La caste s'offre un "Permis émeutes" que vous financerez, par Veerle Daens

La caste s'offre un "Permis émeutes" que vous financerez, par Veerle Daens


Partager cet article

Pendant que la France qui se lève tôt cherchait désespérément à boucler ses achats de Noël avec un pouvoir d'achat en berne, le Sénat, ce "conseil des sages" censé tempérer les ardeurs fiscales de l'Exécutif, a signé l'acte de décès de la responsabilité régalienne en adoptant un "permis émeutes" financé par les contribuables... victimes de ces émeutes !

 

Avec l'adoption de l'amendement gouvernemental au Projet de Loi de Finances 2026 instaurant une "surprime émeutes" obligatoire, l'État français vient de réaliser son tour de passe-passe le plus cynique depuis la CSG : transformer sa propre faillite sécuritaire en impôt privé.

L'information libre a un prix : le courage de la soutenir
CTA Image

Surveillés par les "commissaires politiques" de l’information comme ConspiracyWatch, boudés par les subventions publiques, nous ne devons rien au système. Notre seule légitimité, c’est vous. Pour garantir notre indépendance totale et continuer à dire ce que les autres taisent, nous avons besoin de votre soutien.

Je rejoins la résistance libertarienne (79€/an)

La nouvelle "surprime", qui pèsera environ 5 % sur vos contrats d'assurance habitation et auto, est une taxe déguisée sur la sécurité que l'État ne vous fournit plus. C'est le principe du "double paiement" cher aux socialistes de tous bords : vous payez des impôts pour une police et une justice régaliennes (censées prévenir l'émeute), et comme cela ne fonctionne pas, vous paierez une surprime d'assurance pour reconstruire ce que l'État a laissé brûler.

Veerle Daens

 L'émeutier est un grêlon comme les autres

La rhétorique déployée par le rapporteur général Jean-François Husson et la ministre Amélie de Montchalin est un chef-d'œuvre de novlangue technocratique. Il s'agit, nous dit-on, de calquer le risque émeute sur le régime des "Catastrophes Naturelles" (Cat Nat). Savourez l'analogie. Pour nos élus, une horde qui pille un magasin de sport ou incendie une mairie n'est plus le fait d'individus responsables de leurs actes, ni la conséquence d'une démission de l'autorité publique. Non, c'est un aléa météorologique. L'émeute est devenue une intempérie, une fatalité contre laquelle on ne lutte pas, mais que l'on amortit.

Les cotisations des assurances auto et habitation pourraient augmenter en cas de création d’une garantie émeutes
Pour assurer le maintien de la couverture par les assureurs des dégâts causés par les violences urbaines, le gouvernement a déposé un amendement au Budget 2026. Il prévoit la création d’un fonds d’indemnisation pour les sinistres causés dans ce cadre. Il sera partiellement

 En naturalisant la violence sociale, l'État s'offre un formidable dédouanement moral. Si l'émeute est une catastrophe naturelle, alors le ministre de l'Intérieur n'est pas plus responsable des pillages que le ministre de l'Écologie ne l'est de la grêle. Circulez, il n'y a rien à voir, juste à payer.

La privatisation de la facture, la socialisation de l'incompétence

Le mécanisme est d'une beauté perverse. Face au retrait rationnel des assureurs privés – qui refusent de couvrir un risque devenu systémique en raison de la passivité de l'État – le gouvernement ne rétablit pas l'ordre. Il nationalise le chéquier.

La nouvelle "surprime", qui pèsera environ 5 % sur vos contrats d'assurance habitation et auto, est une taxe déguisée sur la sécurité que l'État ne vous fournit plus. C'est le principe du "double paiement" cher aux socialistes de tous bords : vous payez des impôts pour une police et une justice régaliennes (censées prévenir l'émeute), et comme cela ne fonctionne pas, vous paierez une surprime d'assurance pour reconstruire ce que l'État a laissé brûler.

Comme le soulignent avec justesse les risk managers de l'AMRAE – ces rares adultes dans la salle –, nous assistons à une "fiscalisation du risque" qui déresponsabilise tout le monde. Pourquoi une collectivité ou une entreprise investirait-elle dans la prévention si la facture est mutualisée dans un grand pot commun national géré par la Caisse Centrale de Réassurance, c'est-à-dire, in fine, par le contribuable via la garantie illimitée de l'État?

