Trump et les larmes amères des patriotes

Trump et les larmes amères des patriotes


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Nous en sommes à Trump + 3 mois. Soit les 100 premiers jours. Le 20 janvier 2025, Donald Trump annonçait que l’âge d’or de l’Amérique commençait alors. 100 jours plus tard, nous sommes collectivement pris d’un doute. La baguette magique du protectionnisme (dénoncée comme un leurre depuis deux ans par le Courrier) ne convainc personne. Le discours sur la liberté d’expression cache une immense terreur qui vise officiellement les sionisto-sceptique. La paix en Ukraine n’est toujours pas arrivée. S’agissait-il d’une opération de manipulation ?

Que restera-t-il de ces premiers jours de Trump ? Et quel impact cette expérience aura-t-elle sur l’ensemble de ce courant « populiste » qu’est le souverainisme (qu’Édouard Husson souhaite avec beaucoup d’à-propos rebaptiser « indépendantisme ») en Europe, et plus spécialement en France ? La question est posée, et c’est sous son prisme que nous abordons la question du trumpisme et de ses conséquences en Europe aujourd’hui.

  • premier point : l’éloge de la liberté d’expression dressé par J.D. Vance à la conférence sur la sécurité en Europe ressemble à une remarquable arnaque puisque, dès son arrivée, l’administration Trump a mené une véritable inquisition contre tous les opposants à la politique suprémaciste de Nétanyahou. Depuis lors, les universités américaines sont soumises à des violations patentes de la liberté d’expression.
  • deuxième point : la bataille du protectionnisme semble devenir une Bérézina pour Trump. Le rapport de force spéculé par l’approximatif idéologue Stephen Miran que nous avons évoqué tourne en défaveur de Trump, et les Etats-Unis sont désormais obligés de faire machine arrière. Dans quelle mesure les patriotes, qui avaient abusivement considérés que le protectionnisme était un « marqueur » peuvent-ils se remettre de cette déroute ?
  • troisième point : comment les souverainistes français, qui sont très largement des idéologues de la dépense publique et de l’intervention de l’Etat, peuvent-ils s’accommoder du « DOGE » de Musk, qui repose sur des coupes brutales dans les dépenses publiques ?
  • quatrième point : Donald Trump avait promis monts et merveilles sur la paix en Ukraine dans des délais foudroyants. Cent jours plus tard, la guerre fait toujours rage…

Même si une intense propagande que nous avons analysée maintient l’illusion du contraire, nous nous interrogeons sur les séquelles que cette désillusion laissera… Et notre petit doigt nous dit que les 100 jours qui viennent de s’écouler feront couler quelques larmes amères parmi les souverainistes et les patriotes.


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