Le jeu dangereux d’Emmanuel Macron avec Olaf Scholz

Le jeu dangereux d’Emmanuel Macron avec Olaf Scholz


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Emmanuel Macron a-t-il les moyens de tenir son bras de fer avec Olaf Scholz? Le Chancelier allemand avait souhaité une conférence de presse à l'issue du déjeuner de travail entre les deux hommes ce 26 octobre. L'Elysée a refusé, malgré la délégation de journalistes allemands qui suivaient le Chancelier. Avec un président français compétent, on pourrait se réjouir de ce que la France revienne à plus de fermeté face à l'Allemagne. Mais avec Emmanuel Macron, on a toutes les raisons de se méfier.....

Tout d’abord, je tiens à dire que je me suis sans doute trompé. Il semble bien que l’annulation du conseil des ministres de Fontainebleau tienne autant à Paris qu’à Berlin. 

Une fois que j’ai dit cela, je n’arrive pas, pour autant à me réjouir de la position plus ferme de la France. Aurions-nous un président compétent….mais Emmanuel Macron nous a appris à nous préparer au pire. 

 

Inutile humiliation d’Olaf Scholz

Nous lisons en effet sur le site Politico (version anglaise pour l’Europe):

« Alors que le président français et le  chancelier allemand se préparaient à un tête-à-tête à Paris mercredi, Berlin a annoncé qu’ils feraient une apparition commune devant les caméras, ce qui est normalement la plus sèche des courtoisies diplomatiques de routine après des rencontres bilatérales.

Mais mardi soir, un communiqué de l’Elysée français a contredit l’annonce allemande, affirmant qu’aucune conférence de presse n’était prévue« .

C’est un affront. Et, de fait, l’Elysée a tenu bon. Il n’y a pas eu de conférence de presse. 

Pire, sur le site de l’Elysée, on voit un grand titre qui vante la coopération européenne et une photo (voir ci-dessus) mettant en scène un dialogue très chaleureux entre Ursula von der Leyen et Monsieur Macron – tandis qu’Olaf Scholz fait bonne figure. 

 

Pourquoi Emmanuel Macron ne maîtrise pas son épreuve de force

Snober Scholz pour Madame von der Leyen, c’est absurde. Olaf Scholz garde une forme de pragmatisme; il a le rôle difficile d’un chef de coalition tripartite. Madame von der Leyen est devenue, elle incontrôlable, depuis qu’elle se prend pour la présidente de l’Europe. Eric Verhaeghe nous rappelle aujourd’hui comme il est dangereux de confier plus de pouvoir à cette Allemande-là: elle est en train de tout faire pour réimposer le passe vaccinal à l’ensemble de l’Union. 

Ensuite, les finances publiques de la France sont suffisamment délabrées pour qu’Emmanuel Macron ne donne pas à son partenaire berlinois une occasion de ruminer son ressentiment et de rendre au président de la France la monnaie de sa pièce – mais non dans le domaine de la communication; bien plutôt là où cela fera très mal,  et à l’ensemble des Français: forcer Paris à remettre en ordre ses finances publiques. 

Emmanuel Macron a une histoire chargée, en matière d’humiliation de gouvernants étrangers. Faut-il luis rappeler le champ de ruines qu’il laissera en Afrique, en quittant l’Elysée? Ou bien la perte du contrat des sous-marins australiens, à force d’avoir traité Boris Johnson comme un paillasson. 

La fermeté vis-à-vis de l’Allemagne est bienvenue. Un comportement de petit marquis avec Olaf Scholz, beaucoup moins. 


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