La pauvreté dans le monde repart à la hausse à cause du Covid

La pauvreté dans le monde repart à la hausse à cause du Covid


Partager cet article

La pandémie du Covid-19 a fait des victimes sanitaires et engendré des difficultés économiques dans différents pays du monde. En avril, des experts ont établi une prévision de son impact sur la pauvreté mondiale. Ils estimaient que la pandémie rendrait 40 à 60 millions d’individus extrêmement pauvres. Mais suite à l’évolution de la situation, ils ont revu leurs estimations à la hausse.

La crise sanitaire a affecté puissamment les populations des pays à faible revenu et revenu intermédiaire. Les effets des confinements ont drastiquement limité nombreuses activités économiques. En mai 2020, l’Organisation internationale du travail (OIT)  estimait que la pandémie de Covid-19 aurait un impact sur près de 1,6 milliard de travailleurs de l’économie informelle dont les revenus avaient baissé des deux tiers. En avril 2020, la Banque mondiale avait également estimé que de 40 à 60 millions de personnes pourraient basculer dans la pauvreté en 2020 due à la crise sanitaire. Actuellement, les estimations de l’impact de la pandémie sur la pauvreté dans le monde sont de nouveau revues à la hausse. Ces nouvelles projections sont fondées sur les dernières prévisions de croissance publiées dans l’édition de juin des Perspectives économiques mondiales.

Les deux scénarios possibles

Les prévisions présentées dans l’édition de juin des Perspectives économiques mondiales mettent en avant deux scénarios. Le premier appelé scénario de base est plutôt optimiste puisqu’il suppose qu’on arrive à bien gérer la pandémie et à la maintenir aux niveaux envisagés, ce qui permettra la reprise des activités.

Comme l’OMS qui met déjà en garde sur un scénario du pire sur l’évolution du Covid. Selon la Banque mondiale, l’autre scénario est plus pessimiste puisqu’il suppose la persistance et l’intensification de la crise sanitaire, ce qui obligera les pays à adopter des restrictions plus sévères. Cela aura des impacts nocifs sur leur économie. Parmi les conséquences d’un tel scénario, il y a la fermeture des entreprises fragiles, la baisse de la consommation de certains ménages ainsi que l’apparition d’importantes tensions financières chez les pays à revenu faible et intermédiaire.

En partant sur le scénario de base, les experts estimaient que le recul de la croissance mondiale serait d’environ 5%. En outre, la pandémie pourrait entraîner 71 millions d’individus dans l’extrême pauvreté. En revanche, avec l’hypothèse plus pessimiste, le recul de la croissance mondiale pourrait aller jusqu’à 8% et le nombre de personnes qui vont sombrer dans une pauvreté totale pourrait atteindre 100 millions.

L’Asie du Sud serait la région la plus touchée par la pauvreté

Dans la précédente prévision, les experts ont pensé que l’Afrique subsaharienne serait la région la plus touchée par la pauvreté causée par la pandémie du Covid-19. Mais les projections ont complètement changé. Les experts ont en effet constaté que le nombre de personnes pauvres dans cette région n’a pas vraiment changé entre 2020 et 2021.

Les nouvelles prévisions présentent un avenir bien plus sombre pour les populations d’Asie du Sud, notamment l’Inde. En effet, le taux de pauvreté dans cette région va connaître une hausse phénoménale. Il ne faut pas oublier que l’Inde compte un grand nombre de personnes qui vivent dans une extrême pauvreté. Cela dit, il est difficile d’estimer le nombre des nouveaux pauvres dans ce pays vu que les dernières estimations de la pauvreté dataient de plusieurs années.

Il se trouve aussi que la répartition régionale des nouveaux pauvres (déterminés selon des seuils de pauvreté plus élevés) a tendance à évoluer rapidement. Si on tient compte du scénario de base, deux tiers des 176 millions de personnes qui pourraient sombrer dans la pauvreté vivent en Asie du Sud. Le reste réside dans la région Asie de l’Est et Pacifique,mais bien moins en Afrique.

Selon la Banque mondiale, les projections actualisées concernant la pauvreté mondiale liée à la pandémie du Covid-19 présentent beaucoup d’incertitudes. Elles pourraient changer au fil du temps, en fonction de l’évolution de la situation sanitaire dans le monde, les taux de croissance du PIB réel par habitant dans chaque pays ainsi que et bien d’autres paramètres.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Jurançon: il gagne 5,8 millions au Loto… et finit criblé de dettes
Photo by Waldemar Brandt / Unsplash

Jurançon: il gagne 5,8 millions au Loto… et finit criblé de dettes

Le 4 avril 2007, un habitant de Jurançon (Pyrénées-Atlantiques) validait une grille au tabac-presse du quartier et empochait 5,8 millions d’euros au Loto. Dix-huit mois plus tard, la fortune avait fondu. Aujourd’hui endetté de quelque 150 000 euros, avec ses deux maisons hypothéquées, il confie à la radio locale Ici Béarn Bigorre une « haine astronomique » envers l’escroc rencontré en chemin et regrette amèrement d’avoir ignoré l’accompagnement proposé par la Française des Jeux. Une histoire ban


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Imbert à l'Élysée, Moulin à la Banque de France : quand le grand jeu des chaises musicales macronistes s’accélère

Imbert à l'Élysée, Moulin à la Banque de France : quand le grand jeu des chaises musicales macronistes s’accélère

Un décret paru au Journal officiel ce 30 avril officialise le retour de Pierre-André Imbert comme secrétaire général de l'Élysée. Son précédent, Emmanuel Moulin, lorgne la Banque de France. Derrière ces nominations techniques se dessine une stratégie de placement institutionnel en cette fin du deuxième mandat de Macron. Pierre-André Imbert, inspecteur général des finances et ancien secrétaire général adjoint de l’Élysée de 2020 à 2023, deviendra lundi 4 mai le nouveau secrétaire général de la p


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

L'OPEP-monde se meurt, le pétrole s'embrase : vers un Brent à 150$, par Vincent Clairmont

L'OPEP-monde se meurt, le pétrole s'embrase : vers un Brent à 150$, par Vincent Clairmont

Le marché pétrolier n'est plus une mécanique de précision, mais une boucherie à ciel ouvert. Le Brent frôle les 120 dollars le baril et, tandis que les chancelleries s'agitent, les faits, eux, sont têtus : nous assistons à la démolition contrôlée de l'ordre énergétique mondial. Ce n'est pas une simple "crise de volatilité", c'est le grand découplage entre la géopolitique de la force et les illusions d'un marché physique en état de mort cérébrale. Pourquoi l’asphyxie mondiale impose une stratég


Rédaction

Rédaction

La Directive UE sur les rémunérations ou la fin programmée de la liberté contractuelle...

La Directive UE sur les rémunérations ou la fin programmée de la liberté contractuelle...

Plusieurs lecteurs m'ont demandé ce que je pensais de la directive européenne sur les rémunérations, qui va révolutionner ce sujet tabou en France. Voici une première réponse... Sous le vernis moralisateur de l'« égalité femme-homme », la Directive (UE) 2023/970 vient d’achever ce qui restait de l’autonomie de gestion dans nos entreprises. Ce n'est plus du droit social, c'est de l'ingénierie bureaucratique pure, une tentative désespérée de la Caste européenne de substituer le plan à la réalité


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe