La guerre commerciale, prélude au conflit armé? Macron le pense


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La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine (et quelques autres comme le Mexique ou l’Europe, accessoirement) est un facteur majeur de déstabilisation internationale. Elle inquiète fortement les pays les plus riches du monde et pourrait causer d’importants dégâts à la croissance mondiale. De ce point de vue, on ne se fera donc guère d’illusions sur le retour à la croissance cette année, ni dans les années à venir. Pire, selon Emmanuel Macron (à qui on ne donnera pas tort sur ce coup), l’ambiance est à la guerre… au sens propre, c’est-à-dire au conflit armé. L’atmosphère n’est donc pas au beau fixe dans le monde.

Il faut lire le communiqué officiel du G20 qui s’est tenu la semaine dernière en Argentine pour comprendre l’angoisse qui étreint les pays du monde face à la guerre commerciale que Donald Trump n’hésite plus à déclarer pour défendre les intérêts américains. En premier lieu, ce sont les relations avec la Chine qui sont visées, fortement détériorées avec des annonces comme la mise en quarantaine de Huawei et de sa 5G. Il ne faut toutefois pas oublier ici que la Chine et les États-Unis cherchent à conclure un accord commercial et que Donald Trump négocie « C*** sur la table », comme on dit, ce qui trouble le jeu ouaté habituel.

Reste que le G20 a exprimé ses craintes sur le sujet. Les règles de l’OMC y ont été discutées, et Chinois et Américains s’en sont donnés à coeur joie pour dire tout le mal qu’ils en pensaient. Les Américains ont menacé d’en sortir. Les Chinois les jugent dépassées.

De la guerre commerciale à la guerre militaire

Dans ce contexte morose, Emmanuel Macron a prononcé un discours anxiogène à Genève, à l’occasion du centenaire de l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Le Président français a pointé les risques de « chaos » et de conflit armé qui nous pendaient au nez, notamment du fait de la remise en cause du multilatéralisme.

On notera qu’Emmanuel Macron n’hésite pas à voir dans cette course à l’abime un défaut ou une crise du capitalisme. Reste à savoir s’il en perce vraiment le sens, et s’il propose des solutions crédibles. On reste un peu sceptique sur le fond.


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