UE: la France reste un leader européen en dépenses sociales

UE: la France reste un leader européen en dépenses sociales


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La France demeure en tête des pays européens pour les dépenses de protection sociale exprimées en part du PIB, avec 31,5 %. Cependant, en termes de dépenses par habitant, elle se classe cinquième. Une étude récente de la Drees, publiée le 29 janvier 2025, met en lumière ces chiffres ainsi que des disparités significatives entre les pays européens.

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) vient de publier son rapport sur les dépenses de protection sociale en Europe en 2023. Alors que les dépenses de protection sociale restent stables en Europe en 2023, la France fait figure d’exception avec une baisse continue depuis deux ans. Notons que le bilan a été établi via une comparaison des dépenses de protection sociale en Europe.

La France : un leader européen en dépenses sociales

La Drees vient de publier les chiffres 2023 sur les dépenses de protection sociale en Europe. Le bilan a été établi via les données collectées par Sespros, un système développé par Eurostat et utilisé dans tous les pays de l’UE (Union européenne ». L’outil en question couvre 7 risques sociaux incluant la maladie, l’invalidité, la vieillesse et la survie, la famille, l’emploi, le logement, la pauvreté et l’exclusion sociale.

Pour la huitième année consécutive, la France conserve son titre de championne européenne des dépenses sociales, consacrant 31,5 % de son PIB à la protection sociale en 2023, contre une moyenne de 26,6 % pour les 27 pays de l’Union européenne. Ce différentiel représente environ 140 milliards d’euros supplémentaires par rapport à la moyenne européenne.

La France est particulièrement bien classée dans plusieurs domaines :

  • 1re place pour les dépenses liées à l’assurance maladie.
  • 1re place pour les prestations liées à l’emploi.
  • 2e place pour les dépenses associées à la lutte contre l’exclusion et la pauvreté.
  • 4e place pour le risque vieillesse-survie.

Cependant, ces chiffres globaux masquent un contraste notable en termes de dépenses par habitant. Avec 22 000 euros PPA (parité de pouvoir d’achat) par chômeur, la France se situe au-dessus de la moyenne européenne, mais au cinquième rang seulement lorsqu’on considère la population totale.

Des disparités en matière de protection sociale

Logement : la France parmi les pays les plus dépensiers

En matière de logement, la France consacre 0,5 % de son PIB, figurant ainsi dans le top 5 des pays européens. Toutefois, ces dépenses ont diminué récemment en raison de réformes telles que la réduction des aides au logement (RLS) et la contemporanéisation de ces aides.

Malgré cela, la France se distingue avec 20 % de sa population vivant dans des logements sociaux, un chiffre nettement supérieur à la moyenne européenne. Le taux de surcharge du coût du logement en France est également inférieur à la moyenne européenne, avec 7 % de la population concernée, et 28 % pour les personnes sous le seuil de pauvreté.

Risque pauvreté-exclusion : un ciblage perfectible

La lutte contre l’exclusion et la pauvreté représente 1,2 % du PIB français, un chiffre supérieur à la moyenne européenne. Cependant, les dépenses françaises restent en deçà de celles des Pays-Bas, leaders en la matière, avec 1,5 % du PIB consacré à ce poste.

La France alloue également 3,5 % de son PIB à des prestations sous conditions de ressources, regroupant des aides liées au logement, à la famille et à la vieillesse. Ce ciblage pourrait être amélioré selon les experts, notamment via la mise en place d’une allocation sociale unique, un projet défendu par la Fondation IFRAP.

Une tendance générale à la baisse en Europe

Entre 2012 et 2022, les dépenses sociales en euros constants ont diminué de 2 % en moyenne par an dans l’UE-27. En 2023, cette tendance s’est poursuivie, avec des baisses notables en France :

  • Maladie : -3,2 % contre -0,8 % dans l’UE.
  • Logement : -4,4 % contre une hausse de 6,9 % dans l’UE.
  • Pauvreté-exclusion : -5,5 % contre -7,4 % dans l’UE.

Ces diminutions traduisent à la fois des contraintes budgétaires et des réformes structurelles visant à réduire les dépenses publiques.

Notons que le budget alloué au système de protection sociale provient de deux sources, dont les cotisations sociales assises sur les salaires et les contributions publiques financées par l’impôt. Dans presque tous les pays européens, la part des cotisations employeurs a beaucoup régressé. La plupart des risques sont financés par les contributions publiques.


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