Saisir les biens des complotistes ou des antisionistes, sous couvert de lutte contre les atteintes à la République ? Voilà une possibilité que les lois sur l'entrisme en discussion aujourd'hui prévoient explicitement.

Entre les murs du Palais-Luxembourg et de l’Hôtel de Beauvau, deux visions de la protection républicaine s'affrontent pour neutraliser un ennemi désormais identifié comme "pernicieux" : l’entrisme. Alors que la loi de 2021 sur le séparatisme est jugée insuffisante pour saisir cette menace "sournoise" qui endosse les habits de la République pour mieux en subvertir les codes, deux textes se disputent la primauté de la fermeté.
Le "marteau" pénal de Bruno Retailleau
Le 5 mai 2026, le Sénat a franchi une étape majeure en adoptant la proposition de loi (PPL) de Bruno Retailleau. Ici, la doctrine est claire : c’est une réponse pénale, ciblée et chirurgicale contre ce que l’ancien ministre de l’Intérieur appelle le "frérisme" ou l'islamisme politique.

L’innovation la plus marquante — et la plus débattue — reste la création d’un délit d’atteinte aux principes de la République. Travailler de concert au sein d'une organisation pour l'amener à des pratiques contraires à la loi dans le but de porter atteinte à la cohésion nationale pourrait désormais coûter 5 ans de prison et 75 000 euros d'amende. C’est un saut juridique : on ne punit plus seulement un acte, mais une intention collective de subversion idéologique.

Le "scalpel" administratif de Laurent Nuñez
Face à cette offensive sénatoriale, le gouvernement n’est pas resté inerte. Laurent Nuñez, l’actuel locataire de Beauvau, propose une approche dite "universaliste", refusant de nommer une seule religion pour viser toutes les radicalités : ultradroite, ingérences étrangères et séparatismes de tous poils.
