On nous donne un nombre — tant d'actes antisémites cette année, en hausse — et le débat s'arrête là, comme si le nombre se suffisait. Mais d'où sort-il, qui le fabrique, et que mesure-t-il au juste ? Avant de dire si la haine monte, il faut savoir lire l'instrument qui prétend la peser. Ce n'est pas la même chose, et toute la difficulté est là.
Commençons par le plus simple, qu'on oublie pourtant toujours : un chiffre n'est pas un fait. C'est une fabrication, au sens neutre du mot — quelque chose qu'on a construit, selon des règles, à partir de matériaux qu'il faut connaître. Le chiffre des