Le dossier secret de Trump ne concernerait pas Macron, mais Brigitte, selon la télévision russe

Le dossier secret de Trump ne concernerait pas Macron, mais Brigitte, selon la télévision russe


Partager cet article

Le dossier secret saisi chez Donald Trump par le FBI fait long feu. Après avoir été largement évoqué par la presse française dans des conditions que nous avons signalées comme surprenantes, c'est la télévision russe, hier, qui a évoqué le sujet... en le liant à ce qu'il est désormais convenu d'appeler l'affaire Brigitte. Voilà qui mérite quelques commentaires, car la concordance entre la "campagne" aux USA et l'évocation en Russie laisse à penser qu'Emmanuel Macron est challengé par les services des deux pays.

La télévision russe a, avant-hier soir, consacré une longue séquence (en russe, dont nous publions deux extraits significatifs) au dossier saisi par le FBI au domicile de Donald Trump et qui porterait l’étiquette « President of France », comme nous l’avons évoqué en début de semaine. Selon la télévision russe, le dossier en question ne serait pas étranger à ce qu’il est désormais convenu d’appeler l’affaire Brigitte.

Des informations à prendre avec beaucoup de précautions

Il faut rappeler ici que les allégations concernant la personnalité de Brigitte sont de simples hypothèses non vérifiées à ce stade, et partiellement contestées par l’intéressée. On rappellera que, selon les informations distillées au compte-goutte à la presse, Brigitte Macron aurait porté pour violation de la vie privée, mais il n’est pas absolument sûr qu’elle ait porté plainte pour diffamation.

La nuance est de taille, car la plainte pour diffamation permet de dissiper tout malentendu en convoquant le fameux Jean-Michel Trogneux à la barre. Ce procédé est le plus simple pour dégonfler toute cette affaire. Certains pénalistes s’étonnent que le couple Macron ne se soit pas empressé de recourir à cette manoeuvre procédurale pour faire taire les rumeurs.

Toujours est-il que ces rumeurs font l’objet de vives critiques officielles.

Le fait qu’elles soient longuement évoquées par la télévision russe n’est pas forcément de nature à dissiper les doutes et les critiques. D’aucuns ne manqueront pas de s’interroger sur le crédit à apporter à la presse de ce pays en pleine guerre en Ukraine, à un moment où la France a de fait rompu le contrat d’approvisionnement avec Gazprom.

Macron au centre de pressions internationales ?

Le plus important dans ce dossier ne tient probablement pas aux allégations concernant Brigitte Macron, mais au fait qu’elles deviennent un enjeu de pression internationale.

Nous avons évoqué le fait que les révélations venues du FBI étaient survenues juste avant que Macron ne fasse l’éloge de la sobriété, et ne nous propose de payer le prix de la liberté. Manifestement, la télévision russe a décidé d’appuyer sur ces révélations après que Gazprom n’ait interrompu ses livraisons de gaz du fait d’Engie…

Faut-il en déduire que l’hypothétique affaire Brigitte est instrumentalisée dans les échanges internationaux pour influencer la ligne de la France ? On ne peut le dire avec certitude, mais ce dont nous sommes les témoins semble l’indiquer. Visiblement, l’évocation ou la menace d’évocation de dossiers personnels pourrait avoir suffisamment d’impact sur la stratégie française pour que des gouvernements étrangers en jouent comme d’une arme.

Brigitte Macron, point de vulnérabilité de la présidence ?

Ce qui se dégage en tout cas, progressivement, c’est l’hypothèse que Brigitte Macron pourrait constituer un sérieux point de vulnérabilité pour le Président. Nous avions évoqué le malaise démocratique qu’il y a dans ce dossier où tout un pays murmure sur une question que le gouvernement ne tranche pas, et que les médias subventionnés bannissent maladivement.

Les murmures s’étendent aux protagonistes d’une guerre dans laquelle nous sommes entraînés, désormais.

Il devient urgent que Jean-Michel Trogneux apparaisse au grand jour et donne une interview transparente, pour que cette détestable affaire soit définitivement close.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
L'humeur de Veerle Daens : Trump et le grand menu TACO de Davos

L'humeur de Veerle Daens : Trump et le grand menu TACO de Davos

On connaissait le "Big Mac" diplomatique, voici venu le temps du TACO. Non, il ne s'agit pas d'une nouvelle franchise de fast-food s'installant dans les Grisons, mais de l'acronyme qui fait désormais trembler (de rire ou d'effroi) les chancelleries : Trump Always Chickens Out (Trump se dégonfle toujours). Le scénario est devenu aussi prévisible qu’un épisode de téléréalité des années 2000. Acte I : La menace nucléaire commerciale. Acte II : Le chantage surréaliste. Acte III : La pirouette fi


CDS

CDS

Trump prépare-t-il la mort du populisme MAGA, aux USA et en Europe?

Trump prépare-t-il la mort du populisme MAGA, aux USA et en Europe?

Il y a un an, jour pour jour, le "Trump 2.0" s'installait à la Maison-Blanche dans une atmosphère de kermesse impériale, promettant de "finir le travail" et de restaurer la grandeur d'une Amérique humiliée. Qu'en est-il aujourd'hui ? Et la politique de Trump ne porte-t-elle pas aujourd'hui en germe une immense déception, toxique, létale, pour ce qu'on appelle le populisme ? Il y a un an, donc, les élites mondialisées de Davos tremblaient — ou feignaient de trembler —, les marchés retenaient leu


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

28è Etat de l'Union : le point, par Elise Rochefort

28è Etat de l'Union : le point, par Elise Rochefort

Le concept du « 28e État européen » (plus techniquement appelé le 28e régime) n'est pas une entité géographique, mais un statut juridique supranational unique. Il s'agit d'un cadre légal européen qui existerait parallèlement aux 27 droits nationaux, permettant aux entreprises de s'en servir pour opérer uniformément dans toute l'Union européenne. Voici les points clés pour comprendre cette mesure phare de l'actualité européenne que le Courrier avait déjà évoqué avec Ulrike Reisner le 31 janvi


Rédaction

Rédaction

Ce n'est pas la BCE qui plafonne le paiement en cash à 1 000 €, mais bien la France... par Elise Rochefort

Ce n'est pas la BCE qui plafonne le paiement en cash à 1 000 €, mais bien la France... par Elise Rochefort

Le Forum de Davos 2026 s’achève dans une ambiance électrique. Entre les tensions diplomatiques avec l’administration américaine et les débats sur la souveraineté numérique, une rumeur s'est frayé un chemin sur les réseaux sociaux : Christine Lagarde aurait « refusé de justifier » le plafonnement des paiements en espèces à 1 000 € lors d'une session du WEF. S’il est vrai que la présidente de la Banque Centrale Européenne (BCE) a quitté une table ronde cette semaine — excédée par les provocations


Rédaction

Rédaction