L'Organisation mondiale de la santé (OMS) ne s'y trompe pas en lançant un appel de fonds d'urgence de près d'un milliard de dollars pour faire face à 36 urgences sanitaires majeures, dont 14 crises de gravité maximale (Niveau 3). Derrière ces chiffres froids, ce sont plus de 239 millions d'êtres humains qui sont exposés à une épidémie.

Dans ce billet, je vous propose de passer en revue les principales épidémies qui sévissent un peu partout dans le monde... et qui sont souvent passées sous silence en Occident.
L'ombre de Bundibugyo : le retour d'Ebola sans bouclier médical
C'est une alerte qui a fait frémir les cercles épidémiologiques mondiaux. Le 16 mai 2026, l'OMS a déclaré l'épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda comme une Urgence de santé publique de portée internationale (USPPI). Il s'agit de la 17e épidémie déclarée par la RDC depuis 1976 (et la 18e de son histoire), mais celle-ci revêt un caractère particulièrement anxiogène : elle est causée par la souche Bundibugyo (Orthoebolavirus bundibugyoense).

Pourquoi cette inquiétude majeure? Tout simplement parce que face à la souche Bundibugyo, nos défenses médicales sont nues. Contrairement à la souche Ebola-Zaïre, pour laquelle nous disposons de vaccins approuvés (comme l'Ervebo ou le Zabdeno/Mvabea) et d'anticorps monoclonaux hautement efficaces, la souche Bundibugyo ne bénéficie d'aucune contre-mesure médicale homologuée. La survie des malades ne tient qu'à un fil : une réhydratation précoce et des soins de soutien intensifs, pour contrer un taux de létalité historique oscillant entre 30 % et 50 %.
Sur le plan physiopathologique, le virus est redoutable. En s'attaquant en priorité aux macrophages et aux cellules dendritiques, il paralyse le système d'alerte immunitaire de l'hôte et déclenche une tempête de cytokines dévastatrice, provoquant hémorragies et défaillances d'organes. Détecté fin avril dans la province troublée de l'Ituri (zone de Mongbwalu), le virus s'est déjà propagé à Kampala, la capitale ougandaise, via deux cas importés admis en soins intensifs.

Voici le bilan chiffré de ce bras de fer épidémique au 16 mai 2026 :

