La fuite en avant américaine! Affronter Moscou et Pékin en même temps c’est stupide pour Taïwan et dangereux pour le monde – par Edouard Husson

La fuite en avant américaine! Affronter Moscou et Pékin en même temps c’est stupide pour Taïwan et dangereux pour le monde – par Edouard Husson


Partager cet article

Les Etats-Unis sont lancés dans une fuite en avant qui fait d'eux la puissance la plus dangereuse de la planète. Nancy Pelosi a atterri cet après-midi à Taipeh "pour une visite privée".  Cinq mois après avoir forcé la Russie à intervenir dans une Ukraine manifestant, avec l'autorisation américaine, l'intention de redevenir une puissance nucléaire, les Etats-Unis choisissent d'ouvrir un nouveau front.  Autant dire que l'équipe Biden espère pouvoir troubler encore plus le fonctionnement de la démocratie américaine; il s'agit de faire vivre le pays dans un "état de guerre" pour tenter de maintenir, autant que possible, le pouvoir d'une oligarchie corrompue et à bout de souffle.

Nous lisons sur l’un des sites de veille des conflits dans le monde, que j’utilise souvent pour le déroulement de la guerre d’Ukraine, southfront.org: 

« L’avion transportant la délégation américaine dirigée par la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a atterri à l’aéroport de Taipei, malgré l’avertissement de Pékin de graves conséquences.

L’avion spécial américain SPAR 19 avec à son bord la présidente Pelosi a été escorté par des chasseurs de l’armée de l’air de Taiwan dans l’espace aérien de ce pays.

Au même moment, des avions de chasse chinois Su-35 traversent le détroit de Taïwan et se dirigent maintenant vers l’île.

D’autre part, des dizaines de chasseurs de l’US Air Force ont décollé de bases militaires au Japon et se dirigent également vers Taïwan.

Selon des rapports non confirmés, un contact de combat a eu lieu entre les chasseurs des forces aériennes de Taïwan et de la Chine. Il est rapporté que l’avion taïwanais a ouvert un feu d’avertissement« .

Nous avons donc la réponse à la question que nous posions ce matin. Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des Représentants a décidé, malgré les réserves du Pentagone et le peu d’enthousiasme de l’opposition républicaine, de franchir une ligne blanche et d’atterrir à Taipeh pour une visite effectuée à titre privé. 

C’est stupide et c’est dangereux

J’ai personnellement beaucoup de sympathie pour la cause de Taïwan. A la différence de l’Ukraine, Taïwan est une société libre, qui mérite qu’on la défende. Et, si je respecte la Russie, nation qui se bat pour sa souveraineté menacée, je déteste le régime néototalitaire de Xi Jinping. 

Précisément, parce que je souhaite qu’un jour la Chine se libère du joug communiste et parce que je voudrais que l’indépendance de facto de Taïwan soit préservée, je pense qu’il n’y a rien de pire que de provoquer un conflit pour Taïwan. 

Surtout quand la puissance prête à déclenché le conflit est aussi peu défendable, moralement, que les Etats-Unis de Joe Biden, qui n’ont aucune leçon de démocratie à donner au monde depuis qu’une coalition de politiques, de représentants du complexe militaro-industriel et de la Big Tech se sont coalisés pour annuler la spectaculaire réélection de Donald Trump en novembre 2020 (il était passé de 62 millions des voix en 2016 à 74 millions en 2020). 

Joe Biden est non seulement un homme profondément corrompu mais aussi incapable, pour des raisons de santé, de gouverner.  Il est le jouet d’un entourage où la vice-présidente, Kamala Harris, ne pèse pas grand chose à côté de la présidente de la Chambre des Représentants, Nancy Pelosi. 

Durant son mandat, Donald Trump n’a pas déclenché une guerre. Manipulé, et jouet des souvenirs figés de sa gloire de vice-président (de Barack Obama), Joe Biden a lancé l’Ukraine contre la Russie à la mi-février 2022; et moins de six mois plus tard, il lance son pays dans une confrontation avec la Chine, qui pourrait rapidement déraper. 

Les Etats-Unis sont menés à la chute par deux octogénaires crispés sur les privilèges d’une oligarchie sans plus aucune boussole morale- et ils entraînent leurs alliés. Le mal est tel que la caste impériale actuellement en place à Washington n’est même plus capable de réfléchir dans les termes rationnels de Henry Kissinger – pourtant leur aîné – qui garde la tête froide: on ne devrait pas, du point de vue américain, affronter en même temps les deux concurrents militaires les plus redoutables, la Russie et la Chine. 

En tout cas, il devient chaque jour plus évident que la France doit se retirer de l’OTAN. 


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
La Biennale de Venise, plus de cent ans d'ambition diplomatique, par Thibault de Varenne

La Biennale de Venise, plus de cent ans d'ambition diplomatique, par Thibault de Varenne

Dans le cadre du reportage du Courrier à Venise (à suivre dans nos colonnes), Thibault de Varenne dresse un rappel historique de ce qu'est la Biennale d'Art de Venise, et surtout de ses ambitions diplomatiques à l'heure où la réouverture du Pavillon russe fait polémique. Depuis sa naissance à la fin du XIXe siècle, la Biennale de Venise est un sismographe sensible des séismes de la modernité, un théâtre d'ombres où la diplomatie s'écrit en filigrane sous le vernis des cimaises. Le tumulte éthiq


Rédaction

Rédaction

Par peur d’un “scénario iranien”, Kim Jong Un constitutionnalise la riposte atomique

Par peur d’un “scénario iranien”, Kim Jong Un constitutionnalise la riposte atomique

L’ombre d’une guerre de décapitation hante Pyongyang. Après l’élimination d’Ali Khamenei, Kim Jong Un verrouille son pouvoir par une clause apocalyptique. En cas d’attaque contre lui, l’armée doit lancer des armes nucléaires sans attendre aucun ordre. Un signal de terreur qui en dit long sur la fragilité des régimes totalitaires face à la stratégie de décapitation. La Corée du Nord vient d’inscrire dans sa constitution le déclenchement automatique d’une frappe nucléaire, en guise de représaille


Rédaction

Rédaction

L'humeur de Veerle Daens : de plus en plus avachie, la presse subventionnée brigittomane

L'humeur de Veerle Daens : de plus en plus avachie, la presse subventionnée brigittomane

On pourrait croire à un épisode mal écrit de Sous le soleil, mais non : c’est le sommet de l’État. Apparemment, entre deux décrets liberticides et une énième ponction sur le fruit de votre travail, le Château s’adonne au vaudeville de boulevard. Je m'abonne au Courrier On nous murmure que Brigitte aurait administré une correction manuelle à notre Jupiter national (vous savez ? la fameuse, à la sortie de l'avion). La cause ? L'ombrageuse et sublime Golshifteh Farahani. Pendant que la France


CDS

CDS

Votes parlementaires: Démok.fr, la plateforme qui menace le confort des partis

Votes parlementaires: Démok.fr, la plateforme qui menace le confort des partis

Une nouvelle webapp gratuite, Démok.fr, permet aux Français de suivre en temps réel et de voter sur les projets et propositions de loi, en parallèle de leurs députés. Lancée par un citoyen il y a dix ans dans sa conception, elle vise à combler le fossé entre représentants et représentés. Un outil simple qui rappelle une vérité trop oubliée : une fois élus, les députés n’ont aucun devoir légal de représentativité. Démok (demok.fr) est une webapp non lucrative, née d'une idée vieille d'une dizain


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany