Friedrich Merz est le premier dirigeant occidental à dire que "le roi est nu" et qu'il y a un problème Trump. Que l'Iran ait humilié les USA, voilà qui devient une évidence, et le chancelier allemand s'autorise à le dire publiquement.

Le décor est presque dérisoire : le gymnase Carolus-Magnus de Marsberg, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. C’est là, devant une poignée de lycéens attentifs lors d’une « Journée de l’UE », que le chancelier Friedrich Merz a choisi de briser le dernier tabou de la diplomatie allemande. Oubliée, la retenue habituelle de Berlin. Oubliée, la solidarité atlantique de façade. Le mot est tombé, tranchant comme un couperet : « humiliation ». Pour Merz, ce n’est pas seulement l’administration Trump qui s’égare dans les sables du Moyen-Orient, c’est « toute une nation » que Téhéran est en train de bafouer sous les yeux d'un monde médusé.


L’art de la « non-négociation »
L’humiliation dont parle Merz a un visage : celui des émissaires américains tournant en pure perte sur les tarmacs d'Islamabad. Le chancelier, avec une pointe d'ironie amère, a salué le « talent » des Iraniens pour la « non-négociation ». Imaginez la scène : J.D. Vance, le vice-président des États-Unis, s’envolant pour le Pakistan pour y subir vingt-et-une heures de discussions stériles avant de repartir les mains vides. Plus cuisant encore : le voyage avorté de Jared Kushner et Steve Witkoff, annulé à la dernière minute le 25 avril, alors que Trump tentait désespérément de faire croire qu’il « gardait toutes les cartes en main ».

En réalité, c’est Téhéran qui mène la danse. Merz l’a compris : en forçant la superpuissance à multiplier les allers-retours diplomatiques pour ne rien obtenir, les Gardiens de la révolution ont réussi à projeter une image de faiblesse inédite de Washington.

Le réveil brutal de l’Atlantiste
Que Friedrich Merz — l’homme qui a bâti sa carrière sur la solidité du lien transatlantique — en vienne à une telle charge en dit long sur l’ampleur du désastre. Le chancelier n’a pas seulement critiqué le style de Donald Trump ; il a

