Perte abyssale de Softbank en bourse, son PDG Masayoshi Son fait son mea culpa

Perte abyssale de Softbank en bourse, son PDG Masayoshi Son fait son mea culpa


Partager cet article

L’entreprise japonaise Softbank a enregistré une perte record de 26,2 milliards de dollars au cours de ce second trimestre fiscal, suite à la chute phénoménale de la valeur de son portefeuille en bourse. Son PDG, Masayoshi Son s’est exprimé sur cette catastrophe subie par le groupe lors d’une conférence de presse qui a eu lieu lundi après-midi. Il a fait un mea culpa tout en évoquant sa décision d’adopter un plan de redressement sérieux.

Le colosse japonais spécialisé dans les investissements technologiques, Softbank, n’a pas pu échapper à la crise de la Tech. Le secteur se trouve dans une situation délicate après deux années fastes. De nombreuses entreprises comme Meta (la maison mère de Facebook, WhatsApp, Instagram, Oculus), Amazon, Netflix,… font actuellement face à de grandes difficultés financières, leur chiffre d’affaires décline. Softbank a   accusé une perte abyssale de près de 23 milliards. Parmi les responsables de ces pertes, de nombreux investissements  qui se sont révélés de très mauvaises affaires, comme Coupang (commerce en ligne en Corée du Sud), SenseTime (société chinoise spécialisée en intelligence artificielle) ou encore l’entreprise américaine DoorDash (livraison de repas à domicile). Sans compter les déboires d’AliBaba, le géant chinois de la distribution qui a enregistré des pertes suite à l’arrestation par le pouvoir chinois de son PDG, Jack Ma. Le groupe a perdu la moitié de sa valeur et Softbank y possédait plus de 20% du capital.

Les causes de cette chute de Softbank

Pour Softbank, les résultats du premier trimestre fiscal ont été catastrophiques. La société a enregistré une perte colossale de 26,2 milliards de dollars au mois de mai. Le PDG Masayochi Son a commenté ces résultats désastreux lors d’une conférence de presse organisée dans l’après-midi de lundi.

La première phrase du milliardaire est : « Le monde est dans une grande confusion ». Il a annoncé que Softbank a enregistré d’énormes pertes avec les investissements liés à ses fonds Vision Fund 1 et 2. Elles sont estimées à plus de 2.800 milliards de yens, soit 20 milliards d’euros. Tout cela serait lié à l’instabilité politique et à l’augmentation des taux d’intérêt, des situations inévitables qui ont concerné tous les marchés.

Son a aussi fait un mea culpa en évoquant son « imprudence » et « diverses erreurs » à l’origine de cet effondrement. Il a déclaré : « Si nous avions été plus sélectifs et avions mieux investi, nous n’aurions pu encaissé ce coup dur ».

Des mesures de redressement drastiques à adopter

Lors de cette conférence de presse, Masayochi Son a annoncé que son groupe va adopter des mesures de redressement drastiques. Il faut citer en premier la réduction d’effectifs au niveau de la branche d’investissement Vision Fund. Notons que Softbank s’est retirée de nombreuses sociétés afin de lever des fonds. Cela lui a valu un gain de 5,6 milliards de dollars. Le groupe japonais a également décidé de céder ses participations dans Uber à un prix d’environ 41,48 dollars par action.

Deux tiers du capital d’un programme de rachat de 1.000 milliards de yens en novembre dernier ont été également utilisés afin de soutenir les actions de la société qui ont connu un effondrement majeur en mars 2021.

Par ailleurs, le PDG de Softbank a indiqué lundi la mise en place d’un programme de rachat d’actions supplémentaire puvant aller jusqu’à 400 milliards de yens. Cela va continuer jusqu’au mois d’août 2023.

Des personnes proches de l’entreprise ont confirmé que Masayochi Son aurait considéré l’option de vendre ses participations dans SoftBank à plusieurs reprises au cours des trois dernières années. Son pourrait choisir de réinscrire SoftBank aux États-Unis pour obtenir une meilleure valorisation pour l’entreprise.

Notons qu’au lendemain de l’annonce des résultats de Softbank, l’action du groupe a chuté. Une perte de plus de 7% a été enregistrée au moment de la clôture de la Bourse.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Libertarisme : la taxe Shein et la présomption fatale de nos élites

Libertarisme : la taxe Shein et la présomption fatale de nos élites

L'aéroport de Vatry, dans la Marne, fonctionnait à 90% grâce à Shein. La mise en place d'une taxe sur les petits colis devrait provoquer sa fermeture prochaine et la disparition de 1.400 emplois. La présomption fatale de nos députés qui se croient capables de gérer le pays en imposant des règles contre l'ordre spontané du marché a encore frappé... pour le plus grand bénéfice de l'aéroport de Liège. On se souvient de la campagne véhémente contre Shein, contre son rayon au BHV, et contre sa préte


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Jack Lang, l’homme qui ne payait jamais

Jack Lang, l’homme qui ne payait jamais

Alors que l'affaire Epstein continue d'alourdir son casier réputationnel, Jack Lang se retrouve rattrapé par une autre controverse, celle d'un homme de pouvoir qui n'a jamais sorti son portefeuille. Des témoignages concordants, remontant jusqu'aux années 1970, dressent le portrait d’un homme qui ne sort jamais son portefeuille, même pour un café ou un taxi. Depuis la publication des documents affirmant ses liens à l’affaire Epstein qui l’a poussé à quitter l’Institut du monde arabe (IMA), Jack


Rédaction

Rédaction

Sondages 2027 : Bardella favori , vague irrésistible ou illusion statistique ?

Sondages 2027 : Bardella favori , vague irrésistible ou illusion statistique ?

À douze mois de l’élection présidentielle, un homme fait trembler le système : Jordan Bardella, crédité de 34 à 38 % des voix. Un niveau jamais vu à ce stade par les futurs présidents Mitterrand ou Sarkozy. En tête dans toutes les enquêtes, le patron du RN semble intouchable. Mais à un an du scrutin, pour les observateurs, ces chiffres traduisent davantage une colère électorale qu’une victoire acquise. À un an de la présidentielle de 2027, Jordan Bardella domine les sondages avec 34 à 38 % des


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Face à la concurrence chinoise, Renault se déleste de 2 000 ingénieurs

Face à la concurrence chinoise, Renault se déleste de 2 000 ingénieurs

Le constructeur au losange va réduire de 15 à 20 % ses effectifs d’ingénierie mondiale, soit 2 000 postes en moins. Décision actée mardi par François Provost dans le cadre du plan stratégique FutuReady. Alors que la conception reste en France, Renault externalise une partie croissante de son intelligence technique vers des pays à moindre coût. Officiellement pour "rester compétitif face à la Chine", ce choix révèle surtout les faiblesses structurelles et réglementaires imposées par l'UE. Renaul


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany