Pourquoi il faut soutenir la destitution de Macron, même si on est libertarien !

Pourquoi il faut soutenir la destitution de Macron, même si on est libertarien !


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Le bureau de l’Assemblée Nationale, composé majoritairement de représentants du nouveau Front Populaire, vient de décider de lancer la procédure de destitution d’Emmanuel Macron. Officiellement, seuls les Insoumis devraient soutenir cette démarche, qui donnera néanmoins l’occasion de nourrir un débat public sur les manquements du Président de la République. Nous avons bien compris que de nombreux normies sont allergiques à ce principe. Mais, sur le fond, Macron l’a bien cherché, quand même ! L’irresponsabilité du Président, ça suffit…

↪ le Bureau de l'Assemblée Nationale a décidé d'inscrire la destitution d'Emmanuel Macron à l'ordre du jour de l'Assemblée
↪ selon toute vraisemblance, cette inscription servira surtout à ouvrir un débat, mais ne devrait pas aboutir (il faut toutefois ici se garder de déclarations trop triomphalistes sur le sujet...)
↪ cette procédure remettra en cause le dogme de la toute-puissance irresponsable du Président inscrit dans la Constitution...

Pour Emmanuel Macron, les mauvaises nouvelles commencent à pleuvoir. On peut ici rappeler les déconvenues qui s’accumulent pour lui depuis plusieurs mois :

  • le dérapage budgétaire de 2023 a fortement entaché la crédibilité européenne de la France, en grande partie parce qu’il n’a été découvert et assumé qu’en février 2024
  • les élections européennes se sont soldées par une déculottée fondamentale pour la majorité présidentielle
  • les élections législatives décidées brutalement par une dissolution hasardeuse ont failli tourner à la débâcle
  • le Président a refusé d’en tirer les conséquences en procrastinant interminablement sur le choix d’un Premier Ministre
  • le Premier Ministre finalement choisi au sein du parti qui a réalisé le moins bon score aux législatives éprouve de grandes difficultés à constituer son gouvernement
  • pendant ce temps, la situation des finances publiques non seulement se dégrade à vue d’oeil, mais frôle l’accident industriel si l’on songe au budget 2025…
  • la France est désormais écartée du jeu au niveau international (ni l’Ukraine ni Israël ni le Liban ne sollicitent plus une France qui a également perdu son influence historique en Afrique), mais aussi européen (la mise à l’écart de Thierry Breton par Ursula von der Leyen en est le signe le plus récent et le plus frappant)

Cette fin de règne ne manque pas d’inquiéter, et cette déchéance tient largement aux manquements personnels d’Emmanuel Macron.

S’agissant des finances publiques, il paraît évident (alors même qu’il est inspecteur général des Finances) qu’il a délibérément refusé toutes les propositions de Bruno Le Maire pour reprendre en mains le déficit galopant. Il s’est replié sur une réforme des retraites passée aux forceps, mal préparée, mal expliquée, qui a clivé l’opinion et qui lui revient en boomerang.

Surtout, ses pulsions autoritaires l’ont conduit à fouler largement au pied la Constitution à de nombreuses reprises, sur des sujets cruciaux :

  • dans l’affaire ukrainienne, il n’a pas soumis à la ratification de l’Assemblée Nationale le traité de coopération qu’il a anticonstitutionnellement négocié dans son coin, comme nous l’avait rappelé Jacques Myard à l’époque
  • selon toute vraisemblance, Macron n’a pas respecté les consultations obligatoires au moment de la dissolution de l’Assemblée Nationale
  • la décision de nommer un Premier Ministre issu du groupe le plus restreint de l’Assemblée constitue un évident déni de démocratie

La France traverse une grave crise de gouvernance, qui est essentiellement due aux manquements personnels du Président de la République. Il est assez cohérent que ces manquements soient sanctionnés comme la Constitution le prévoit.

Sur le fond, la procédure de destitution ne devrait pas aboutir juridiquement, dans la mesure où elle demande un soutien très large de l’Assemblée, qui n’existe pas aujourd’hui. Mais, en soi, l’ouverture d’un débat public sur la question est une sanction forte contre le Président. Ce débat affaiblira encore un peu plus un Président dont les errements justifieraient une démission en bonne et due forme.

Sinon, le pays court à la ruine et à la dévastation.


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