À Rillieux-la-Pape, dans le Rhône, un cortège de mariage s’est transformé en rodéo urbain samedi 9 mai dernier, contraignant le maire Alexandre Vincendet à exclure les invités de la cérémonie. Malgré une charte de bonne conduite signée quelques jours plus tôt par les mariés, plusieurs véhicules ont multiplié les infractions au code de la route. Résultat : une dizaine de personnes seulement ont pu assister à l'union. Le reste des invités a été reconduit hors commune.

Le samedi 9 mai, à Rillieux-la-Pape, une commune de la ville de Lyon, le maire a décidé de bannir les invités d’un mariage à cause de leurs « comportements inadaptés sur la route ». La cérémonie s’est déroulée en très petit comité.
Une fête sans les invités, un avertissement ignoré, des règles bafouées
Aux alentours de 13 heures, la police municipale alerte Aurélien Vincendet, maire Horizons de la ville, sur les "comportements inadaptés" de plusieurs véhicules du convoi nuptial. Verbalisations, avertissements, intervention des agents : l'espace public s'est transformé en terrain de démonstration automobile, selon Le Progrès qui rapporte l'incident. Un premier avertissement est lancé.

En vain. Plusieurs invités sont verbalisés. Face à cette situation, le maire annonce d’abord l’annulation pure et simple, avant d’accepter de maintenir la cérémonie à condition qu’elle se déroule sans le gros des invités, renvoyés directement sur le lieu de réception hors commune. Seuls le couple, leurs parents respectifs et leurs témoins ont été présents.
Vous aimez retrouver sur le Courrier une vision du monde introuvable ailleurs ? Vous pouvez nous aider sans vous abonner...

La mairie rappelle que le couple avait signé, mardi précédent, une charte engageant tous les participants au calme. « Un mariage, c’est un jour de fête, mais on se doit de respecter le code de la route », a justifié Alexandre Vincendet, soulignant que d’autres unions s’étaient déroulées sans incident ce même jour.
Derrière les incivilités, le recul de l’autorité publique
On peut saluer la fermeté du maire, c'est suffisamment rare pour être noté. Mais la vraie question est ailleurs. Pourquoi faut-il désormais une charte de bonne conduite pour encadrer un cortège nuptial dans une commune française ? Ces débordements klaxons incessants, conduites dangereuses, occupation agressive de la voie publique ... coûtent implicitent aux contribuables : mobilisation de la police municipale, risque de recours contentieux...

Au-delà de l’anecdote, cet incident révèle la fragilité de l’autorité publique face à des pratiques importées qui testent en permanence les limites de la tolérance. Le mariage républicain, acte civil sobre et solennel, n'a jamais prévu dans ses textes fondateurs de clause "rodéo urbain". Quand l'administration doit se blinder juridiquement contre ses propres administrés pour célébrer une union, c'est que quelque chose, dans le pacte civique, s'est sérieusement effiloché.

Par ailleurs, le mariage civil doit être célébré publiquement pour sa validité. Reporter la date constituait une option légale ; exiger la « stricte intimité » pose une question de forme.

