Robotaxis : la Chine dépasse déjà la Silicon Valley

Robotaxis : la Chine dépasse déjà la Silicon Valley


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Baidu, le “Google chinois”, propulse ses robotaxis Apollo Go à 250 000 courses par semaine, égalant son rival américain Waymo, la filiale d’Alphabet. La bataille pour la mobilité autonome s’accélère, tandis que les États-Unis avancent prudemment, la Chine accélère son déploiement, sans syndicats, ni régulations paralysantes.

Selon un article de CNBC, le service de robotaxis de Google, baptisé Waymo, vient d’être détrôné par son concurrent chinois. Appolo Go du groupe Baidu a réalisé plus de 250.000 courses par semaine, un véritable record.

Appolo Go dépasse Waymo en nombre de courses effectuées

Alphabet propose aux Etats-Unis un service de robotaxis baptisé Waymo.  Le groupe Baidu a aussi lancé la même activité en Chine. Son service de robotaxis est nommé Appolo Go. Selon un article de CNBC, il connaît actuellement un essor fulgurant. En effet, Apollo Go a dépassé le cap des 250.000 courses par semaine, un véritable record.

Une performance qui place la Chine au même niveau que Waymo, l’unité d’Alphabet (Google), pourtant pionnière du secteur.L'argument économique est capital. Le prix d'une course en robotaxi en Chine est drastiquement inférieur à celui pratiqué aux États-Unis : environ 35 cents par mile contre 2 dollars outre-Atlantique

Mais la comparaison s’arrête là. L’écosystème chinois avance à une vitesse que les bureaucraties occidentales jugeraient “dangereuse” : des tests grandeur nature dans les rues de Wuhan ou Shenzhen, des autorisations obtenues en quelques mois, et une intégration fluide entre IA, navigation et paiements via WeChat. Pendant ce temps, l’Occident débat de la “responsabilité juridique” et multiplie les comités d’éthique .

Une expansion chinoise tous azimuts

Face à ce dynamisme, Waymo fait figure d’élève appliqué d’un système corseté. Aux États-Unis, le moindre incident de circulation déclenche une avalanche de recours, d’enquêtes et de restrictions locales.

Résultat : Waymo n’opère encore que dans quelques villes américaines, notamment San Francisco et Phoenix, où les tests sont encadrés par des milliers de pages de réglementation.

À l’inverse Apollo Go est déjà présent dans au moins 11 villes chinoises, avec des flottes importantes déployées dans des métropoles comme Wuhan, Pékin, Shanghai et Shenzhen . Wuhan est devenue le plus grand laboratoire mondial, avec 500 robotaxis en circulation sur une zone de 3 000 km², une superficie bien supérieure à la plus grande zone couverte par Waymo en Arizona.

Baidu exporte déjà Apollo Go à Dubaï, Abu Dhabi, et bientôt la Suisse, un partenariat avec Lyft vise un déploiement en Allemagne et au Royaume-Uni dès 2026 est prévu. L’Europe, pourtant paralysée par ses propres normes, accueille avec enthousiasme une technologie... chinoise. Cette stratégie globale contraste avec celle de Waymo, qui, bien que planifiant une ouverture à Londres, reste encore très ancrée sur son marché domestique.

La révolution des robotaxis n'est plus une projection : elle est en cours, et son épicentre se déplace rapidement vers la Chine. Baidu, avec Apollo Go, démontre une capacité opérationnelle et une ambition géopolitique qui dépassent le simple cadre technologique. En utilisant des prix bas, un soutien réglementaire national et une stratégie d'expansion internationale agressive, la Chine est en train de construire une avance difficile à combler.


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