La nouvelle secrétaire générale de Bercy au coeur du capitalisme de connivence

La nouvelle secrétaire générale de Bercy au coeur du capitalisme de connivence

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Bercy est, on le sait, un Etat dans l’Etat, le fleuron du gouvernement profond à la française. Il est le rendez-vous favori du capitalisme de connivence. Le Conseil des Ministres vient d’en donner une nouvelle preuve, en confiant le secrétariat général du ministère à l’une des représentantes privilégiées de ce système où intérêts publics et privés se confondent dans une direction commune.

A Bercy, la nouvelle secrétaire générale n’est désormais autre que Marie-Anne Barbat Layani, déléguée générale de la Fédération Bancaire Française depuis 5 ans. Il n’est pas anodin que la tête de proue du lobby bancaire occupe une responsabilité de premier plan au ministère de l’Economie. Cette nomination illustre la porosité entre l’industrie financière et le pouvoir régalien, en France comme ailleurs.

Le parcours de Marie-Anne Barbat Layani est en soi une sorte de modèle de ce capitalisme de connivence où l’on peine à distinguer action de l’Etat et bénéfices privés. Ainsi, l’ancienne déléguée générale de la Fédération des Banques a-t-elle commencé sa carrière à l’ENA, puis à la direction du Trésor. En 2007, elle est devenue directrice générale adjointe du Crédit Agricole, signant son premier saut du public vers le privé. En 2010, elle devient directrice adjointe du cabinet de François Fillon, avant de repartir dans le privé en 2014, pour succéder, à la délégation générale de la FBF, à Ariane Obolensky.

On notera avec amusement qu’Ariane Obolensky se déclarait à cette époque membre des Gracques, groupe de réflexion qui a soutenu Emmanuel Macron à ses premières heures.

Bref, nous sommes ici au cœur de ces réseaux plus ou moins ombragés où les élites parisiennes se partagent le pouvoir dans le dos du parlement et des instances constitutionnelles, et où se décident les grands éléments de la politique économique nationale. On peut s’interroger sur la conformité déontologique de ces mouvements où des hauts fonctionnaires bénéficient de recrutements souvent très lucratifs dans des banques privées qui profitent de leur savoir-faire acquis dans la régulation financière.


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