Mes chers amis, le monde est une boucle délicieuse et parfaitement dégueulasse, où ceux qui en font des tonnes sur la défense du Bien contre le Mal sont le plus souvent les pires hypocrites, les meilleurs emblèmes de la bassesse.

Souvenez-vous de 2018. Arno Klarsfeld, drapé dans sa vertu de gardien du temple, s'insurgeait contre la réédition des pamphlets de Céline chez Gallimard. Il parlait de "venin", de "pulsion de mort", de "mots qui tuent". Huit ans plus tard, le voici qui troque sa robe d'avocat pour le tablier de préparateur en pharmacie idéologique. Il nous revient avec une œuvre que même Louis-Ferdinand n’aurait probablement pas osé signer : "Bagatelles pour une rafle".
⚡️🇫🇷CITATION -« Il faut organiser des grandes #rafles un peu partout contre les asociaux #étrangers qui sont OQTF, même si on commet des injustices… » Arno #Klarsfeld, fils de Serge et Beate Klarsfeld, chasseurs de nazis et figures majeures de la mémoire de la Shoah. (itw CNews) pic.twitter.com/4f7dVyz2E3
— Brèves de presse (@Brevesdepresse) January 25, 2026
Le paradoxe du fils prodigue
C’est là que le génie de l’époque explose. Le fils de Serge et Beate, ceux qui ont traqué Barbie et démasqué les bourreaux, semble avoir décidé que l'héritage était trop lourd. Alors, il le recycle.
Arno n’appelle plus à la justice, il appelle à la logistique. Il ne traque plus les criminels de guerre, il cible les "asociaux". Un mot magnifique, n’est-ce pas ? Un mot que les nazis affectionnaient particulièrement pour désigner ceux qui ne rentraient pas dans les cases du Reich : les marginaux, les indésirables, les impurs.
Le lexique est une arme : quand Arno réclame des "rafles" contre les OQTF, il ne fait pas de la politique. Il fait de la philologie rétrospective. Il redonne vie à un champ lexical que l’on croyait enterré dans les cendres de l’Histoire.


Sommaire d'un futur best-seller
Dans ce livre imaginaire — mais tellement réel dans ses propos — Arno nous projette dans un futur radieux où la France s'inspire du chaos américain. À Minneapolis, la "remigration" se joue au fusil d'assaut dans des quartiers en flammes. Arno, lui, propose une version "chic et choc" :
- Chapitre 1 : L’outil de travail. Pourquoi s’encombrer de tribunaux quand on a des camions ? L’auteur explique avec une émotion non feinte la supériorité du filet sur le dossier administratif.
- Chapitre 2 : L'éloge du dommage collatéral. Arno y valide, avec une froideur chirurgicale, la mort de quelques innocents. C’est le "coût de la propreté". Après tout, pour vider une fosse septique, on ne s'inquiète pas du sort des bactéries utiles.
- Chapitre 3 : De chasseur à rabatteur. Le passage le plus intime. Comment justifier que le nom de Klarsfeld serve de caution morale à des méthodes que ses parents ont combattues toute leur vie ? Réponse : "C'est pas pareil, c'est pour la survie de la civilisation."
Minneapolis sur Seine
Pendant que Minneapolis brûle au nom de la pureté nationale, Arno prépare le briquet en France. Le soutien inconditionnel de certains descendants des victimes de la Shoah à ces thèses est le clou du spectacle. C’est le syndrome de Stockholm appliqué à l'échelle d'une nation : s’allier avec ceux qui préparent les rafles de demain pour espérer être les derniers sur la liste.
L’ignominie n’est pas seulement dans l’idée, elle est dans le style. Céline, au moins, avait le génie de la ponctuation. Klarsfeld, lui, a la raideur du bureaucrate qui commande des trains, du grand bourgeois parisien qui éructe sur les pauvres en croyant respecter les bonnes manières. Il a réussi l’exploit de devenir ce qu’il détestait : un pamphlétaire de la haine, caché derrière la légalité d’un acronyme (OQTF).
En résumé : si vous avez aimé le 20ème siècle, vous allez adorer la suite de Klarsfeld. C’est la même odeur de cuir et de peur, mais avec un QR code sur le fourgon.


