L’internationalisation des affaires intérieures affaiblit un Macron usé

L’internationalisation des affaires intérieures affaiblit un Macron usé


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L’internationalisation des affaires intérieures françaises est flagrante, et inquiétante. D’une part, l’intervention ouverte de leaders politiques italiens dans le mouvement des Gilets Jaunes soulèvent des questions majeures. D’autre part, l’ouverture d’une enquête pour corruption visant Alexandre Benalla dans le dossier de l’oligarque russe ouvre une brèche dans la forteresse élyséenne.

Les dernières heures viennent de témoigner de l’extraordinaire porosité des affaires intérieures françaises à l’activisme international. Entre la brouille franco-italienne due à la réunion du vice-premier ministre italien Luigi di Maio avec des Gilets Jaunes à Montargis, et les soupçons de corruption qui pèsent sur Alexandre Benalla dans le contrat passé avec  un milliardaire russe, le navire macronien semble prendre l’eau des influences extérieures de toutes parts.

L’influence russe à l’Elysée ouvertement interrogée par la justice

Pour le Président de la République, l’ouverture d’une enquête pour corruption visant Alexandre Benalla est une très mauvaise nouvelle. Nous avons synthétisé les grandes révélations de cette semaine dans un papier de mise à jour à lire. Progressivement émerge une affaire d’espionnage, où une faune de barbouzes semble avoir pactisé avec un oligarque russe influent auprès de Poutine. Jusqu’où la compromission entre ces personnages, comme Benalla, proches du pouvoir et la Russie est-elle allée?

On ne le sait pas encore, mais une chose est sûre: l’affaire n’est bonne ni pour Matignon ni pour l’Elysée. En particulier, Emmanuel Macron semble avoir accordé sa confiance et sa protection à des gens dangereux, et cette légèreté pourrait se retourner durement contre lui.

L’usure de Macron de plus en plus manifeste

Des signaux faibles devraient rapidement ajouter à l’inquiétude du Président. L’ouverture du Grand Débat lui a, dans un premier temps, profité. Elle lui a redonné une visibilité dont il a usé et abusé façon grand oral de l’ENA, où son discours a tourné en boucle dans une espèce de pur moment narcissique.

Si le premier « débat » où il a pris la parole pendant 7 heures d’affilée a pu séduire l’opinion, la redite hebdomadaire de la même grosse ficelle s’avère contre-productive. Une fois de plus, Macron fait trop de Macron. La preuve? Les audiences de ces événements sont désormais cataclysmiques et les chaînes d’information devraient ne plus retransmettre ces événements.

La recette Macron ne paie plus.

La gestion macronienne épinglée

Décidément, la semaine n’a pas été bonne pour Emmanuel Macron. Alors que ses interventions fleuves n’intéressent plus personne et n’impriment plus dans l’opinion (menaçant même de cornériser le président dans son image de premier de classe coupé des réalités), la Cour des Comptes l’a mis en garde sur sa gestion.

De fait, la prévision de déficit pour 2019 est inquiétante et pourrait affaiblir considérablement la crédibilité internationale de la France. Nous révélons par ailleurs les petites astuces qui ont permis de maquiller les résultats cataclysmiques de 2018.

Tout ceci souligne l’extrême fragilité budgétaire française qui pourrait se transformer en piège en 2019.

Les dangers de l’escalade avec l’Italie

De ce point de vue, Macron adapte insuffisamment sa stratégie électorale et cette paresse pourrait lui jouer un vilain tour. Le Président entretient en effet un mauvais climat avec le gouvernement italien qualifié de « populiste », lequel ne se prive pas de renvoyer à la France la monnaie de sa pièce.

On comprend bien le calcul d’Emmanuel Macron: il rejoue la pièce de 2017, fondée sur une exacerbation binaire du débat public autour de la question du populisme et de « l’ouverture ». En clivant de la sorte, il espère fédérer autour de lui la sensibilité anti-populiste. Le problème est que ce que l’opinion avait perçu comme une tension entre populistes et humanistes en 2017 pourrait désormais être perçu comme une tension entre populistes et élitistes.

Et, dans ce cas de figure, le piège se retournerait définitivement contre le président.


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