Depuis l’arrestation de Jeffrey Epstein en 2019, l’ombre du financier déchu n’a cessé de planer sur l’héritage de Bill et Hillary Clinton. Mais ce qui n'était jusqu’ici qu’un bruit de fond médiatique s'est transformé, en ce début d’année 2026, en une tempête judiciaire et politique sans précédent. Alors que le département de la Justice (DOJ) achève de libérer des millions de pages d’archives, une question brûle toutes les lèvres à Washington : les Clinton sont-ils sur le point de devenir les ultimes dommages collatéraux de cette saga sordide?

Le siège du Capitole
Le point de rupture a été atteint en janvier 2026. Après des mois de guérilla juridique, le Comité de surveillance de la Chambre, mené par le républicain James Comer, a voté pour tenir le couple Clinton en outrage au Congrès. L'accusation était grave : défi et obstruction face à des subpoenas émis dès août 2025.

Pendant des mois, les avocats du couple ont argué que ces assignations étaient « invalides » et « dépourvues de but législatif », dénonçant une manœuvre politique visant à protéger Donald Trump. Pourtant, face à la menace réelle d'une poursuite pénale et d'un vote imminent en séance plénière de la Chambre, les Clinton ont fini par céder. Le 2 février 2026, un accord a été trouvé : Hillary Clinton témoignera sous serment le 26 février, suivie par l'ancien président le 27 février. Ce sera la première fois en plus de quarante ans qu'un ancien locataire de la Maison-Blanche se soumettra à un tel exercice devant une commission parlementaire.

Bill Clinton : le bouclier de la philanthropie
La ligne de défense de William J. Clinton n'a pas varié depuis 2019 : il ne savait rien des crimes « terribles » de son ancien donateur. Dans ses mémoires publiés fin 2024, Citizen: My Life After the White House, il exprime ses regrets d'avoir jamais rencontré Epstein, tout en justifiant ses voyages à bord du fameux Boeing 727 par des impératifs philanthropiques liés à sa fondation.

Pourtant, les faits sont têtus. Si le bureau de Clinton a longtemps soutenu qu’il n'avait effectué que quatre voyages à bord du « Lolita Express », les registres de la FAA révélés par l'enquête montrent une réalité bien plus complexe : au moins 26 segments de vol entre 2002 et 2003, incluant des étapes en Asie et en Europe où, contrairement aux affirmations officielles, les agents du Secret Service n'étaient pas toujours répertoriés sur les manifestes.


