L’UE n’arrive pas à se mettre d’accord sur les sanctions à imposer à la Russie

L’UE n’arrive pas à se mettre d’accord sur les sanctions à imposer à la Russie


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Ce jeudi 24 février le Conseil européen organisait en urgence une réunion extraordinaire à 20h afin de décider de la réponse commune à apporter à l’action militaire ordonnée par Vladimir Poutine en Ukraine. Pour l’instant, le Comité des ministres se contente de condamner avec la plus grande fermeté l’agression armée par la Russie en violation avec le droit international et programme une nouvelle réunion le 25 février à 15h. Il faut dire que la Russie est plus préparée qu’en 2014 face aux sanctions venant de l’UE.

Sommet UE-Ukraine - Consilium


La réunion de l’UE était précédée d’une réunion en ligne des pays du G7. Les membres de l’OTAN ont quant à eux tenu des consultations en parallèle.

Unanime dans la menace, moins dans la décision

Hier matin, le président Michel, après concertation avec la Présidente de la Commission Ursula von der Leyen, déclare condamner fermement l’action de la Russie en Ukraine et se disait prêt à adopter de lourdes mesures de sanctions en étroite coordination avec nos partenaires transatlantiques en fin de journée.

Après à la décision de reconnaitre les territoires séparatistes de l’est de l’Ukraine, le Conseil avait déjà adopté hier un paquet de sanctions comprenant : un gel des avoirs et une interdiction de mettre des fonds à la disposition d’une liste d’oligarques russes ; une interdiction de l’accès de la Fédération de Russie, de son gouvernement et de sa Banque centrale aux marchés de capitaux de l’UE et le blocage de l’accès à certaines « technologies clés ».

L’UE prépare un deuxième paquet de sanctions, en réponse aux attaques militaires survenues hier,  qui aurait normalement dû être approuvé au plus tard jeudi 24 février et qui pourrait inclure une série de mesures de grande envergure, et viser également la Biélorussie – territoire à partir duquel des chars russes auraient franchi la frontière ukrainienne.

Cependant, les discussions se poursuivront plus tard, faute d’accord. Tous les États membres ne semblent pas unanimes quant à ce que devrait contenir la prochaine panoplie de sanctions.

27 nuances d'intérêts divergents

Désunion images libres de droit, photos de Désunion | Depositphotos

Pour répondre à la sanction du gel des avoirs, que la Russie a déjà expérimenté en mars 2014, elle a rapatrié ses capitaux, elle a imposé à ses banques de sortir leurs avoirs détenus par des banques étrangères et de les ramener dans le territoire russe

Il faut donc frapper plus fort.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, a renouvelé ses appels aux alliés occidentaux pour qu’ils interdisent à la Russie le système de paiement international SWIFT, l’une des sanctions non militaires les plus sévères que l’Occident puisse imposer.

« Je ne serai pas diplomate là-dessus. Tous ceux qui doutent maintenant que la Russie doive être bannie de SWIFT doivent comprendre que le sang d’hommes, de femmes et d’enfants ukrainiens innocents sera également sur leurs mains. INTERDIRE LA RUSSIE DE SWIFT », a déclaré le Ministre ukrainien.

La Chine et la Russie ont mis au point leur propre système SWIFT, sur le long terme, pousser la Russie dans les bras de la Chine n’est pas non plus la meilleure des stratégies …

S’agissant du secteur de l’énergie, le chancelier allemand a décidé, mardi 22 février, de suspendre la procédure de certification du gazoduc controversé Nord Stream 2. De son côté, le PDG de TotalEnergies indique que  le gaz russe n’est pas remplaçable en Europe dans l’immédiat.

Concernant les matières premières, la Russie détient 80% de la production mondiale du Titane – indispensable à la construction d’airbus – et est aussi un grand producteur de nickel – indispensable aux batteries.

Dans une union européenne aux intérêts nationaux divergents, tous ces éléments ne pèseront pas le même poids dans la balance des 27 pays membres. Les discussions reprendront aujourd’hui à 15h.


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