Hantavirus : vers une nouvelle orchestration de la peur ...

Hantavirus : vers une nouvelle orchestration de la peur ...


Partager cet article

Le patient zéro a désormais un nom : Leo Schilperoord, 70 ans, ornithologue néerlandais reconnu dans les milieux spécialisés. Embarqué le 1er avril à Ushuaia avec son épouse Mirjam à bord du MV Hondius, il présente ses premiers symptômes le 6 avril avant de mourir cinq jours plus tard en mer. Son épouse décède à son tour le 26 avril en Afrique du Sud. L’infection à l’hantavirus sera confirmée officiellement le 4 mai. L’affaire, relayée par le New York Post via les avis de décès locaux est tragique, mais la façon dont le récit s'emballe mérite qu'on lève la tête du guidon.

Un couple de retraités néerlandais passionnés d’ornithologie a succombé à l’hantavirus après une croisière en Antarctique. Le patient zéro, Leo Schilperoord, 70 ans, est mort le 11 avril à bord du MV Hondius. Son épouse Mirjam l’a suivi le 26 avril. L’origine probable ? Une visite dans une décharge d’Ushuaia, en Argentine, fréquentée par les rongeurs porteurs du virus.

Une contamination probable dans une déchetterie d’Ushuaia


Le couple, originaire de Haulerwijk aux Pays-Bas, effectuait un périple ornithologique de cinq mois entre Argentine, Chili et Uruguay. Selon plusieurs éléments relayés par la presse anglo-saxonne, ils auraient visité une décharge proche d’Ushuaia pour observer le Caracara à gorge blanche, une espèce rare très recherchée des passionnés d’oiseaux.

‘Patient Zero’ in deadly hantavirus cruise ship outbreak was Dutch ornithologist Leo Schilperoord
Patient zero in the cruise ship hantavirus outbreak has been identified as ornithologist Leo Schilperoord, whose passion may have cost him his life.

Ces amas de déchets attirent également des populations massives de rongeurs, principaux vecteurs de l’hantavirus. Le site, selon le New York Post qui a épluché leurs avis de décès dans la presse locale, est réputé infesté de rongeurs vecteurs classiques de l'hantavirus. Le site serait d’ailleurs « évité comme la peste » par les habitants locaux.

Aidez le Courrier des STRATÈGES À proposer une autre vision du monde

Vous aimez retrouver sur le Courrier une vision du monde introuvable ailleurs ? Vous pouvez nous aider sans vous abonner...

J'offre un cadeau de soutien au Courrier !
Faut-il avoir peur de l’hantavirus? Le point, par Elise Rochefort
Elise Rochefort fait un point rapide sur le développement de l’hantavirus... dont le taux de létalité est important. L’incident survenu à bord du navire d’expédition MV Hondius représente la première éclosion majeure de hantavirus documentée dans l’industrie de la croisière. * Bilan actuel : 7 cas identifiés (2 confirmés par PCR, 5

Le couple embarque sur le MV Hondius le 1er avril. Leo signale fièvre, céphalées et diarrhée le 6 avril. Il décède le 11. Mirjam, symptomatique à son tour, est débarquée à Sainte-Hélène le 24 avril, évacuée vers Johannesburg, refoulée d'un vol vers Amsterdam pour raison médicale, et décède le 26 avril. Confirmation de l'hantavirus : 4 mai.

Ce que les faits disent et ce qu'ils ne disent pas


L'hantavirus n'est pas nouveau, ni particulièrement mystérieux. Il ne se transmet pas entre humains c'est là son différence fondamentale avec un pathogène pandémique.

Premier décret instaurant une quarantaine anti-hantavirus, par Elise Rochefort
La situation sur le front de l’hantavirus évolue très vite, avec un élargissement de la surveillance à deux vols venant d’Afrique du Sud... Aidez le Courrier des STRATÈGES À proposer une autre vision du monde Vous aimez retrouver sur le Courrier une vision du monde introuvable ailleurs ? Vous pouvez nous

L’hantavirus se transmet principalement via les excréments, l’urine ou la salive de rongeurs contaminés. En Patagonie, certaines souches provoquent un syndrome pulmonaire particulièrement létal.

Aucun autre passager du MV Hondius n'a, à ce stade, développé la maladie. Le risque de propagation en chaîne est donc structurellement limité.

