Le macronisme, personne ne sait ce que c'est. Pour une raison simple : ce n'est pas une idéologie, mais un comportement, un mode de vie, une somme de traits de personnalité (voilà une définition de ce qu'est une CASTE), qu'Elise Rochefort analyse aujourd'hui à partir du modèle Hexaco.

Le macronisme n'est pas seulement un positionnement « ni droite, ni gauche » ; c'est, au sens opérationnel, une structure de personnalité collective. Pour comprendre pourquoi ce camp s'accroche avec une telle ferveur à l'opinion des pairs et à la validation par les titres, il faut plonger dans la salle des machines de la psychologie politique : le modèle HEXACO.
Voici l'analyse des trois leviers psychologiques qui dictent la conduite des troupes du "bloc central".
1. Le titre comme actif de distinction (le facteur H)
Dans le modèle HEXACO, l'Honnêteté-Humilité (H) évalue la tendance à se percevoir comme supérieur. Chez l'électeur macroniste fidèle, on observe souvent un score bas sur la facette Modestie.
L'angle opérationnel : Pour ce groupe, le diplôme (ENA, Polytechnique, HEC) n'est pas un simple parchemin, c'est un « titre de propriété sociale ». Il justifie le droit à diriger et l'appartenance à une « noblesse d'État ». Le macroniste accorde une importance capitale au titre parce que, sans lui, son sentiment de légitimité s'effondre. Il a besoin que l'institution certifie sa supériorité pour se sentir à sa place dans la hiérarchie managériale.

2. Le miroir des « gens de valeur » (le facteur X)
L'Extraversion (X) macroniste est centrée sur l'Estime de soi sociale. Ce n'est pas une confiance intérieure brute, mais une satisfaction qui dépend du regard de l'autre — à condition que cet autre soit jugé "légitime".
L'angle opérationnel : les enquêtes montrent que 73 % des macronistes fidèles se déclarent satisfaits de leur vie. Cette satisfaction est nourrie par l'appartenance au cercle des « gagnants » de la mondialisation. L'opinion qui compte n'est pas
