????Pourquoi les entreprises saines n’ont pas forcément intérêt à continuer leur activité après le 11 mai

????Pourquoi les entreprises saines n’ont pas forcément intérêt à continuer leur activité après le 11 mai


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Les entreprises saines ont-elles un intérêt objectif à profiter du déconfinement pour déposer leur bilan ou organiser leur délocalisation dans de bonnes conditions ? Compte tenu de l’ambiance qui peu à peu se fait jour en France, la question se pose vraiment. Et il n’est pas sûr que les entrepreneurs qui ont eu le mauvais goût de ne pas faire faillite à l’issue de confinement, ni le mauvais goût de ne solliciter aucune aide de la part de l’État, ne soient pas sommés de rendre gorge pour financer les déficits creusés par les autres…

D’immenses besoins en fonds publics…

Que l’État, déjà mal en point avant la crise, comme l’a rappelé la Cour des Comptes cette semaine, sous le coup de la mauvaise gestion macrono-darmanienne, soit désormais aux abois, c’est une évidence. Bien évidemment, les pouvoirs publics vont tenter d’expliquer que la situation est dégradée à cause du seul coronavirus. La vérité est que, même sans la pandémie, la France aurait traversé un moment compliqué.

Depuis la pandémie, de partout pleuvent les chiffres encore plus cataclysmiques. On parle d’un plan à 150 milliards € pour sauver l’économie, ce qui est probablement sous-estimé. Le nombre de salariés en chômage partiel dépasse avec les 11 millions. Le PIB devrait reculer d’au moins 8% en fin d’année.

À  ce stade, tous ces éléments sont évidemment très spéculatifs, puisque personne ne sait au juste comme se passera le déconfinement, ni quels événements le suivront.

Mais une chose est claire : l’État aura besoin d’argent pour financer ses immenses dépenses. Et l’on connaît le réflexe français en cas de situation difficile : imposer les entreprises pour renflouer les comptes de la solidarité, selon une logique qui a fait fuir tant d’entrepreneurs depuis des années.

Les entreprises survivantes devront sans doute payer pour les salariés

Alors que les salariés bénéficient d’environ 50 milliards d’intervention au titre du chômage partiel, il se trouve encore des voix pour expliquer qu’ils sont les grands laissés-pour-compte de la société capitaliste et qu’il faut faire rendre gorge aux entreprises pour aider encore et encore des salariés pour l’instant épargnés par les grandes vagues de licenciement. On pense ici aux propos de Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, qui réclamait la semaine dernière un impôt exceptionnel sur les sociétés épargnées par la crise.

Le slogan est facile, car il repose sur l’idée très complotiste d’une cagnotte que quelques accapareurs cacheraient. Il suffirait d’aller prélever dans la cagnotte pour régler tous les problèmes d’un coup de baguette magique. On le sait, Laurent Berger adore donner des leçons anti-populistes, mais il ne fait rien d’autre que du complotisme populiste lorsqu’il fait planer l’idée que des entrepreneurs auraient clandestinement tiré profit de la crise qui sévit.

Chacun connaît la popularité de ce genre d’idées en France et on ne dévoile aucun secret en révélant que la probabilité qu’un impôt de ce type ne soit décidé à l’automne ne se réalise.

Il faut donc bien réfléchir : les efforts d’aujourd’hui seront probablement consumés dans un impôt demain, qui servira à préserver le confort de salariés très épargnés par la crise à ce stade.

Les dangers de la reprise après le confinement

À ce spectre de la taxation maximale, il faut ajouter les aléas d’une reprise très incertaine. Pour l’instant, le gouvernement n’a annoncé aucune mesure fiscale favorable aux entreprises, en dehors de reports de charges sociales. Mais report ne signifie pas annulation. En l’état, les entreprises continueront donc à payer plein pot.

Celles qui se relanceront après le 11 mai devront affronter les aléas d’une consommation dont personne ne peut préjuger du rebond. Si les choses se passent bien, si les Français recommencent à consommer, tout ira bien. Mais si une période de vache maigre commence, ce qui est plus que plausible, il faudra continuer à amortir des frais et des charges fixes avec des chiffres d’affaire fortement amputés.

Dans ces moments, le cash burning risque d’être intense, et les entrepreneurs risquent d’être contraints à cesser leur activité dans des conditions dégradées. Quant à ceux qui sont déjà en difficulté, inutile de dire qu’assumer une reprise avec autant de handicaps relève de la très haute voltige.

Arrêter son activité, un choix raisonnable

Il peut donc être tout à fait réaliste de sauver les meubles, de partir dans les moins mauvaises conditions possibles à l’occasion du déconfinement, plutôt que de risquer sa trésorerie dans une reprise très incertaine, dont tout indique qu’elle se terminera par un impôt très lourd, quoi qu’il arrive. Ceux qui consentent à d’importants efforts depuis de nombreuses années pour préparer leur retraite peuvent à bon droit  protéger leur patrimoine des stratégies prédatrices de l’État qui serviront essentiellement à protéger l’emploi de fonctionnaires qui ont failli durant la crise.

Selon nos prévisions, c’est à la fin de l’été que les nouveaux impôts seront adoptés, peut-être à effet immédiat pour éviter une banqueroute publique. Les entrepreneurs disposent donc d’un temps utile de trois mois pour arrêter les frais, et profiter un peu de leur patrimoine chèrement acquis (et chèrement taxé) avant un retour dans les affaires.

L’enjeu consiste donc à préparer cette transition dans de bonnes conditions pour limiter au maximum les dégâts.

Examiner toutes les solutions, même la délocalisation

Pour mener cette opération à bien de façon intelligente, nous recommandons de prendre le temps et surtout de se faire accompagner. Sur ce point, il serait intéressant de recueillir vos témoignages.

Mais le Graal consiste bien entendu à transformer son patrimoine professionnel en patrimoine personnel sans être lourdement fiscalisé. Il me semble que plusieurs solutions existent. Je serais curieux de connaître vos positions sur ce point et d’échanger avec vous.

Une seule certitude ressort de tout cela : la période dans laquelle nous entrons est à haut risque, et rien n’exclut que ceux qui n’ont pas été ruinés par la crise ne soient ruinés par l’État dans les mois qui viennent.


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