« Le Point » annonce un projet de plan social, 58 postes menacés

« Le Point » annonce un projet de plan social, 58 postes menacés

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Le Point, l’hebdomadaire détenu par le milliardaire François Pinault, a officiellement annoncé hier,mercredi 23 avril  un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) concernant 58 postes sur un total de 200 salariés. Un processus amorcé discrètement depuis septembre 2024. La baisse des recettes publicitaires et les mutations du lectorat auraient conduit à cette décision drastique.

Les cadres de l’hebdomadaire Le Point, détenu par François Pinault, ont annoncé ce mercredi 23 avril un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) visant à supprimer 58 postes sur un total de 200 salariés.Près d’un tiers des effectifs seront concernés par ce PSE, qui touche tous les services, de la rédaction aux fonctions support. Cette réorganisation a  été préparée depuis septembre 2024, sous la direction d’Étienne Gernelle, pour redresser le magazine.

Des salariés sous le choc


L’annonce a été faite par la direction lors d’une réunion interne, provoquant une onde de choc parmi les employés. Les départements éditoriaux comme techniques seraient tous concernés par cette restructuration, bien que les détails précis n’aient pas encore été rendus publics. Les syndicats, déjà sur le qui-vive depuis plusieurs mois, dénoncent une décision brutale et exigent des garanties pour les salariés menacés.

À la tête du Point depuis plusieurs années, le directeur Étienne Gernelle mène cette opération dans un contexte de « mutation profonde du secteur de la presse », confronté à la baisse des ventes papier, à la montée en puissance du numérique, et à une pression toujours plus forte sur les modèles économiques des médias. La direction justifie cette restructuration par une volonté de « renforcer la compétitivité et l’agilité du journal à l’ère digitale ».

« Les salariés ne comprennent pas qu’un journal qui se présente comme le leader sur le marché se retrouve aujourd’hui confronté à un plan social de cette ampleur »

, témoigne à Libération une source interne à l’hebdomadaire.

Un média emblématique en transition forcée


Le Point, fondé en 1972 et connu pour ses enquêtes politiques et ses tribunes, traverse depuis quelque temps une période d’incertitudes. Si le titre conserve un lectorat fidèle, ses équilibres financiers seraient fragilisés. Cette annonce soulève aussi des questions sur la concentration des médias sous la houlette de grands groupes privés — en l’occurrence, le groupe Artémis de Pinault. Étienne Gernelle entend recentrer sa ligne éditoriale et accélérer sa transition numérique. Des investissements dans l’IA et les formats vidéo sont évoqués pour compenser les réductions d’effectifs. Reste à savoir si cette cure d’amaigrissement suffira à redresser la barre.

Le Point paie à son tour le prix d’un secteur en crise. La presse française doit s’adapter ou se réinventer face à un environnement numérique impitoyable. Mais à quel prix humain ? Les semaines à venir seront décisives, tant pour les salariés concernés que pour l’avenir éditorial de l’un des piliers de la presse hebdomadaire française.


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