Manifestante blessée à Nice: une nouvelle épine dans le pied de Macron


Partager cet article

La semaine dernière, une manifestante de 73 ans était blessée à Nice lors d’une charge de la police qui dispersait les « Gilets Jaunes ». Cet événement malheureux donne lieu à une gestion désastreuse par le pouvoir exécutif et pourrait rapidement devenir une nouvelle épine dans le pied d’Emmanuel Macron. Voire devenir une douloureuse affaire d’État qui coupera un peu plus le lien déjà mal en point entre le gouvernement et les citoyens.

Les images de Geneviève Legay, militante altermondialiste de 73 ans victime d’une fracture du crâne lors d’une charge de la police à Nice ne sont plus à présenter. Elles ont circulé de façon virale sur Internet.

Dans une interview à Nice-Matin, Emmanuel Macron lui avait donné une leçon de morale:

Quand on est fragile, qu’on peut se faire bousculer, on ne se rend pas dans des lieux qui sont définis comme interdits et on ne se met pas dans des situations comme celle-ci

Ce manque d’empathie pour les femmes âgées, peu habituel chez Emmanuel Macron, n’est pas passé inaperçu.

Comme d’habitude, le Parquet s’est empressé de disculper la police:

Selon le procureur qui « exclut qu’elle était en train de courir » et soit tombée seule, il y avait derrière elle trois personnes, « un journaliste qui filmait, une autre manifestante et une autre personne à la casquette marron ». « On ne voit pas qui la pousse », mais « elle n’a pas été touchée par les forces de sécurité », a-t-il assuré.

Ce procureur zélé a fini par concéder sa légère interprétation des faits.

Un fonctionnaire de police isolé et dépourvu de bouclier avait écarté du bras vers sa droite [Geneviève] Legay, provoquant ainsi la chute de cette dernière, a précisé Jean-Michel Prêtre. Ce policier qui avait déjà été entendu en début de semaine dans le cadre de l’enquête a rectifié ce [vendredi] matin son témoignage en admettant que la personne qu’il avait écartée de son chemin n’était pas un homme comme il l’avait déclaré initialement.

Tiens! cette fois-ci, la version qui est proposée n’est plus: les policiers n’y sont pour rien, mais devient « c’est une faute détachable du service ».

Pas de chance pour le pouvoir en place, l’avocat du policier a fourbi ses armes.

“Mon client tient (…) à exprimer ses plus sincères regrets quant aux conséquences de l’intervention des services de police causées sur la personne de Madame Geneviève Legay et aux blessures qu’elle a subies à cette occasion”, a déclaré l’avocat du policier, Me Adrien Verrier.

“Il tient cependant à rappeler qu’il n’a agi que dans le strict respect des ordres donnés par sa hiérarchie, lesquels s’inscrivaient dans le cadre d’un rassemblement illégal, après trois sommations faites aux manifestants d’avoir à se disperser, qui leur ont clairement été exprimées et auxquelles ils n’ont pas déféré.”

“La charge policière qui s’en est suivie s’est déroulée très rapidement et mon client n’a pas utilisé d’arme”, a ajouté l’avocat.

Traduction: la responsabilité des blessures revient à la hiérarchie, pas au policier lui-même qui a statutairement droit à la protection juridique de l’employeur. Castaner va donc devoir assumer les faits. Et on se demande par avance comment les policiers réagiront si leur ministre ne les couvre pas. Comme on se demande comment l’opinion réagira lorsque le ministre de l’Intérieur assumera les violences policières sur des septuagénaires.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Le vote à l’Assemblée sur la constitutionalisation de l’IVG a divisé les partis de droite
30.05.1968, manifestation de soutien au général de Gaulle.

