Le 2 mars, à Sydney, sept footballeuses iraniennes refusent de chanter l’hymne national lors d’un match de Coupe d’Asie contre la Corée du Sud. Qualifiées de « traîtresses en temps de guerre » par Téhéran, elles demandent l’asile. Sur 26 membres de la délégation, sept obtiennent protection. Mais l’affaire a pris un tournant inattendu lorsqu’une coéquipière a changé d’avis et transmis leur localisation à l’ambassade iranienne.

Le 2 mars, l’équipe féminine iranienne de football qui participait à un match contre la Corée du Sud en Coupe d’Asie, en raison de la guerre au Moyen-Orient. Les footballeuses ont été considérées comme des « traîtresses en temps de guerre » dans leur pays. Sept membres de l’équipe ayant demandé l’asile en Australie ont alors été placées en résidence protégée. Mais l’une d’entre elles a révélé leur emplacement à l’ambassade iranien.
Le sport comme champ de bataille politique
L’incident du 2 mars n’était pas un simple geste sportif. Dans un contexte régional marqué par les tensions militaires au Moyen-Orient, le refus de chanter l’hymne national a immédiatement été interprété comme un acte politique.
L’équipe iranienne a participé à la Coupe d’Asie des nations féminine de football, une compétition prestigieuse qui prendra fin le 21 mars prochain. Le 2 mars, au cours d’un match contre la Corée du Sud, plusieurs joueuses se sont abstenues de chanter leur hymne national, en raison de la guerre au Moyen-Orient. Dans leur pays, elles ont été qualifiées de « traîtresses en temps de guerre ».

Eliminée de la compétition après avoir encaissé trois défaites, la sélection iranienne devait rentrer en Iran. Alors que l’ensemble de la délégation allait prendre un vol pour la Malaisie, cinq membres de l’équipe incluant la capitaine Zahra Ghanbari, ont demandé asile en Australie. Deux autres personnes ont suivi leur exemple juste avant l’embarquement.

Les autorités australiennes ont validé leur demande d’asile et les ont placées dans une résidence protégée.
Le jeu de dupes australien
Canberra s’est empressé de transformer ces athlètes en symboles. Le Premier ministre Anthony Albanese a salué leur courage, offrant une tribune médiatique parfaite pour fustiger le régime iranien à peu de frais. Pourtant, derrière la posture vertueuse, la gestion de ce dossier confine à l’amateurisme dangereux.

L’information révélée par le ministre de l’Intérieur Tony Burke est édifiante : une joueuse, après avoir changé d’avis, a contacté l’ambassade d’Iran, forçant les autorités australiennes à évacuer d’urgence le groupe. L’ambassade iranienne aurait eu accès à la localisation de jeunes femmes ayant fait défection, placées sous la protection… de l’Australie. Que dire de la sécurité offerte par un pays qui permet à une puissance étrangère de localiser aussi facilement des réfugiés sur son sol ?

Selon l’agente d’immigration australo-iranienne Naghmeh Danai, les joueuses étaient soumises à une forte pression interne, avec des responsables gouvernementaux présents dans l’encadrement de l’équipe.
Mehdi Taj, président de la Fédération iranienne de football, affirme que les défections étaient « forcées ».

Dans ce contexte, le retournement d’une coéquipière – encouragée à contacter l’ambassade iranienne – montre à quel point ces situations restent fragiles. Entre loyauté nationale, sécurité personnelle et pression politique, les joueuses se retrouvent au cœur d’un conflit qui les dépasse largement.
En offrant l'asile à la va-vite, l'Australie met ces joueuses, qualifiées de « traîtresses » par leur fédération, dans l'embarras. Elles sont désormais coincées entre un exil doré et la peur des représailles transfrontalières.




