Le Pen jugée, mais pas neutralisée tout de suite

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En appel, le parquet général requiert cinq ans d’inéligibilité contre Marine Le Pen, sans exécution provisoire. Une position qui, tout en alourdissant les peines, laisse ouverte la possibilité d’une candidature en 2027, sous réserve des délais judiciaires.

Accusées de détournement de fonds publics, Marine Le Pen et onze autres personnes ont été jugées devant la Cour d’appel le mardi 3 février 2026. Lors du procès, le parquet général a réclamé une peine de cinq ans d’inéligibilité sans exécution provisoire contre la présidente du groupe RN (Rassemblement national). Le verdict final revient à la Cour d’appel et l’avenir politique de Marine Le Pen en dépend. Il sera rendu d’ici l’été.

Cinq ans d’inéligibilité requis, sans application immédiate

Le procès sur l’affaire des assistants d’eurodéputés du Front national a été ouvert le mardi 3 février. Marine Le Pen, la présidente du RN, et onze autres personnes composées de députés, eurodéputés, maire et assistants qui sont tous membres du parti ont été rejugées. Pour rappel, tous ces individus ont été soupçonnés d’avoir détourné des fonds du parlement européen. Ils ont été condamnés en première instance et le tribunal correctionnel a prononcé une peine d’inéligibilité de cinq avec exécution immédiate à l’encontre de Marine Le Pen.

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L’accusation a requis la confirmation de cette peine lors du procès en appel de mardi. Quatre ans d’emprisonnement dont trois avec sursis et une partie ferme aménageable sous bracelet électronique ainsi que 100.000 euros d’amende s’ajoutent à la liste des sanctions prononcées contre la cheffe du RN.

Toutefois, lors de ce procès en appel, le parquet général n’a pas requis l’exécution immédiate des peines d’inéligibilité. « L’objectif d’efficacité peut être atteint sans qu’il soit nécessaire de recourir à l’exécution provisoire », ont déclaré les avocats.

Pour les onze autres accusés, les représentants de l’accusation ont demandé la confirmation de leur condamnation et l’application des peines prononcées en première instance.

Un réquisitoire sévère sur le fond

Au terme d’un réquisitoire de près de six heures, l’avocat général Stéphane Madoz-Blanchet a accusé Marine Le Pen d’avoir été, à la suite de son père, « l’instigatrice » d’un système de détournement de fonds estimé à 1,4 million d’euros.

Selon l’accusation, les assistants parlementaires des eurodéputés du FN travaillaient pour le parti tout en étant rémunérés par le Parlement européen.

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Cette organisation, d’abord « artisanale » à partir de 2004, se serait « professionnalisée » après 2012, lorsque Marine Le Pen a pris la tête du parti.

Le parquet a requis la confirmation des peines prononcées en première instance contre les onze autres prévenus, dont le Rassemblement national en tant que personne morale.

Les accusations de politisation du procès, dénoncées par la défense, ont été rejetées par le ministère public, qui souligne la multiplication des recours procéduraux.

Avec des réquisitions lourdes mais sans exécution immédiate, le parquet général adopte une ligne d’équilibre entre fermeté pénale et prudence institutionnelle. Une stratégie qui laisse, pour l’instant, le champ politique ouvert jusqu’à l’échéance de 2027.


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