Le vote à l’Assemblée sur la constitutionalisation de l’IVG a divisé les partis de droite

Le débat sur la constitutionalisation de l'IVG a profondément divisé les partis de droite, Rassemblement National et Républicains à l'Assemblée. Emmanuel Macron peut se réjouir: il a une fois de plus montré qu'il n'avait pas d'adversaire idéologiquement constitué; il a divisé les deux groupes d'opposition de droite; il a tendu un piège, qui a fonctionné, à Marine Le Pen. Cependant le résultat du vote montre qu'être de  droite, c'est précisément ne pas accepter, comme force politique, les diktats


CDS

CDS

« Haro sur l’extrême-droite »: cette comédie politique déconnectée
30.05.1968, manifestation de soutien au général de Gaulle.

« Haro sur l’extrême-droite »: cette comédie politique déconnectée

"Haro sur l'extrême-droite" est un spectacle qui est bien parti pour rattraper "La Cantatrice Chauve" de Ionesco jouée sans interruption à Paris, au théâtre de la Huchette depuis 1957. En l'occurrence, nous avons affaire à une (mauvaise) comédie politique, jouée sans interruption depuis  le 13 février 1984, jour où Jean-Marie Le Pen était l'invité de L'Heure de Vérité, la célèbre émission politique de l'époque.  Depuis lors, nous avons affaire à un feuilleton ininterrompu d'épisodes, dont l'anal


CDS

CDS

Trump tremble : la France envoie quinze soldats au Groenland ! par Veerle Daens

Trump tremble : la France envoie quinze soldats au Groenland ! par Veerle Daens

Mesdames, Messieurs, rangez vos abris anti-atomiques et cessez de trembler pour l’avenir de l’Occident. L’Élysée vient de sortir l’artillerie lourde. Non, ce n'est pas le Charles-de-Gaulle (il est sans doute encore en maintenance), ni une cyber-attaque dévastatrice contre Mar-a-Lago. Non, la France, dans un élan de bravoure qui rappelle les plus belles heures de la déconnexion étatique, a décidé d'envoyer quinze soldats au Groenland. Oui, vous avez bien lu. Quinze. Une équipe de foot à la


CDS

CDS

Trump a-t-il vraiment peur de frapper le régime iranien? par Thibault de Varenne

Trump a-t-il vraiment peur de frapper le régime iranien? par Thibault de Varenne

En ce milieu de janvier 2026, alors que les rues de Téhéran, d'Ispahan et de Tabriz grondent d'une colère que la répression ne parvient plus tout à fait à étouffer, une question obsède les chancelleries occidentales et les observateurs du Moyen-Orient. Donald Trump, le président qui promettait le feu et la fureur, celui qui tweetait il y a quelques jours encore que « l'aide arrive » pour les patriotes iraniens, semble étrangement retenu. Pourquoi les divisions blindées américaines ne roulent-el


Rédaction

Rédaction

La "citadelle des Intouchables" : vous devrez bientôt payer les avocats des énarques margoulins, par Veerle Daens

La "citadelle des Intouchables" : vous devrez bientôt payer les avocats des énarques margoulins, par Veerle Daens

Chers contribuables, chers « administrés » — ou devrais-je dire, chers sujets de l’expérience fiscale permanente —, réjouissez-vous ! Alors que vous comptez vos sous pour boucler un mois de janvier interminable, que vous vous débattez dans la jungle des normes que ces mêmes génies produisent à la chaîne, une grande nouvelle vient de tomber. Une nouvelle qui réchauffe le cœur… de ceux qui ne craignent jamais le froid. Il semblerait que nos hauts fonctionnaires, ces vaillants capitaines qui pilot


CDS

CDS

Banque centrale américaine: Trump piétine,  Powell résiste

Banque centrale américaine: Trump piétine, Powell résiste

L’affrontement est désormais frontal. Dimanche 11 janvier, Jerome Powell, président de la Réserve fédérale (Fed), a annoncé avoir reçu une citation à comparaître. Ce n'est pas une simple procédure administrative, mais le point d'orgue d'une stratégie de déstabilisation orchestrée par la Maison-Blanche. Donald Trump entend briser l'autonomie de l'institution pour imposer son agenda économique. Aux États-Unis, une confrontation inédite oppose Donald Trump à la Réserve fédérale. En s’attaquant fro


Rédaction

Rédaction