La peur du putsch s’empare de la caste

La peur du putsch s’empare de la caste


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Après la tribune des militaires republiée par Valeurs Actuelles la semaine dernière, la peur du putsch commence à gagner la caste au pouvoir. Florence Parly annonce une radiation des cadres pour 18 militaires d’active signataires de ce texte. Pendant ce temps, il semblerait que la tribune ait reçu plus de 8.000 signatures. La situation pourrait très bien échapper au pouvoir exécutif et nul ne sait sur quel chaos elle pourrait déboucher. Dans tous les cas, elle constitue la grande surprise politique du printemps.

La peur du putsch semble avoir envahi un gouvernement manifestement pris d’une panique soudaine face à un texte dont il semble avoir pris connaissance tardivement, et qui lui inspire une réaction maladroite. Après 15 jours de passivité (la tribune a été publiée à la mi-avril), et sous le coup de la médiatisation, l’exécutif sort du bois en fustigeant les signataires et en dénonçant leur appartenance à l’extrême droite. Mais cette réaction constitue probablement une erreur tactique.

La caste réprime brutalement les « partisans du putsch »

Après 15 jours de torpeur, les sanctions tombent. Florence Parly a annoncé hier la radiation de 18 militaires d’active signataires du texte. Cette décision est « suivie » par le chef d’état-major des armées, le général Lecointre, mais avec une infinité de nuances qui laisse perplexe sur l’unité de l’exécutif dans cette entrée dans une seringue dont il pourrait ne ressortir que douloureusement.

En particulier, le général Lecointre affirme :

Au-delà, je leur conteste à tous, en particulier au général Piquemal qui a déjà été radié, le droit de prendre des engagements politiciens en mettant en avant leur grade.

Réduire la tribune à un « engagement politicien » est une curieuse formulation…

La fronde s’amplifie dans l’armée

Pendant que le gouvernement cherche à reprendre la main sur une démarche qui lui a échappé, la tribune incriminée ne cesse de recueillir de nouvelles signatures. Ils étaient mille en début de semaine. Ils sont plus de 8.000 désormais. Le gouvernement entreprend le recensement des signataires qui sont encore dans l’active.

Le succès de ce texte pose de sérieuses questions sur la réponse répressive du gouvernement. Manifestement, une fracture est ouverte entre la troupe qui dénonce le laxisme de la caste face au délitement du pays, et la caste elle-même qui paraît étonnamment plus indulgente avec les « minorités » qu’avec les défenseurs de la nation.

Deux questions ouvertes sur le fond

La tournure de cette affaire pose deux questions majeures.

La première est celle de la capacité de la caste à entendre le questionnement, probablement majoritaire dans la société française, sur la réponse à ce qu’on appelle largement la Cancel Culture, qui est la culture mondialiste de la deconstruction de l’Occident. Il n’est pas sûr que la ranger massivement et d’un revers de la main dans le camp de l’extrême droite soit une réponse à la hauteur des attentes.

La deuxième question est celle de la capacité de la caste à entendre la profondeur du rejet dont elle fait l’objet. Cette incapacité à se remettre en cause pourrait lui jouer un bien vilain tour.


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