suggéreraient des similitudes troublantes entre les documents livrés par plusieurs sociétés de conseil (mêmes structures, mêmes signatures rédactionnelles ) ce qui pourrait indiquer un recyclage systématique de dossiers. Des fournisseurs auraient également transmis des pièces fausses, inexactes ou incomplètes. L’opération a mobilisé plusieurs services spécialisés de la police roumaine et bénéficié de l’appui analytique de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF).
Cette affaire roumaine, si elle devait être confirmée par la justice, interrogerait la capacité réelle des institutions européennes à surveiller l'argent qu'elles empruntent en notre nom. Et le phénomène n’est manifestement pas isolé en Roumanie. En 2026, le Parquet européen y a déjà enquêté sur plusieurs dossiers impliquant des fonds européens, dont une fraude présumée de 4 millions d’euros concernant des achats hospitaliers et une autre de 20 millions liée à deux projets industriels. Moins de contrôle en amont, plus de fraude en aval et la facture, elle, est mutualisée entre tous les contribuables européens, la France en tête des garants de cette dette commune.
