Trump tremble : la France envoie quinze soldats au Groenland ! par Veerle Daens

Trump tremble : la France envoie quinze soldats au Groenland ! par Veerle Daens


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Mesdames, Messieurs, rangez vos abris anti-atomiques et cessez de trembler pour l’avenir de l’Occident. L’Élysée vient de sortir l’artillerie lourde. Non, ce n'est pas le Charles-de-Gaulle (il est sans doute encore en maintenance), ni une cyber-attaque dévastatrice contre Mar-a-Lago. Non, la France, dans un élan de bravoure qui rappelle les plus belles heures de la déconnexion étatique, a décidé d'envoyer quinze soldats au Groenland.

Oui, vous avez bien lu. Quinze. Une équipe de foot à laquelle il manquerait quelques remplaçants pour cause de grève de la SNCF.

Le titre de l'agence de presse devrait être : « Le 47e Président des États-Unis, maître de la première puissance nucléaire et obsédé par l'immobilier arctique, terrassé par deux chambrées de Chasseurs Alpins. » On imagine déjà Donald Trump, dans le Bureau Ovale, les mains tremblantes, demandant à ses généraux si ces quinze Français ont emporté leur propre fromage ou s'ils vont réquisitionner le lichen local.

Comment Sarah Knafo (avec la presse Bolloré) justifiera la prise du Groenland par Trump, par Veerle Daens
Ah, la souveraineté ! Ce mot magique, ce sésame politique qui s’ouvre à toutes les sauces, comme un frigo de célibataire un dimanche soir. Sarah Knafo, égérie d’un parti qui a fait de la récupération sémantique un sport olympique, s’étonne qu’on galvaude le concept. Elle a raison,

C'est là tout le génie de la "diplomatie du geste" à la française. Alors que Trump voit le monde comme un plateau de Monopoly où le Groenland est la case "Avenue des Champs-Élysées" qu'il veut racheter, Paris répond par une performance de théâtre de rue. On envoie une quinzaine de gars en fuseau blanc jouer à cache-cache avec les ours polaires pour "affirmer notre souveraineté européenne".

En tant que libertarienne, je me demande surtout combien cette petite blague va coûter au contribuable qui, lui, a déjà du mal à payer son chauffage. Entre le transport en avion militaire (qui pollue sans doute plus que mille vaches bio), les rations de survie estampillées "Produit en France" et le bilan carbone du voyage pour que quinze hommes fassent une photo Instagram dans le permafrost, on est sur un ratio coût-efficacité qui frise le sublime.

Groenland : qui seront les premiers avachis français à se coucher devant Trump? par Veerle Daens
L’encre des éditoriaux larmoyants sur le “kidnapping” de Nicolás Maduro était à peine sèche que le cow-boy orange de la Maison Blanche posait déjà son revolver sur la tempe de l’Europe. Après le Venezuela pour le pétrole, voici le Groenland pour les terres rares et la gloire. La

L'État, ce grand prestidigitateur, nous explique que c'est une mission de "réassurance". Personnellement, je me sens très rassurée. Si demain le bloc sino-russe décide de s'emparer de la calotte glaciaire, ou si Trump décide d'y construire un "Trump Ice Hotel & Casino", nos quinze mousquetaires du givre pourront toujours leur jeter des boules de neige en citant le Code Civil.

La France ne projette plus de la puissance, elle projette de la poésie bureaucratique. On ne gagne pas une guerre de ressources avec quinze bonshommes, mais on gagne sûrement un satisfecit dans les dîners mondains de Bruxelles. Pendant que Washington compte ses porte-avions, Paris compte ses skieurs.

La chronique de Veerle Daens : “Le MERCOSUR a ses raisons que la Patrie ignore”
Mes chers amis du protectionnisme de napperon, chers ennemis du traité Mercosur, saluons ensemble le grand retour de la « Souveraineté Alimentaire ». C’est le nouveau mot fétiche. C’est chic, ça sonne comme un appel aux armes, et ça permet surtout d’éviter de parler de qui vous êtes vraiment. La

Trump peut bien vouloir racheter l'île ; il a oublié qu'en France, on n'a pas de pétrole (ni de Groenland), mais on a des idées. Et l'idée de cette semaine, c'est que quinze paires de rangers françaises valent plus que tous les dollars de la Fed.

Dormez tranquilles, braves gens : la ligne Maginot s’est déplacée à Nuuk. Elle est juste un peu plus courte que prévu.


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Rédaction

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