Gaza: la Big Tech US au cœur des opérations militaires israéliennes

Gaza: la Big Tech US au cœur des opérations militaires israéliennes

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Correctif du 4 novembre 2026. Le Centre de coordination civilo-militaire se trouve à Kiryat Gat, dans le sud d’Israël, et non dans les territoires occupés. Selon +972 Magazine (28 novembre 2025), les noms de Palantir et Dataminr sont apparus dans des présentations au CMCC et les deux sociétés pourraient y jouer un rôle ; leur intégration au centre n’est pas établie. Le système Lavender, antérieur, n’a pas été « inspiré » par ce dispositif. Les passages ont été corrigés. — La rédaction

Les géants technologiques US se positionnent en fournisseurs technologiques clefs de Tsahal, assurant les services cloud et d’IA nécessaires aux opérations militaires.Cette alliance lucrative entre la Big Tech US et l'armée israélienne pose des questions fondamentales sur la responsabilité éthique et légale de ces entreprises, désormais parties prenantes d'une guerre qui, sous couvert d'opérations ciblées, a mené à des massacres de masse, notamment d'enfants.

Un rapport de +972 Magazine lève le voile sur un acteur-clé de la stratégie israélienne à Gaza : les entreprises technologiques américaines. Palantir et Dataminr, dont les noms apparaissent dans les présentations du Centre de coordination civilo-militaire (CMCC) piloté par Washington et qui pourraient y jouer un rôle, ne se contenteraient pas de fournir des outils. Elles co-écriraient, avec les États, l’architecture sécuritaire de l’après-guerre. Cette fusion entre l’appareil militaro-diplomatique et l’industrie du big data pose une question libertarienne fondamentale : que devient la liberté quand la puissance publique délègue à des sociétés privées le pouvoir de surveiller, cibler et contrôler des populations entières ?

Trump s’appuie sur Palantir pour centraliser les données des Américains
L’administration Trump a renforcé la collaboration de Palantir avec le gouvernement, diffusant la technologie de l’entreprise – capable de fusionner

La Big Tech américaine au cœur du dispositif sécuritaire post-guerre

Selon +972 Magazine, le Centre de coordination civilo-militaire , CMCC — ouvert mi-octobre à Kiryat Gat, dans le sud d’Israël — accueille environ 200 militaires américains. Un représentant de Palantir, associé au programme Project Maven, est cité dans ses présentations ; l’intégration de la société au centre n’est pas établie.

Pour rappel, le CMCC a été officiellement créé pour faciliter la mise en œuvre du « plan de paix » en 20 points du président Donald Trump, dont les objectifs déclarés sont de « désarmer le Hamas », « reconstruire Gaza » .

Texte intégral du “Plan de paix” de Trump pour Gaza
À la Maison-Blanche, ce lundi 29 septembre, Donald Trump a présenté ses propositions pour un plan de paix dans la bande de Gaza, en amont d’une déclaration conjointe avec Benyamin Nétanyahou. Diffusé dans plusieurs médias internationaux, ce projet a reçu l’aval du Premier ministre israélien. Voici une traduction

Project Maven, plateforme d'analyse militaire par IA, fusionne images satellites, interceptions, flux en ligne et données drones pour accélérer la prise de décision, y compris les frappes létales. Palantir, qui vient d’obtenir un contrat de 10 milliards de dollars du Pentagone pour moderniser cette solution, revendique sans complexe « l’optimisation de la chaîne de destruction ». L’entreprise était déjà active au Yémen, en Irak et en Syrie, et a renforcé ses liens avec Tsahal depuis la signature d’un accord stratégique en 2024.

En renforçant son partenariat avec Tsahal et en doublant ses effectifs à Tel-Aviv, Palantir, par la voix de son PDG Alex Karp, revendique son statut d'entreprise « complètement anti-woke », valorisant l'efficacité militaire au-delà des considérations morales ou éthiques.

La Big tech US au cœur des opérations militaires israéliennes à Gaza
Nous l’avions évoqué comment Google et Meta soutiennent l’effort de guerre de Netanyahou. Selon des révélations du blog « Do

Dataminr : la surveillance sociale en temps réel au service militaire

Dataminr, autre pilier du complexe militaro-numérique, se retrouve également impliqué dans le CMCC. Sa technologie analyse les flux de médias sociaux pour détecter risques, événements et comportements suspects. Son partenariat avec X — hérité de l’époque pré-Musk — offre aux agences américaines un accès étendu aux données publiques de la plateforme.

À Gaza, l’objectif est clair : contribuer au modèle sécuritaire baptisé “Alternative Safe Communities”, qui propose de regrouper les civils palestiniens dans des zones clôturées, surveillées et connectées aux systèmes prédictifs des firmes américaines. L’IA identifierait les « comportements à risque » en suivant téléphones, déplacements et traces numériques.

Comment Microsoft alimente la machine de guerre israélienne
La semaine dernière, Microsoft a admis avoir fourni des services étendus de stockage de cloud et d’intelligence artificielle (IA) à

Ce modèle de surveillance prédictive est déjà à l’œuvre en Israël, avec le système "Lavande", antérieur au CMCC et utilisé par Tsahal pour générer des listes de cibles incluant des policiers ou des soignants présumés affiliés au Hamas. Des méthodes qui, selon des observateurs des droits de l'homme, ont conduit à des frappes aveugles et à des massacres de civils, pire des enfants.

L’intégration profonde de Palantir et Dataminr dans la crise de Gaza dessine un modèle de guerre privatisée, dans lequel l’État délègue à des entreprises la surveillance d’une population entière. Pour la Big Tech américaine, Gaza devient un gigantesque terrain d’essai et un marché lucratif. Son rôle dans la guerre à Gaza soulève des questions sur leur responsabilité dans d’éventuelles violations du droit international.


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