La Pologne… premier pays d’immigration temporaire en Europe!


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La Pologne a, en France, la réputation d’un pays dominé par des conservateurs nationalistes pour le moins très frileux vis-à-vis des étrangers et de l’immigration. Le dernier rapport de l’OCDE sur les migrations prouve exactement le contraire. La Pologne est en effet championne toutes catégories de l’immigration en Europe, avec un afflux annuel de plus d’un million d’Ukrainiens.

La Pologne n’est pas le pays nationaliste, raciste ou replié sur lui-même qu’on croit. Le dernier rapport de l’OCDE sur les migrations montre en effet que les autorités polonaises ont, en 2017, simplifié les procédures pour l’accueil temporaire des travailleurs migrants. Cet assouplissement a permis la venue de 1,121 millions de travailleurs temporaires, dont 90% d’Ukrainiens! Un chiffre inimaginable dans n’importe quel pays d’Europe, qui représente un effort équivalent à celui de l’Allemagne durant la crise des réfugiés.

La particularité de cette immigration est d’être temporaire. Elle permet de faire face aux pénuries de main-d’œuvre, sans risquer le « grand remplacement ». On notera que la Pologne reçoit deux fois plus de travailleurs temporaires que les Etats-Unis. Elle est par ailleurs fortement contributrice au détachement en Europe.

Cette situation de pays accueillant temporairement des immigrés ukrainiens pour remplacer ses nationaux qui partent à l’étranger est une originalité mal prise en compte en France. Elle diffère fortement de l’image que la France a conçu de la Pologne d’aujourd’hui. Elle rappelle que la source des migrations ne se situe pas seulement en Afrique, mais aussi en Europe orientale. Sur ce point, l’effort polonais est très supérieur à l’effort du reste de l’Europe. Sans cet éclairage, il est difficile de comprendre la stratégie polonaise en matière d’accueil des migrants.

La France aurait tout intérêt à prendre en compte les contraintes ou la spécificité polonaise, et par-delà, la spécificité des pays de Visegrad, pour mieux aménager sa propre doctrine et mieux convaincre ses partenaires de l’Union Européenne.


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