Service militaire : le coup de génie de Macron pour sauver l'Occident (de lui-même), par Veerle Daens

Service militaire : le coup de génie de Macron pour sauver l'Occident (de lui-même), par Veerle Daens


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On reproche souvent à Emmanuel Macron son "en même temps" hésitant, sa gestion technocratique et son arrogance jupitérienne. C’est injuste. À bien y regarder, l’idée qui flotte dans les couloirs de l’Élysée — réinstaurer une forme de service militaire, voire préparer les esprits à l'envoi de troupes au sol en Ukraine — relève du pur génie politique.

Les esprits chagrins crient au massacre ? Les mères de famille s’inquiètent pour leur progéniture ? Allons, un peu de hauteur. En réalité, transformer la jeunesse française en cible mouvante pour l'artillerie russe est sans doute la mesure la plus cohérente de ce quinquennat. Voici pourquoi il faut applaudir des deux mains cette formidable initiative.

La tonte logique d'un troupeau consentant

Soyons honnêtes un instant : cette jeunesse a-t-elle vraiment prévu de s'opposer à quoi que ce soit ?

Nous parlons d'une génération qui, il y a quatre ans à peine, a tendu le bras avec un enthousiasme pavlovien pour recevoir une injection, non par conviction sanitaire, mais pour conserver le droit inaliénable de boire des Spritz en terrasse. Le "Pass" était leur ticket d'entrée dans la vie sociale ; le "Front" sera simplement leur ticket de sortie. La logique est implacable.

Pourquoi se révolteraient-ils ? Ils acceptent déjà sans broncher de se faire racketter par un État-Providence obèse. Ils cotisent docilement dès leur premier stage pour financer les retraites de leurs propres parents et grands-parents — ces mêmes boomers qui, eux, ont profité des Trente Glorieuses et de la dette. Ils sont les payeurs nets d'un système qui les méprise.

Et ne comptez pas sur leur éveil intellectuel pour fomenter une sédition. Leur fenêtre sur le monde s'appelle Hugo Décrypte, cette machine à broyer la complexité pour servir de la purée tiède à des cerveaux calibrés pour un QI à deux chiffres. Si le gentil Hugo leur explique, avec des petits graphiques colorés, que mourir dans le Donbass est "tendance" et "citoyen", ils monteront dans les camions en checkant leurs notifications. Il est donc de simple bon sens économique de tondre la laine sur le dos de moutons qui bêlent de gratitude quand on sort la tondeuse.

L’accélérationnisme démographique : finir le travail

Il faut aussi saluer l'ambition démographique du projet. On s'inquiète de la chute de la natalité ? On pleure la disparition de la France des clochers ? Macron, en visionnaire, propose d’arrêter de lutter contre le courant et d’aller jusqu’au bout du toboggan.

Faute d'enfants "de souche", la France millénaire est déjà un concept flou, une pièce de musée. Envoyer les derniers petits Français valides face aux divisions blindées russes, c’est l’assurance d’une disparition propre et nette des descendants de la population d'origine. C'est le triomphe final de la mondialisation heureuse : on efface l'ardoise du passé pour faire place nette.

Le raffinement du plan réside dans le "volontariat" ou la sélection : le service militaire agira comme un filtre darwinien inversé. Il permettra d'identifier les derniers patriotes, ceux qui ont encore le drapeau tricolore au cœur, et de les envoyer en priorité au casse-pipe. Une fois ces éléments perturbateurs éliminés par la sélection naturelle du champ de bataille, il ne restera que les consommateurs dociles et les citoyens du monde. L'ordre nouveau pourra régner sans entrave.

Le retour du Sacré par l’absurde

Enfin, cessons de voir Macron comme un simple gestionnaire. Il se rêve en guide spirituel. L'Occident se meurt de son matérialisme ? Le Président lui offre la transcendance.

Le sacrifice de masse est, après tout, un grand classique. Abraham était prêt à sacrifier Isaac pour prouver sa foi. Emmanuel, dans une exégèse moderne, est prêt à sacrifier toute la jeunesse française pour prouver son attachement aux valeurs abstraites de l'Union Européenne. C’est beau comme une fresque biblique.

En déclarant une guerre ouverte, ou presque, à la Russie, il replace nos jeunes — perdus entre TikTok et l'éco-anxiété — dans la grande histoire spirituelle de l'Occident chrétien : celle du martyre. Macron devient ainsi le héros tragique de la lutte contre la décadence. Il ne leur offre pas un avenir, non, c'est vulgaire l'avenir. Il leur offre un destin. Un destin court, certes, et probablement explosif, mais un destin quand même.

Alors, pour tout cela : merci, Monsieur le Président.


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