GE Belfort: une affaire au coeur des conflits d’intérêt et de capitalisme français de connivence?


Partager cet article

General Electric annonce 1.000 suppressions d’emploi à Belfort, dans un site racheté à Alstom en 2015… avec l’aval d’un ministre de l’Économie appelé Emmanuel Macron. Une fois de plus, la théorie du « big is beautiful » montre qu’elle est d’abord un prétexte à la désindustrialisation bien plus qu’à la prospérité. Surtout, on trouve dans ce dossier une somme de noms qui sont au coeur de l’absorption d’Alstom par General Electric.

Dans l’épineux « plan social » présenté par GE Belfort sur son usine de turbine à gaz, on n’arrive pas trop à avoir si les suppressions d’emplois concernent une usine historique de General Electric, ou le site repris à Alstom, que GE devait développer. Dans tous les cas, les promesses n’engagent que ceux qui les entendent. Il faut être sacrément irresponsable pour croire qu’une entreprise peut s’engager à créer de l’emploi dans un site industriel, sans jamais en supprimer.

Mais le problème est moins là que dans l’étrange faune qu’on croise dans le dossier. Le directeur général de GE France n’est en effet autre que Hugh Bailey… conseiller restructuration d’Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie, en 2015. Comme nous l’avions indiqué, cette nomination récente surprend. Elle place en effet à la direction de l’entreprise un homme qui lui a fait un beau cadeau en autorisant le rachat d’Alstom il y a quatre ans.

On s’aperçoit ensuite que ce personnage sensible et très politique a gentiment attendu que les élections européennes soient passées pour annoncer un plan social que certains comprennent, à tort ou à raison, comme un bras d’honneur envoyé aux promesses faites… à Bailey Hugh en 2015.

Belle illustration supplémentaire, s’il en fallait une, du capitalisme de connivence dont la danse est menée par l’État.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Le vote à l’Assemblée sur la constitutionalisation de l’IVG a divisé les partis de droite
30.05.1968, manifestation de soutien au général de Gaulle.

Le vote à l’Assemblée sur la constitutionalisation de l’IVG a divisé les partis de droite

Le débat sur la constitutionalisation de l'IVG a profondément divisé les partis de droite, Rassemblement National et Républicains à l'Assemblée. Emmanuel Macron peut se réjouir: il a une fois de plus montré qu'il n'avait pas d'adversaire idéologiquement constitué; il a divisé les deux groupes d'opposition de droite; il a tendu un piège, qui a fonctionné, à Marine Le Pen. Cependant le résultat du vote montre qu'être de  droite, c'est précisément ne pas accepter, comme force politique, les diktats


CDS

CDS

« Haro sur l’extrême-droite »: cette comédie politique déconnectée
30.05.1968, manifestation de soutien au général de Gaulle.

« Haro sur l’extrême-droite »: cette comédie politique déconnectée

"Haro sur l'extrême-droite" est un spectacle qui est bien parti pour rattraper "La Cantatrice Chauve" de Ionesco jouée sans interruption à Paris, au théâtre de la Huchette depuis 1957. En l'occurrence, nous avons affaire à une (mauvaise) comédie politique, jouée sans interruption depuis  le 13 février 1984, jour où Jean-Marie Le Pen était l'invité de L'Heure de Vérité, la célèbre émission politique de l'époque.  Depuis lors, nous avons affaire à un feuilleton ininterrompu d'épisodes, dont l'anal


CDS

CDS

France Travail : 500 000 radiés par an, les jeunes deux fois plus — l’algorithme punit le clic manqué

France Travail : 500 000 radiés par an, les jeunes deux fois plus — l’algorithme punit le clic manqué

Plus de 500 000 demandeurs d’emploi auraient été radiés en 2025 après un simple défaut d’actualisation de leur dossier. Une étude de l’IGAS publiée en février 2026 souligne que les moins de 25 ans sont particulièrement exposés, avec un taux de radiation deux fois supérieur, faute de maîtrise suffisante des interfaces numériques. Derrière la promesse d’une administration plus efficace se dessine une nouvelle forme de précarité : France Travail transforme l’erreur administrative en sanction social


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany