L'Allemagne durement frappée par la guerre d'Iran, par Elise Rochefort

L'Allemagne durement frappée par la guerre d'Iran, par Elise Rochefort


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On l'appelait autrefois la locomotive de l'Europe, mais aujourd'hui, le moteur allemand ne tousse plus : il s'asphyxie. Alors que le conflit en Iran s’intensifie, l’Allemagne s’apprête à traverser sa quatrième année consécutive de stagnation. Un record de grisaille économique dont elle se serait bien passée.

Il y a encore quelques mois, on espérait un printemps radieux pour l'économie d'outre-Rhin. Les prévisions affichaient un timide mais solide 1,3 %. Aujourd'hui ? Le réveil est brutal. Les instituts de recherche, l'Ifo en tête, ont sabré leurs ambitions : on navigue désormais entre 0,2 % et 0,6 % de croissance. Autant dire que l'Allemagne fait du surplace.

Ce n’est pas seulement un chiffre, c’est une atmosphère. C'est le sentiment d'un pays qui, depuis 2023, n’arrive plus à sortir la tête de l’eau.

Le détroit de toutes les angoisses

Pourquoi l'Allemagne est-elle si vulnérable à ce conflit lointain ? Parce que son cœur industriel bat au rythme du gaz et du pétrole. Avec les tensions au détroit d'Ormuz, c'est tout l'approvisionnement énergétique qui est pris en otage.

  • L'industrie chimique, fleuron du pays, est la première victime de cette flambée des prix.
  • L'incertitude est devenue la seule constante : 87 % des entreprises manufacturières avouent être totalement incapables de planifier le prochain trimestre.

Le résultat est immédiat : les investissements sont gelés. Les usines attendent des jours meilleurs, mais ces jours semblent s'éloigner à mesure que le prix du baril s'envole.

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Un modèle social sous pression

Le plus inquiétant reste peut-être le facteur humain. Le chômage, longtemps maîtrisé, commence à montrer des signes de faiblesse alarmants. On prévoit un taux de 6,4 % pour cette année. Si le conflit s'enlise au-delà de l'été, ce sont 100 000 emplois qui pourraient purement et simplement s'évaporer.

Le spectre qui hante désormais Berlin n'est plus seulement la récession, c'est la désindustrialisation. Face à une énergie trop chère et une concurrence américaine ou asiatique qui ne fait pas de cadeaux, l'Allemagne craint de perdre son ADN.

En conclusion

L'Allemagne est à la croisée des chemins. Ce quatrième été de stagnation n'est pas qu'un accident de parcours, c'est le signal d'alarme d'un modèle qui doit se réinventer, et vite, sous peine de voir sa puissance industrielle devenir un souvenir de livre d'histoire.


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