LA BIBLIOTHÈQUE DE L’AMRAE | AMRAE |
Accédez à la Bibliothèque AMRAE, une base complète de ressources dédiées au risk management : rapports, études, guides et publications pour les experts en gestion des risques.

Le prix de la paix des palais

Ce "Fonds de mutualisation des risques résultant d'émeutes", doté d'une cible de 1,5 milliard d'euros, est en réalité une caisse noire politique. C'est le prix que la caste est prête à vous faire payer pour acheter la paix sociale.

En garantissant la solvabilité des dégâts, l'État envoie un signal désastreux : "Cassez, nous avons provisionné". C'est un permis d'émeute prépayé. Le gouvernement s'achète le droit de ne pas intervenir fermement lors du prochain soulèvement, sachant que l'indemnisation suivra, évitant ainsi la faillite des commerçants et la colère des élus locaux. 

Le Sénat, gardien autoproclamé des territoires, a validé cette spoliation au nom de la "solidarité nationale". Comprenez : la solidarité des victimes solvables envers l'incurie coupable de la puissance publique. En 2026, quand votre prime d'assurance augmentera pour financer la reconstruction d'un bâtiment public que la police n'aura pas reçu l'ordre de défendre, souvenez-vous que ce n'est pas une fatalité. C'est un choix politique : celui de vous faire payer le coût de leur renoncement.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Menaces contre Emma Fourreau : quand LFI appelle à l’ordre… après avoir jeté de l’huile sur le feu

Menaces contre Emma Fourreau : quand LFI appelle à l’ordre… après avoir jeté de l’huile sur le feu

Après plusieurs semaines de cyberharcèlement, l’eurodéputée insoumise Emma Fourreau a annoncé le dépôt de 101 plaintes à Caen pour menaces de mort, menaces de viol et injures sexistes. En toile de fond : son opposition aux banquets du Canon Français, mouvement soutenu financièrement par le milliardaire Pierre-Édouard Stérin. Derrière les faits indéfendables de harcèlement, se dessine une France fracturée où extrêmes s’invectivent et où la justice devient l’arène d’un bras de fer politique. Le p


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

3 actions françaises pour naviguer dans le brouillard 2026, par Vincent Clairmont

3 actions françaises pour naviguer dans le brouillard 2026, par Vincent Clairmont

En ce mois de mai 2026, la Bourse de Paris nous joue une partition complexe. Après avoir flirté avec les sommets en février dernier (8 642 points pour le CAC 40), l’indice phare a entamé une phase de digestion, tournant fébrilement autour du pivot des 8 000 points. Je m'abonne au Courrier L’ambiance est électrique. Entre une inflation qui joue les prolongations à 2,9 % en zone euro et des tensions géopolitiques dans le Golfe qui propulsent le Brent au-delà des 106 dollars, l'investisseur ne sa


Rédaction

Rédaction

Carburant : le compte-à-rebours des 118 jours avant la pénurie est lancé, par Elise Rochefort

Carburant : le compte-à-rebours des 118 jours avant la pénurie est lancé, par Elise Rochefort

C’est la question qui brûle les lèvres de tous les Français dès que le prix à la pompe s'affole ou que le détroit d’Ormuz s’embrase comme c’est le cas en ce moment : « Combien de temps va-t-on tenir? » Je m'abonne au Courrier Entre les annonces rassurantes du gouvernement et la réalité des files d’attente à 7h du matin, il y a un fossé que je vous propose de décrypter ce matin. Le « matelas » : 118 jours de tranquillité (théorique) Commençons par le chiffre qui rassure. Officiellement, la F


Rédaction

Rédaction

L'hallali de l'Ancien Monde : chronique du Sommet Trump-Xi, par Thibault de Varenne

L'hallali de l'Ancien Monde : chronique du Sommet Trump-Xi, par Thibault de Varenne

Ce que nous avons vu à Pékin les 14 et 15 mai 2026, ce n'est rien d'autre qu'une grande battue internationale où les règles de la vénerie classique — celles de l'ONU et du multilatéralisme de salon — ont été piétinées par deux maîtres d'équipage qui ne chassent plus qu'à leur propre compte. Je m'abonne au Courrier Donald Trump et Xi Jinping se sont retrouvés sous les ors du Grand Hall du Peuple, non pas pour une réconciliation de cœur, mais pour une "stabilisation tactique". C’est le langage d


Rédaction

Rédaction