Les dirigeants chinois reconnaissent enfin leurs faiblesses !

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La Chine est plus faible que ce que ses admirateurs, comme ses détracteurs, prétendent. C'est ce qui ressort de déclarations faites lors de la  Conférence politique consultative du peuple chinois, qui s'est tenue début mars 2021

La Chine est plus faible que ce qu’elle veut bien dire au monde habituellement; il lui faudra une génération pour devenir une très grande puissance industrielle, un véritable centre mondial d’innovation scientifique et technologique.

C’est ce qu’a reconnu, le 7 mars 2021, Miao Wei, directeur adjoint du Comité économique de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC) et ancien ministre de l’industrie et des technologies de l’information.

Si Zefu, membre du Comité permanent de la CCPPC et président du conseil d’administration de la Compagnie d’Electricité Harbin  a également admis le même jour que l’industrie manufacturière chinoise n’était « pas aussi bonne que les autres » dans la capacité et le niveau d’innovation ; la qualité et la marque des produits ; et le niveau et l’efficacité de la gestion. « La faible rentabilité de nos entreprises  est particulièrement visible », a-t-il déclaré.

La Chine plus isolée qu'il n'y paraît

En fait, la Chine est plus isolée qu’il n’y paraît après quinze mois de crise sanitaire mondiale.  Surtout, la pression économique infligée par Donald Trump  eu beaucoup plus d’impact que ce que croient habituellement les Européens. Et l’administration Biden ne semble pas, pour l’instant, changer de ligne.

Outre la guerre commerciale, l’administration Trump avait imposé des sanctions aux entreprises technologiques telles que les géants des télécommunications Huawei et ZTE, et Semiconductor Manufacturing International Corporation (SMIC). Lors de la Conférence centrale de travail économique du Parti Communiste Chinois en novembre dernier, Xi Jinping a admis que l’innovation dans l’industrie manufacturière chinoise était loin d’être suffisante. Il a  parlé « d’améliorer la capacité de la Chine à prendre le contrôle de sa propre chaîne industrielle afin de résoudre les problèmes d’étranglement dans le domaine des technologies clés ».

Devenir la première puissance mondiale....mais plus tard

La réalité est bien celle d’une Chine qui se sent encerclée – comme le montre la carte de la présence militaire américaine en Asie du Sud et dans le Pacifique. Et d’un pays qui comptait sur le maintien d’un monde ouvert pour continuer à monter en puissance technologique.  Mais la réalité est plutôt celle de la reconstitution des blocs, comme vient de le montrer le sommet USA-Inde-Japon-Australie, appelée Quadriletal Security Dialog (Quad), où les quatre grandes démocraties ont abordé à mots feutrés l’esquisse d’une stratégie de « containement » de la Chine.

Du coup, le Parti Communiste Chinois se fait plus modeste. L’objectif est bien toujours d’être devenu la première puissance mondiale pour le centième anniversaire de la révolution maoïste, en 2049. Mais l’objectif d’affirmation de la puissance industrielle chinoise comme rivale des Etats-Unis, appelé Made In China 2025, a disparu des radars au profit d’un « plan quinquennal » plus habituel en régime communiste.  Avec la priorité des priorités: un développement technologique autochtone plus rapide.


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