Par Vincent Clairmont
La question m'est posée chaque semaine, et la nervosité d'août lui donne son actualité : un 30 ans américain à 5,33 %, un Trésor qui rachète sa propre dette, un premier discours de Kevin Warsh à Jackson Hole vendredi, et une once autour de 4 650 dollars (Trading Economics, 24/08). Si tout cela finit en krach, l'or protégera-t-il ? La réponse documentée est plus utile que la réponse espérée : non, puis oui — dans cet ordre. Les deux précédents modernes le montrent avec une précision de manuel.
Phase 1 : dans un krach, l'or baisse d'abord
Le mécanisme est connu de tous les gérants et ignoré de presque tous les épargnants : quand les marges sont appelées, on ne vend pas ce qu'on veut vendre, on vend ce qu'on peut vendre. L'or étant l'actif le plus liquide d'un portefeuille en détresse, il sert de guichet. En 2008, l'once est passée d'environ 1 030 dollars en mars à moins de 720 dollars à l'automne — près de 30 % de baisse en pleine crise financière, exactement quand ses détenteurs comptaient sur lui. En mars 2020, rebelote : environ 12 à 15 % perdus en dix séances, pendant que les indices s'effondraient. Ceux qui achètent l'or comme une assurance à déclenchement immédiat découvrent, au pire moment, qu'ils détiennent autre chose : une réserve de valeur à horizon, pas un airbag.
Phase 2 : l'or monte quand la réponse monétaire arrive
Le krach lui-même ne fait pas monter l'or ; c'est ce que les banques centrales