Sous-occupation des logements: l’État veut-il forcer les retraités à déménager ?

Sous-occupation des logements: l’État veut-il forcer les retraités à déménager ?


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Une étude de l’Insee sur les logements en France en 2022, révèle que 7,6 millions de résidences principales en France sont « largement sous-occupées ». L’Insee s’est penchée sur le profil des ménages occupant des logements considérés comme trop grands : il s’agit majoritairement de propriétaires âgés, dont les enfants ont quitté le foyer depuis longtemps. Derrière cette statistique se profile une tentation technocratique : réorganiser l’habitat en oubliant les libertés individuelles, la mémoire familiale et le droit à transmettre.

Selon l’Insee, un quart des résidences principales en France disposeraient d’au moins trois pièces de plus que les besoins « théoriques » de leurs occupants. Les profils concernés ? Des personnes âgées, propriétaires de maisons acquises il y a plusieurs années, souvent après une vie de travail et d’épargne, et dont les enfants ont quitté le foyer. En somme, une génération installée, stable, et paisible… que certains rêveraient de faire bouger.

Une rationalisation de l’espace privé programmée

Dans 93 % des cas, il s’agit de maisons individuelles, souvent de plus de 100 m². Ces logements, concentrés dans des régions comme la Bretagne ou les zones rurales, ne correspondent plus aux critères fonctionnels des urbanistes : trop d’espace pour trop peu de monde. Pourtant, ces espaces ont été vécus, investis, …et  portent les souvenirs, les racines et des espoirs de transmission.

Faut-il culpabiliser les retraités d’occuper une maison devenue trop grande ? Faut-il imaginer, à terme, une fiscalité punitive ou des incitations au déménagement vers des appartements standardisés, voire des « capsules » japonaises ? A noter que ces“hôtels capsules” japonais, des hébergements minimalistes où l’on dort dans des compartiments de moins de 2 m² connaissent un engouement croissant à Madrid.

La logique du logement sur-mesure pour la collectivité consisterait à réduire l’espace individuel au nom de la prétendue efficacité. Cette idée de rationner l’espace privé se heurte directement aux principes de la propriété privée, du droit au confort, et du libre usage de son logement.

Vers la fin des maisons familiales ?

En remettant en cause la légitimité de ces grands logements individuels, on s’attaque indirectement à la transmission intergénérationnelle. Ces logements sont souvent destinés à être transmises aux enfants ou petits-enfants. Ils constituent un patrimoine affectif et financier. Si l’État impose une logique de relogement ou de réquisition douce,cette situation fragilisera les héritages, et impactera la continuité familiale.

Or, seule une infime minorité des occupants de ces logements souhaite déménager : 9 %, selon l’Insee. Et la grande majorité se dit satisfaite de sa situation. Pourquoi vouloir alors forcer des personnes âgées à quitter leur maison ? Pour libérer de l’espace dans les villes tendues ? Ou pour imposer une nouvelle norme de vie collective, déconnectée des réalités humaines ?

Sous couvert d’optimisation du parc immobilier, la lecture de l’Insee risque de devenir un outil idéologique.Plutôt que de résoudre la crise du logement en construisant davantage ou en revitalisant les zones rurales, certains responsables pourraient être tentés de forcer les citoyens à changer de vie. Mais vivre dans une maison « trop grande » n’est ni une faute, ni un luxe illégitime, mais plutôt le fruit d’une vie, d’un projet….


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