Surfacturation dans les achats publics: le « bon prix », une découverte récente pour l’Etat

Surfacturation dans les achats publics: le « bon prix », une découverte récente pour l’Etat


Partager cet article

La nouvelle a de quoi laisser perplexe. Le ministre délégué à la Fonction publique, David Amiel, présente comme une révolution un dispositif d’« alerte prix » pour traquer les surfacturations dans les achats des mairies, hôpitaux ou écoles. L’objectif : obliger les centrales d’achats publiques, comme l’UgAP, à s’aligner si un fonctionnaire trouve moins cher ailleurs. Une mesure présentée comme une traque au gaspillage, mais qui ressemble surtout à un constat d’échec de la centralisation étatique.

Dimanche dernier, lors d’un entretien avec Ouest-France, le ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat, David Amiel, a annoncé le lancement d’une « alerte prix » au printemps 2026, une mesure prise pour renforcer la transparence des procédures des achats publics et atteindre l’objectif de réaliser des économies.  

Le « bon prix » , une découverte récente pour l’administration

On constate souvent une différence excessive et souvent injustifiable au niveau des prix des fournitures achetées par les collectivités. Le ministre l’illustre lui-même : une machine à café achetée 143 euros via une centrale, est disponible à 89 euros dans le commerce. Pire, une préférence étrangère au "made in France" a été observée dans de nombreux contrats, sacrifiant l'industrie nationale sur l'autel de traités internationaux et de normes européennes. Résultat : des milliards gaspillés, financés par le contribuable, sans accountability véritable.

La caste s’offre un “Permis émeutes” que vous financerez, par Veerle Daens
Pendant que la France qui se lève tôt cherchait désespérément à boucler ses achats de Noël avec un pouvoir d’achat en berne, le Sénat, ce “conseil des sages” censé tempérer les ardeurs fiscales de l’Exécutif, a signé l’acte de décès de la responsabilité régalienne en adoptant un “permis émeutes” financé

Cette absurdité n’est pas une exception, mais le symptôme d’un système inefficace. Selon le ministre David Amiel, l’Etat consacre un lourd budget de « 230 milliards d’euros » par an pour les achats publics.

Afin de renforcer la transparence des procédures et atteindre l’objectif de réaliser 850 millions d’euros d’économies en 2026, le gouvernement a décidé de lancer une « alerte prix » au printemps 2026.

Interrogé après une enquête de Ouest-France révélant des écarts de prix disproportionnés pour des fournitures achetées par des collectivités, David Amiel estime que « « chaque euro gaspillé est intolérable, a-t-il ajouté.

Le gouvernement semble découvrir aujourd’hui un principe élémentaire de l’économie de marché : la comparaison des prix. Un principe que tout consommateur applique naturellement, mais que l’État, protégé par l’argent d’autrui, a négligé pendant des décennies.

Ils ont remplacé le clivage Droite-Gauche par le "Mépris Cool". Comprenez enfin la mécanique.

Ne restez pas à la surface. Découvrez gratuitement l'anatomie secrète du "Bloc Bourgeois" qui gouverne la France, avec l'ouvrage inédit de Veerle Daens, envoyé par mail pour chaque abonnement annuel souscrit jusqu'au 17 décembre à minuit.

Je m'abonne à l'année et je reçois l'e-book exclusif "Le mépris cool" de Veerle Daens

Un dispositif de signalement en temps réel

L’adoption de cette mesure entre dans le cadre d’une grande réforme mise en place dans le but de « payer le juste prix ». « Si un acheteur public trouve moins cher ailleurs, il faudra s’aligner », a souligné le ministre David Amiel lors de son entretien avec Ouest-France dimanche.

Le dispositif d'alerte prix, inspiré des garanties de remboursement des grandes surfaces, permettra des signalements en temps réel pour des produits comparables (qualité et services identiques). L'UGAP, principale centrale dépendant de l'État, devra s'aligner rapidement.

