L’agonie de l’hyper-capitalisme festif commence sous nos yeux…

L’agonie de l’hyper-capitalisme festif commence sous nos yeux…


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L'hyper-capitalisme festif vit ses dernières années, et peut-être ses dernières semaines. Entre une baisse létale des rendements due à l'économie des GAFA, la grande peur des maladies et le réchauffement climatique, le modèle qui porte le monde depuis une trentaine d'années s'effondre de partout.

L’hyper-capitalisme festif craque de partout. Pétri dans ses contradictions depuis de trop nombreuses années, il subit enfin le revers attendu, prévu, annoncé depuis plusieurs semaines. Ce qu’on appelle pudiquement une correction boursière a dévasté les places mondiales hier, dans la foulée de la guerre du pétrole qui fait rage entre la Russie, les États-Unis et l’Arabie Saoudite, et dans la foulée des sueurs froides qui montent partout face à la Grande Peur du coronavirus.

Le coronavirus, un simple révélateur d’une crise plus profonde

Un malheur n’arrive donc jamais seul. Alors que le monde tremble face au coronavirus, probablement plus répandu qu’on ne veut bien le dire, un désaccord entre la Russie et l’Arabie Saoudite, sur fond de coup d’État larvé à Ryad, a entraîné les places mondiales dans une dégringolade vertigineuse. Et soudain, cet hyper-capitalisme triomphant, qui baigne le monde entier dans l’illusion d’une fête permanente, de loisirs sans fin, révèle toute sa faiblesse et toute son exposition aux risques systémiques.

Inévitable contraction de la demande

Si l’on admet l’hypothèse que l’hyper-capitalisme fonctionne sur un volant minimal de demande artificielle (il faut sans cesse des acheteurs disponibles pour les nouveaux I-Phones, les nouvelles consoles de jeux, les croisières à l’autre bout du monde qui polluent les océans), alors on comprend les dégâts que le coronavirus devrait causer au système économique que structurent les GAFAM. La brutale contraction de la demande que créent les confinements prévisibles un peu partout dans le monde devrait mettre un coup d’arrêt systémique à cette logique de production qui organise l’ordre économique international.

L’effondrement de la croissance française au premier trimestre (à 0,1% selon la Banque de France) n’en est qu’une préfiguration d’une suite bien plus douloureuse.

Greta Thunberg et la demande en pétrole

Ponctuellement, la crise du coronavirus a produit une contraction de la demande en pétrole dévastatrice pour les pays qui dépendent de cette rente pour maintenir leur train de vie. C’est le cas de l’Arabie Saoudite qui a besoin de vendre des millions de barils pour financer les dépenses somptuaires de ses innombrables membres de la famille royale.

Mais structurellement, la question du réchauffement climatique et les charges incessantes de Greta Thunberg et autres contre l’énergie fossile rendent cette crise structurelle et durable. L’avenir du pétrole semble bien sombre, et la baisse de la demande paraît inévitable.

Ce faisant, c’est une logique entière de croissance économique permise par l’utilisation de ressources fossiles qui se trouve compromise.

La vengeance de Vladimir Poutine et le boomerang syrien

Dans ces circonstances troubles, Vladimir Poutine n’a pas hésité à mettre le feu aux poudres et à déstabiliser dans un seul mouvement l’Arabie Saoudite et l’hyper-capitalisme dominé par les États-Unis. Lors d’un sommet de l’OPEP + (qui agrège la Russie), Poutine a renoncé à trouver un accord avec l’Arabie Saoudite sur la production de pétrole, condamnent ainsi les cours à l’effondrement.

Officiellement, c’est l’avis du patron de Rosneft, l’opérateur pétrolier russe, qui a pesé dans la balance. Dans la pratique, un axe russo-saoudien pour garantir les prix du pétrole (et la régulation économique mondiale) était de toute façon une stratégie sans avenir. On ne peut pas d’un côté combattre la Russie et sa sphère d’influence composée de méchants, et de l’autre dépendre d’elle pour continuer à s’enrichir.

Dans la vie, mes amis, il faut savoir choisir entre deux contradictoires.

Mais le pire est à venir : là où l’on reparle de shadow banking

Selon la loi de l’emmerdement maximal, l’hyper-capitalisme avec ses valorisations boursières extravagantes, suffisamment irresponsable pour confier les clés de sa survie aux Saoudiens et aux Russes, s’expose désormais aux pires risques. Les autorités américaines ont brutalement déterré cette semaine les mauvaises statistiques sur le « shadow banking », la « finance de l’ombre », non intermédiée par les banques, qui, depuis 2008, n’a pas purgé ses mauvais risques.

Des défaillances d’entreprise, notamment parmi celles dont l’endettement est colossal, pourraient créer une situation très dangereuse sur les marchés. Plusieurs fonds, spécialisés dans le financement des entreprises en difficulté, pourraient désormais passer un très mauvais moment.

Rappelons que la crise des subprimes en 2008 n’est pas arrivée autrement : des emprunteurs fragiles ont fait défaut, et ont entraîné derrière eux l’ensemble du système financier. En 2008, les emprunteurs étaient des particuliers. En 2020, ce sont des entreprises. Le risque est bien plus grand, n’en déplaise aux commentateurs officiels.

La fin programmé de l’hyper-capitalisme festif

Depuis 30 ans, l’hyper-capitalisme confisqué par les GAFA fait vivre un rêve éveillé aux humains : nous serions tous dans un Vivre Ensemble heureux, dans un monde où la technologie pourrait tout, dominerait tout, et permettrait à l’homme de vivre dans le loisir.

En réalité, ce modèle repose sur des planches à billet cachées, de l’argent factice, et des bulles Internet qui sont autant de paris inconscients sur un avenir incertain. L’hyper-capitalisme est à bout de souffle. Et nous pouvons commencer la chronique de sa disparition.

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