Passe sanitaire, passe vaccinal, ou l’émergence d’un fascisme bourgeois ordinaire

Passe sanitaire, passe vaccinal, ou l’émergence d’un fascisme bourgeois ordinaire


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Partout, il est question de faire barrage au fascisme incarné par Marine Le Pen. Mais ceux qui lancent ces appels sont-ils eux-mêmes exemplaires en matière de démocratie ? C’est l’occasion de rappeler que tout ce petit monde bien pensant n’a pas eu de problème pendant deux ans, avec une politique liberticide déployée pour des raisons sanitaires, qui se sont achevées dans un passe sanitaire, puis un passe vaccinal, absolument discriminant. Nous avons assisté à l’émergence d’un fascisme bourgeois ordinaire, débarrassé des flons-flons lugubres du national-socialisme, mais procédant de la même essence totalitaire.

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Le barrage au fascisme est sur toutes les lèvres de l’hégémonie culturelle. Coup sur coup, nous avons dû encaisser la tribune des personnalités du sport, puis la tribune des 500 artistes, puis la tribune des 1.000 soignants, qui appellent tous à faire barrage au Rassemblement National, requalifié d’extrême-droite.

Mais où étaient tous ces donneurs de leçons quand Macron déclamait, en tant que Président de la République, son intention « d’emmerder les non-vaccinés », qui, selon lui, n’étaient plus vraiment des citoyens ?

Je reviendrai demain sur la tribune des non-vaccinés qui vaut tout particulièrement son pesant de cacahuètes.

D’ici là, il faut marteler en quoi le passe sanitaire et le passe vaccinal ont marqué l’émergence d’un fascisme bourgeois ordinaire, qui disqualifie désormais tout appel à faire barrage à l’extrême-droite dans la bouche de ceux qui ont consenti à la dictature sanitaire.

En quoi le passe sanitaire est-il une marque de fascisme ?

Pour beaucoup, et de manière galvaudée, le fascisme, c’est la Shoah et les SS.

Cette vision est fausse. Le fascisme fut inventé par Mussolini, en Italie, après la Première Guerre Mondiale. Le régime n’a pas pratiqué l’antisémitisme (en tout cas pas à ses débuts) et l’Italie n’a pas compté un seul camp de concentration.

En revanche, Mussolini a pratiqué des éléments de politique que l’on retrouve dans le passe sanitaire (ce qui explique en partie l’appétence de certains Italiens pour cette résurgence d’un Etat fort) : d’une part (et c’est fondamental), le passe sanitaire appelle à faire le sacrifice des individus dans l’intérêt du groupe, d’autre part, il dégrade les droits de la minorité qui refuse la politique gouvernementale.

C’est bien la logique fondamentale du passe sanitaire que l’on retrouve ici, proche de la logique d’apartheid : l’Etat compte deux groupes, l’un doté de tous ses droits, l’autre aux droits (fortement) minorés.

On connaît le sophisme sanitaire qui justifie cette rupture dans l’Etat de droit : les non-vaccinés seraient beaucoup plus malades et beaucoup plus contagieux que les vaccinés, affirmation dont les statistiques montrent l’inanité. Mais ce mensonge-là aussi procède de l’idéologie fasciste : diaboliser les minorités fait partie du mode opératoire totalitaire.

Le nazisme l’a pratiqué sur les Juifs, les homosexuels et quelques autres, Mussolini l’a pratiqué sur les homosexuels et les communistes, Vichy l’a pratiqué sur les Juifs et les francs-maçons. Macron l’a pratiqué sur les non-vaccinés.

Un fascisme bourgeois ordinaire

Bien entendu, le fascisme dont il est question ici n’est pas celui du Dictateur de Charlot, en uniforme brun, avec un brassard à forme runique, prêt à déclarer la guerre à la planète entière pour assouvir ses pulsions meurtrières.

C’est d’un fascisme beaucoup plus ordinaire dont il s’agit. On parle dans ces lignes d’un fascisme bourgeois, celui de la caste des bien-pensants qui vit pétrie de certitudes, à l’abri des beaux quartiers, dans les grandes villes, qui n’a pas de problème pour finir le mois, et qui ne comprend pas qu’on ne partage pas sa vision du monde.

C’est le fascisme larvé, présentable, pour ainsi dire honorable, de tous ceux qui, cet hiver, ont appelé sans vergogne à affamer les non-vaccinés pour les forcer à accepter le vaccin.

On retrouve en lui les deux pulsions caractéristiques du fascisme : d’une part, sacrifier certains membres du groupe (en particulier les jeunes victimes des effets secondaires) n’est pas un problème dès lors que ce sacrifice est réputé servir le groupe, d’autre part diffamer, haïr les non-vaccinés sous prétexte qu’ils ne se soumettent pas au groupe…

Ce fascisme bourgeois fut, en son temps, celui de Vichy… celui qui a fermé les yeux sur le statut des Juifs, et qui préférait baisser le regard quand les trains de déportés partaient pour Auschwitz.

L’ironie de l’Histoire joue des tours

L’Histoire est ironique.

Parmi tous ceux qui ont soutenu le passe sanitaire comme une mesure proportionnée et intelligente, dixit Emmanuel Macron, combien dénoncent aujourd’hui les dangers de l’extrême-droite ?

Beaucoup, beaucoup…

Beaucoup nous expliquent que Marine Le Pen, c’est le retour de Vichy. Mais le vrai Vichy, c’est le passe sanitaire.

Là encore, il faut une sacrée capacité au déni, si caractéristique de la bourgeoisie mondialiste, pour oser dénoncer la paille des autres, sans voir sa propre poutre. Car le fascisme présumé de Marine Le Pen, ce serait la nostalgie de Vichy.

Mais l’oppression, la perte totalitaire des droits due au passe sanitaire, qui n’est qu’un début, elle n’est pas un souvenir de 1940. Elle se produit aujourd’hui, dans l’indifférence de ceux qui, en 1940, faisaient semblant de ne pas voir, et parfois justifiaient la persécution des Juifs et des francs-maçons.

Au fond, c’est un fascisme pharisien qui a pris le pouvoir. Doté d’une crédibilité nulle.

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