Et si le CRIF ne représentait pas tous les juifs de France ?

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Le collectif « Pas en notre nom » dénonce la tribune du Figaro contre la reconnaissance de la Palestine, accusant ses signataires de servir la propagande israélienne.

Les juives et juifs de France, membres du collectif « Pas en notre nom » ont déclaré qu’ils rejettent la tribune publiée dans le Figaro du 21 septembre. Selon le texte, tous les Juifs de France s'opposent à la reconnaissance de l'État de Palestine par la France.

Une tribune du Figaro qui prétend parler « au nom de tous »

Le collectif « Pas en notre nom » (PNON) composé de juives et juifs résidant en France ont réagi face à la tribune publiée dans le Figaro du 21 septembre.

Dans cette lettre, une vingtaine de personnalités, parmi lesquelles Charlotte Gainsbourg et le grand rabbin de France, le président du CRIF, du Consistoire et du FSJU, ont exprimé leur opposition à la reconnaissance d'un État palestinien par la France. Selon eux, une telle reconnaissance ne pourrait intervenir qu’après la libération des otages israéliens et le démantèlement du Hamas.

Le PNON exprime un profond malaise face à cette prise de position. Il rejette la prétention des signataires à parler au nom de tous les Juifs de France. Pour PNON, les représentants communautaires ne devraient pas se faire l'écho des positions politiques du gouvernement israélien, d'autant plus lorsque celles-ci contreviennent aux valeurs juives fondamentales et aux droits de l’homme universels.

Selon le PNON, des millions d’hommes, de femmes et d’enfants souffrent et meurent tous les jours à cause des frappes israéliennes et le blocus humanitaire imposé par Israël depuis le mois de Mars. Les Gazaouis ont le droit à la souveraineté nationale sur leur territoire ont ajouté les juives et juifs du collectif « Pas en notre nom ».

Les otages et les prisonniers : une indignation à géométrie variable

Le collectif rejoint les signataires du Figaro sur un point : l'exigence de la libération immédiate des otages israéliens détenus par le Hamas dans des conditions inhumaines. Mais il dénonce le silence sur le sort des « près de 11 000 prisonniers palestiniens détenus sans procès dans des prisons israéliennes », qu'il décrit comme des « camps de torture » ayant entraîné la mort de 75 détenus depuis le 7 octobre.

En omettant délibérément cette réalité, l'établissement communautaire montre, selon le collectif, une partialité qui mine son appel au respect du droit humanitaire.

Le collectif « Pas en notre nom » va plus loin dans son analyse, en qualifiant l'offensive israélienne à Gaza de « vengeance sans fin et sans limites contre un peuple sans défense ». Il s'interroge sur la crédibilité des objectifs de guerre (libération des otages et démantèlement du Hamas), jugés "difficilement compatibles et non atteints." PNON voit dans cette guerre un soutien ouvert de l’extrême droite israélienne et de l'administration Trump.

PNON alerte sur les conséquences dévastatrices de cette politique pour les Israéliens à terme, mais aussi sur le danger qu'elle fait peser sur les Juifs du monde entier, par l'amalgame qu'elle entretient.


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