L'humeur de Veerle Daens : Achetez "Bagatelles pour une rafle", le nouveau livre d’Arno Klarsfeld

L'humeur de Veerle Daens : Achetez "Bagatelles pour une rafle", le nouveau livre d’Arno Klarsfeld


Partager cet article

Mes chers amis, le monde est une boucle délicieuse et parfaitement dégueulasse, où ceux qui en font des tonnes sur la défense du Bien contre le Mal sont le plus souvent les pires hypocrites, les meilleurs emblèmes de la bassesse.

Souvenez-vous de 2018. Arno Klarsfeld, drapé dans sa vertu de gardien du temple, s'insurgeait contre la réédition des pamphlets de Céline chez Gallimard. Il parlait de "venin", de "pulsion de mort", de "mots qui tuent". Huit ans plus tard, le voici qui troque sa robe d'avocat pour le tablier de préparateur en pharmacie idéologique. Il nous revient avec une œuvre que même Louis-Ferdinand n’aurait probablement pas osé signer : "Bagatelles pour une rafle".

Le paradoxe du fils prodigue

C’est là que le génie de l’époque explose. Le fils de Serge et Beate, ceux qui ont traqué Barbie et démasqué les bourreaux, semble avoir décidé que l'héritage était trop lourd. Alors, il le recycle.

Arno n’appelle plus à la justice, il appelle à la logistique. Il ne traque plus les criminels de guerre, il cible les "asociaux". Un mot magnifique, n’est-ce pas ? Un mot que les nazis affectionnaient particulièrement pour désigner ceux qui ne rentraient pas dans les cases du Reich : les marginaux, les indésirables, les impurs.

Le lexique est une arme : quand Arno réclame des "rafles" contre les OQTF, il ne fait pas de la politique. Il fait de la philologie rétrospective. Il redonne vie à un champ lexical que l’on croyait enterré dans les cendres de l’Histoire.

Le groupe Bolloré participe-t-il à une guerre cognitive contre la France ? par Thibault de Varenne
Samedi, j’ai évoqué avec Eric Verhaeghe le rôle du narratif historique dans la domination américaine sur l’Europe, et singulièrement sur la France. Notre vassalisation est produite sans arme létale : uniquement au moyen d’armes culturelles. Dans cette guerre hybride que les USA mènent contre nous, certains agents d’influence utilisent habilement le

Sommaire d'un futur best-seller

Dans ce livre imaginaire — mais tellement réel dans ses propos — Arno nous projette dans un futur radieux où la France s'inspire du chaos américain. À Minneapolis, la "remigration" se joue au fusil d'assaut dans des quartiers en flammes. Arno, lui, propose une version "chic et choc" :

  • Chapitre 1 : L’outil de travail. Pourquoi s’encombrer de tribunaux quand on a des camions ? L’auteur explique avec une émotion non feinte la supériorité du filet sur le dossier administratif.
  • Chapitre 2 : L'éloge du dommage collatéral. Arno y valide, avec une froideur chirurgicale, la mort de quelques innocents. C’est le "coût de la propreté". Après tout, pour vider une fosse septique, on ne s'inquiète pas du sort des bactéries utiles.
  • Chapitre 3 : De chasseur à rabatteur. Le passage le plus intime. Comment justifier que le nom de Klarsfeld serve de caution morale à des méthodes que ses parents ont combattues toute leur vie ? Réponse : "C'est pas pareil, c'est pour la survie de la civilisation."

Minneapolis sur Seine

Pendant que Minneapolis brûle au nom de la pureté nationale, Arno prépare le briquet en France. Le soutien inconditionnel de certains descendants des victimes de la Shoah à ces thèses est le clou du spectacle. C’est le syndrome de Stockholm appliqué à l'échelle d'une nation : s’allier avec ceux qui préparent les rafles de demain pour espérer être les derniers sur la liste.

L’ignominie n’est pas seulement dans l’idée, elle est dans le style. Céline, au moins, avait le génie de la ponctuation. Klarsfeld, lui, a la raideur du bureaucrate qui commande des trains, du grand bourgeois parisien qui éructe sur les pauvres en croyant respecter les bonnes manières. Il a réussi l’exploit de devenir ce qu’il détestait : un pamphlétaire de la haine, caché derrière la légalité d’un acronyme (OQTF).

En résumé : si vous avez aimé le 20ème siècle, vous allez adorer la suite de Klarsfeld. C’est la même odeur de cuir et de peur, mais avec un QR code sur le fourgon.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
L’IA et le droit : quels métiers vont disparaître, quels métiers vont apparaître?

L’IA et le droit : quels métiers vont disparaître, quels métiers vont apparaître?

Un « Great Reset » frappe désormais de plein fouet l'un des derniers bastions de la classe moyenne intellectuelle : les professions du droit. Aujourd'hui, je passe en revue les transformations, positives et négatives, que l'IA va produire dans ce domaine. La fin des « scribes » : ce que la machine va dévorer Le premier choc est celui de la productivité brute. On estime que 44 % des tâches juridiques actuelles sont automatisables. Pour le dire sans détour, le modèle économique fondé sur la fac


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

L'humeur de Veerle Daens : expatriés à Dubaï, l'indécence jusqu'à plus soif !

L'humeur de Veerle Daens : expatriés à Dubaï, l'indécence jusqu'à plus soif !

Mes chers amis, posez vos flûtes de champagne de seconde zone, car le spectacle qui se joue sous nos yeux est d’une drôlerie qui confine au sublime de l'avachissement, comme dit Eric Verhaeghe. On frôle l’art abstrait, ou plutôt l’art de l’absence : l’absence totale de décence, de logique et, surtout, de mémoire. Avez-vous lu les complaintes déchirantes de nos « expatriés » de luxe au Moyen-Orient ? Ces braves gens, partis avec tambours et valises vers des cieux où l’impôt sur le revenu est une


CDS

CDS

De Paris à Pretoria : les ambassadeurs de Trump balancent cash

De Paris à Pretoria : les ambassadeurs de Trump balancent cash

De Paris à Pretoria, l’administration Trump impose une nouvelle doctrine : l’ambassadeur n’est plus un hôte poli. La nouvelle diplomatie des ambassadeurs américain se résume à: surveiller, critiquer et parfois admonester les gouvernements étrangers. La convocation d’un ambassadeur est l’un des gestes diplomatiques les plus explicites de désapprobation entre États alliés. Pourtant, ces derniers mois, cette pratique se banalise face à une diplomatie américaine redevenue offensive. Après Paris qui


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Quelles sont les actions qui ont le mieux profité de la guerre en Iran, par Vincent Clairmont

Quelles sont les actions qui ont le mieux profité de la guerre en Iran, par Vincent Clairmont

Depuis le déclenchement de l'opération « Fureur épique » le 28 février 2026, les marchés financiers ont réagi de manière contrastée. Alors que les indices généralistes ont connu une forte volatilité, certains secteurs spécifiques ont affiché des performances exceptionnelles en raison de la nature du conflit. Voici les actions et secteurs qui ont le mieux performé depuis le début des hostilités : 1. Le secteur de la défense (les grands gagnants) C'est sans surprise le secteur qui a le plus


Rédaction

Rédaction