En marche vers 9 milliards d’impôts supplémentaires cette semaine...
Ce 16 décembre 2025, alors que le Sénat vient de rendre sa copie budgétaire, une vérité crue émerge du brouillard législatif : le gouvernement va devoir extorquer 9 milliards d’euros supplémentaires aux contribuables français (vous !) avant la Saint-Sylvestre. Pourquoi? Comment? Voici l’autopsie d’un mensonge d’État et d’une faillite annoncée. Tout commence,

Par ailleurs, le ministre a annoncé que le gouvernement compte utiliser l’intelligence artificielle pour mieux analyser les appels d’offres et les procédures des achats publics. Un partenariat avec des entreprises spécialisées en IA en France et an Allemagne, dont la startup française Mistral et le géant des logiciels allemand SAP a déjà annoncé il y a deux semaines.

L’« alerte prix » est l’aveu d’un système public d’achats en faillite. En ce sens, l’État, quand il dépense l’argent des autres, est un consommateur irrationnel et facile à duper. Après des décennies de gabegie, le gouvernement propose un rustine technologique sur une chambre à air crevée. La véritable réforme, celle qui économiserait des dizaines de milliards sans bouton ni bureaucratie supplémentaire, consisterait à faire confiance à la décentralisation et à la concurrence. En un mot : à appliquer enfin les principes du marché à ceux qui en ont toujours été exemptés. L’État se réveille, mais il a encore beaucoup à apprendre.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Édouard Philippe, victime du duo infernal justice/politique ? par Élise Rochefort

Édouard Philippe, victime du duo infernal justice/politique ? par Élise Rochefort

Élise Rochefort revient sur les affaires d'Édouard Philippe et les replacent dans le calendrier présidentiel. Je m'abonne au Courrier à 79€ et je reçois gratuitement le Guide À mesure que l'échéance présidentielle approche, la trajectoire d'Édouard Philippe, candidat officiellement déclaré depuis le 3 septembre 2024, offre un cas d'école saisissant de ce que le juriste Olivier Beaud nomme le « duo infernal » de la presse et de la justice. Entre l’impératif légitime de probité publique et l'ins


Rédaction

Rédaction

Achat d'or et d'argent : méfiez-vous des pratiques de Godot & fils...

Achat d'or et d'argent : méfiez-vous des pratiques de Godot & fils...

L'achat de métaux précieux (or et argent) est soumis à une réglementation précise et contraignante, mal maîtrisée par certains changeurs manuels. Godot & Fils donne un exemple de pratiques contraires à la réglementation et d'abus de pouvoir. Je m'abonne au Courrier avant le 21 mai Ne vous faites pas piéger par la cupidité des changeurs manuels de métaux précieux, qui ont une connaissance lacunaire de la réglementation très contraignante en matière de lutte contre le blanchiment et de financeme


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

L'humeur de Veerle Daens : Malraux, que font-ils de notre argent à Venise ?

L'humeur de Veerle Daens : Malraux, que font-ils de notre argent à Venise ?

Veerle Daens revient sur l'utilisation des fonds publics par le Ministère de la Culture... au Pavillon français de la Biennale de Venise. Un pavillon naufragé. Je m'abonne à 79€ et je reçois le Guide de la Défiscalisation Venise. Ses spritz tièdes, sa lagune surpeuplée et son grand vide-poches étatique bisannuel qu’on appelle pompeusement la Biennale. Cette 61e édition, orpheline de la curatrice Koyo Kouoh, s'ouvre sous le pavillon d’In Minor Keys (« En tonalités mineures »). Traduction pour l


CDS

CDS

Bac 2026 : l'État redécouvre l'exigence, vingt ans trop tard

Bac 2026 : l'État redécouvre l'exigence, vingt ans trop tard

Un enfant de 10 ans candidat au bac, un taux de réussite frôlant les 92 %, une fraude en hausse de 30 %, le ministre de l'Éducation Édouard Geffray vient d'annoncer une série de mesures de renforcement. Salutaires sur le papier. Révélatrices d'un naufrage institutionnel sur le fond. A quelques semaines du début des épreuves du baccalauréat 2026, le ministre de l’Education nationale, Edouard Geffray, a annoncé qu’il veut instaurer un âge « plancher » pour pouvoir se présenter à l’examen. Il a ég


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany