Ron Paul critique la politique étrangère US « coûteuse » et « destructrice »

Ron Paul critique la politique étrangère US « coûteuse » et « destructrice »


Partager cet article

Alors que le régime syrien s’effondre, dans un communiqué, Ron Paul, membre du Parti républicain et père du sénateur Rand Paul, s’interroge sur l’implication américaine dans ce conflit, les conséquences humaines et économiques qui en découlent, et les leçons tirées des erreurs passées. La Syrie, comme l’Irak et la Libye avant elle, est la preuve de l’échec des politiques d’intervention militaire. Déstabiliser des régimes au nom de la liberté ne mène qu’au chaos, à la violence et à des coûts humains et financiers incalculables.

Ron Paul, membre du Parti républicain et père du sénateur Rand Paul, a réagi à l’annonce du renversement du gouvernement syrien au début du mois. Il s’interroge sur l’implication des Etats-Unis dans le conflit en Syrie , une politique « couteûse » et « destructrice ». Ronald Ernest « Ron » Paul (né le 20 août 1935) est un médecin, auteur et homme politique amembre du Parti républicain, représentant du Texas à la Chambre des représentants de 1976 à 1977, de 1979 à 1985, puis enfin de 1997 à 2013. Il a été trois fois candidat à la présidence des États-Unis, en tant que libertarien en 1988, et en tant que républicain en 2008 et 2012.

Les Syriens paient le prix fort

Ron Paul a critiqué la politique étrangère des Etats-Unis dans sa réaction suite à l’annonce du renversement du gouvernement syrien. Il a évoqué l’article publié par Los Angeles Times en 2017 intitulé : « En Syrie, les militants armés par le Pentagone combattent ceux armés par la CIA ».

Selon lui, cet article du Los Angeles Times illustrait parfaitement l’absurdité de la politique étrangère américaine : des groupes armés par le Pentagone combattaient ceux soutenus par la CIA en Syrie.

« Comment peut-on comprendre que le Pentagone mène une guerre par procuration avec la CIA sur le sol syrien ? », a déclaré Ron Paul. Il a ajouté que le peuple américain a non seulement été obligé de financer cette guerre, mais aussi de payer pour la reconstruction du pays ravagé.

Ron Paul estime que se débarrasser d’Assad pourrait s’avérer être « la partie la plus facile », comme ce fut le cas avec Saddam en Irak. Tout comme en Irak, le renversement de Saddam Hussein a coûté des millions de vies, détruit des infrastructures et alimenté la montée de l’État islamique.

Mais reconstruire la Syrie après des années de guerre coûtera des milliards de dollars, avec peu de garanties de réussite. Il craint que laisser une armée décidée à établir un Etat islamique dans une Syrie autrefois laïque s’emparer du pouvoir constitue un danger pour la démocratie. De plus, la reconstruction de la Syrie va coûter des milliards.

Ron Paul a rappelé qu’après sa « libération », la Libye est restée un Etat en faillite dix ans après la chute de Kadhafi. Le pays reste contrôlé par des milices terroristes et plonge dans l’anarchie.

L’échec des interventions : Libye, Irak et maintenant Syrie

Selon Ron Paul, les Syriens sont les premières victimes de cette politique étrangère interventionniste. Depuis dix ans, les États-Unis contrôlent illégalement des régions syriennes riches en pétrole et en blé, privant le pays de ses ressources vitales. À cela s’ajoutent des sanctions économiques sévères qui ont plongé la population dans la pauvreté et aggravé la crise humanitaire.

En contribuant au départ d’Assad, selon Ron Paul, les Etats-Unis ont donné le pouvoir aux groupes terroristes, héritiers des organisations responsables des attentats du 11 septembre. Pourtant, ces mêmes organisations sont soutenues, parfois indirectement, par les États-Unis sous couvert de renversement du régime d’Assad.

Ron Paul espère que le nouveau président Donald Trump, tirera les leçons du 11 septembre,  en mettant fin à l’implication des Etats-Unis dans les conflits en Moyen-Orient.  Récemment, Donald Trump a déclaré que la Syrie « n’était pas notre combat » et que les États-Unis devraient se désengager de ce conflit. Si Trump applique réellement cette position, il devra retirer les forces américaines, visibles et clandestines, non seulement de Syrie mais aussi de l’ensemble du Moyen-Orient.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Combien de jours la France survivrait-elle à une coupure Internet comme en Iran? par Elise Rochefort

Combien de jours la France survivrait-elle à une coupure Internet comme en Iran? par Elise Rochefort

Internet est coupé depuis près de 5 jours en Iran, pour contrer la Révolution des balcons et neutraliser les manifestants. Et si, en cas de soulèvement populaire, la France adoptait la même tactique de black-out, combien de temps le soulèvement devrait-il tenir pour venir à bout du pouvoir ? Depuis le jeudi 8 janvier 2026, l'Iran a disparu des radars numériques. En réponse à une vague de contestation populaire, Téhéran a activé un "shutdown" d'une sophistication inédite, réduisant la connectivi


Rédaction

Rédaction

Avachissement démographique : le désespoir froid de la France contemporaine est-il surmontable?

Avachissement démographique : le désespoir froid de la France contemporaine est-il surmontable?

L'INSEE nous informe aujourd'hui que la France compte désormais plus de décès que de naissances, situation inédite depuis 1945. Décidément, nous vivons une phase de rupture, et pas dans le sens que nous aimerions. Mais cet avachissement démographique est-il surmontable ? C’est une note de bas de page dans le grand livre de la liquidation française, un faire-part de décès administratif numéroté « Insee Première n° 2087 ». Derrière la froideur technocratique du titre — Bilan démographique 2025 —


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Intelligence artificielle : une destruction créatrice à l’européenne ? Par Eric Lemaire
Photo by Solen Feyissa / Unsplash

Intelligence artificielle : une destruction créatrice à l’européenne ? Par Eric Lemaire

La trêve des fêtes a été l’occasion de nombreuses discussions, professionnelles comme informelles. Un constat s’est imposé avec une netteté nouvelle : la révolution de l’intelligence artificielle n’est plus un objet de débat théorique. Elle est désormais acceptée, intégrée, presque banalisée. À tous les niveaux professionnels, mes interlocuteurs constatent déjà ses effets sur le marché du travail. Le diagnostic est souvent formulé sans détour : soupe à la grimace pour les juniors, champagne pour


Rédaction

Rédaction

Porte-avions Fujian : Pékin brise le monopole stratégique US

Porte-avions Fujian : Pékin brise le monopole stratégique US

Avec la mise en service de son porte-avions Fujian, fleuron technologique doté de catapultes électromagnétiques, Pékin brise le monopole de Washington. Au-delà de la prouesse technique, cet événement souligne une réalité plus inquiétante : l’accélération d’une course aux armements onéreuse et belliqueuse, où les États rivalisent pour étendre leur sphère de coercition. Le 5 novembre dernier, depuis la base navale de Hainan, le monde a assisté à bien plus qu’une simple inauguration technique. La


Rédaction

Rédaction