Gezani : Tamatave dévastée, Madagascar à l’épreuve de la reconstruction

Gezani : Tamatave dévastée, Madagascar à l’épreuve de la reconstruction


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Le cyclone tropical intense Gezani a frappé durement la côte Est de Madagascar. À Tamatave, détruite à 80 %, le bilan humain et matériel s’alourdit. L’État décrète le sinistre national et mobilise l’aide internationale face à l’urgence.

Le 10 février 2026, le cyclone tropical intense Gezani a frappé les côtes malgaches avec une violence rare. Une semaine plus tard, le Bureau national de gestion des risques de catastrophes (BNGRC) dresse un premier bilan provisoire : 52 décès, 803 blessés et 9 disparus. La ville portuaire de Toamasina (Tamatave), poumon économique du pays, est à genoux. Les services essentiels sont rompus et plus de 400 000 personnes sont sinistrées.

Bilan humain et matériel

Le Bureau national de gestion des risques de catastrophes (BNGRC) rapporte 52 décès, concentrés à Toamasina II avec plus de quarante victimes. Neuf disparus et 803 blessés s'ajoutent au tableau. La catastrophe touche vingt-cinq districts dans cinq régions : Atsinanana, Analamanga, Analanjirofo, Itasy et Alaotra-Mangoro.
Sur le plan humain, 406 483 personnes sont sinistrées, dont 16 000 déplacées.

Matériellement, 87 000 habitations sont affectées : 23 190 inondées, 42 219 endommagées et 21 926 détruites. Les infrastructures publiques n'ont pas résisté :

  • Éducation : des centaines de salles de classe sont inutilisables.
  • Santé : deux hôpitaux universitaires et plusieurs centres de soins sont endommagés.
  • Énergie : l’eau et l’électricité restent coupées dans la majorité des quartiers.

Le coût de la reconstruction est estimé par le gouvernement à 610 milliards d’ariary, soit environ 142,4 millions de dollars.

Réponse gouvernementale et mobilisation internationale

Le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo a insisté sur les impacts économiques globaux et appelé à renforcer la résilience climatique. Le ministre de l'Intérieur, Hanitra Velonjara Tiaray Rakotonandrasana, a plaidé pour une mobilisation nationale et internationale.

Les partenaires se sont mobilisés: l'Union Européenne, la France, l'Allemagne, la Belgique et le Luxembourg fournissent tentes, couvertures, kits de cuisine, filtres à eau et modules de télécommunications, coordonnés avec le BNGRC. La Banque mondiale débloque 37 millions de dollars pour 40 000 ménages, visant une reprise résiliente, tandis que l'Union européenne et plusieurs États membres envoient des tentes et des kits de cuisine. La Fédération internationale de la Croix-Rouge a débloqué un million de dollars supplémentaires.

Ces aides, bien que vitales, illustrent une économie malgache tributaire de l'extérieur, où l'initiative privée pourrait jouer un rôle plus décisif si libérée des entraves réglementaires.

Le cyclone Gezani rappelle la fragilité des infrastructures malgaches face aux aléas climatiques. L’enjeu dépasse l’urgence humanitaire, il concerne la capacité de l’État à organiser la reconstruction, renforcer la résilience et sécuriser les populations. À Madagascar, la reconstruction sera longue. Elle constitue désormais un test pour le gouvernement de Refondation.


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