Une épidémie d’hantavirus est-elle nécessaire au développement de son vaccin ?
En mai 2026, l’éclosion de hantavirus à bord du navire MV Hondius a jeté une lumière crue sur un système de financement vaccinal paradoxal : celui-ci ne se déverrouille vraiment qu’une fois l’épidémie “réalisée”. Cette chronique explore un dilemme rarement formulé explicitement dans le débat public, mais qui structure silencieusement nos

Pour autant, le MV Hondius, spécialisé dans les croisières d’expédition polaire haut de gamme, transporte régulièrement des touristes internationaux vers des zones reculées. Cette affaire met en lumière une réalité peu évoquée : ces voyages mêlant écotourisme, exploration scientifique amateur et déplacements transcontinentaux créent des chaînes de circulation sanitaire complexes.

Le parcours du couple illustre cette mondialisation extrême des risques : contamination supposée en Argentine, décès en Atlantique Sud, transit médical à Sainte-Hélène puis Johannesburg, avant tentative de retour vers les Pays-Bas. En quelques jours, plusieurs juridictions sanitaires et compagnies de transport ont été impliquées.

Dans tous les cas, la mort tragique de deux passionnés rappelle une vérité simple : la nature reste dangereuse, mais les réponses politiques et médiatiques le sont souvent davantage. La vigilance sanitaire individuelle vaut mieux que la panique collective orchestrée. La vraie question n'est pas "y a-t-il un virus ?" mais "qui a intérêt à ce que vous en ayez peur ?


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Après la condamnation d'Aberkane, l'errance de la dissidence...

Après la condamnation d'Aberkane, l'errance de la dissidence...

Nous assistons aujourd'hui à une accélération phénoménale de la pression systémique sur ceux qui osent sortir du rang. L’actualité nous offre un cas d’école avec la condamnation récente d’Idriss Aberkane en Suisse. Au-delà de la figure médiatique que tout le monde connaît, ce verdict pose une question centrale pour notre liberté : comment rester souverain dans un monde qui cherche à vous imposer une mort sociale dès que vous déviez de la doxa? Le couperet de Neuchâtel : 24 mois pour une "gest


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Le Figaro embarrassé par un “schnouf gate”
Photo by Colin Davis / Unsplash

Le Figaro embarrassé par un “schnouf gate”

Alors que le quotidien multiplie les éditoriaux sur l’insécurité et la lutte antidrogue, plusieurs journalistes du Le Figaro seraient soupçonnés d’avoir consommé de la cocaïne lors d’une soirée organisée au siège du journal, fin mars. Une affaire que la direction tente manifestement d’étouffer, selon les révélations du Le Canard enchaîné. Le 26 mars dernier, sur la terrasse du siège du Figaro dans le IXe arrondissement, trois jeunes journalistes web fêtaient leur titularisation. Selon Le Canard


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Rillieux-la-Pape : un maire expulse les invités d'un mariage après un cortège hors-la-loi

Rillieux-la-Pape : un maire expulse les invités d'un mariage après un cortège hors-la-loi

À Rillieux-la-Pape, dans le Rhône, un cortège de mariage s’est transformé en rodéo urbain samedi 9 mai dernier, contraignant le maire Alexandre Vincendet à exclure les invités de la cérémonie. Malgré une charte de bonne conduite signée quelques jours plus tôt par les mariés, plusieurs véhicules ont multiplié les infractions au code de la route. Résultat : une dizaine de personnes seulement ont pu assister à l'union. Le reste des invités a été reconduit hors commune. Le samedi 9 mai, à Rillieux-


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

L'école française est-elle si laxiste ? Un point de vue américain

L'école française est-elle si laxiste ? Un point de vue américain

Pour de nombreux expatriés américains installés en France, le premier véritable choc culturel n’est ni l’administration, ni la fiscalité, mais l’école. Discipline collective, autorité des enseignants, refus de l’hyper-individualisation et obsession du « cadre » : le système éducatif français apparaît comme l’exact opposé du modèle anglo-saxon plutôt centré sur l’enfant-roi. Une différence qui révèle deux visions irréconciliables de la société. Dès l’âge de trois ans, l’école devient obligatoire


Rédaction

Rédaction